entretien


La voix retrouvée

La traduction française du Quichotte, qui résonne depuis hier midi sous les pierres du cloître de l’abbaye, est l’œuvre d’Aline Schulman. Maître de conférence en littérature espagnole à la Sorbonne, Aline Schulman a mis plus
de six ans pour faire revivre Don Quichotte, un des plus grands textes de la littérature universelle, dont les traductions avaient vieilli. Après mûre réflexion devant les enjeux et les difficultés d’une telle entreprise, Aline Schulman a accepté de faire circuler le souffle renouvelé de la langue française dans cette œuvre irremplaçable.

Entretien avec Aline Schulman

Vous signez une nouvelle et ambitieuse traduction de Don Quichotte. Est-ce qu’il est facile de prendre le risque d’une telle aventure ?
— Pendant les six années qu’a duré ce travail, j’ai souvent fait des cauchemars ! Je me disais : comment ai-je l’audace d’aborder un pareil Himalaya ? Toute seule ! Car je n’avais personne pour me conseiller, pour me dire si j’allais dans la bonne direction. C’est terrible ! Le travail de traduction que j’avais jusque-là effectué, pendant les vingt dernières années, c’était un travail sur des auteurs vivants, des gens que j’avais souvent en face de moi, avec qui je pouvais parler, à qui je proposais ma traduction. Là, j’étais toute seule devant le texte. Mais, paradoxalement, c’est cette expérience dans la littérature contemporaine qui m’a aidée à tenter cette aventure du Quichotte.

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