Vive le matérialisme !

Philosophie

80 p.

9,63 €

ISBN : 978-2-86432-349-5

Parution : janvier 2002

(collection d'origine : Philia)

Au regard du concept, le titre est redondant – du matérialisme, on ne sait rien, sinon qu’il vive !
Mais le mépris où choit la vertu des partages rend opportun le retour au mot d’ordre, et au tract. Le rappel du matérialisme s’entend donc : À bas le spiritualisme !
Cette juste clameur paraît grossière, tant qu’on feint synonymes « spirituel » et « spiritualiste ». L’émotion spiritualiste, cependant, interdit l’irénisme : or, elle suscite aujourd’hui toutes sortes d’ « affaires », derrière lesquelles il faut distinguer une conspiration.
Dès lors, coup pour coup : qu’à la conspiration spiritualiste s’oppose l’alliance matérialiste.
Si le matérialisme, en effet, est « sans histoire », parce qu’on n’en peut construire le concept, il a un « avenir », parce qu’il eut toujours puissance d’intervention.
La philosophie, il est vrai, est avare d’interventions, parce qu’elle juge que celles-ci n’ont sens que lorsqu’un intérêt de la raison est clairement, distinctement encore, menacé. Aussi intervient-elle alors avec la dernière brutalité, rappelée – si elle se tient à la hauteur de l’idée – à sa base.
La base veut que l’esprit, faisant affaires, n’est pas tout.
Que l’être vient avant l’homme.
Que matière signifie avant.

Sur l’une des premières pages du livre on peut lire :
Le présent texte est un tract. Comme il est de règle, aucun nom propre ne lui est attaché. L’auteur – car il y en a un – souhaite que sa déclaration soit lue sans qu’il soit fait acception de personne. les circonstances détermineront si cet anonymat, appelé par la structure, peut ou doit être levé. J.-C. M.
À ce jour l’anonymat est levé.

Extrait

I. Le matérialisme n’est pas vision du monde.
II. Le matérialisme est sans principe.
III. Le matérialisme n’a pas affaire à la matière.
IV. Le matérialisme ne se compromet avec aucune science qui présente la matière.
V. Le matérialisme ne s’intéresse pas à l’existence d’un ou quelques dieux.
VI. Le matérialisme ignore la morale.
VII. Le matérialisme ne souhaite pas une politique.
VIII. Le matérialisme ne veut aucune esthétique.
IX. Le matérialisme conçoit un monde : il a un ennemi.
X. Le matérialisme dit qu’il n’est être raisonnable qui n’épouse des principes – et qu’en cela consiste son être.
XI. Le matérialisme affirme que ce qu’on ne connaît pas, on doit pour cela le nommer ; exigence qu’il appelle matière.
XII. Le matérialisme se soutient de toute science, chacune présentant de la matière.
XIII. Le matérialisme professe que si l’on désire un ou des dieux, ceux-ci ne s’attribueront rien qui offense la distinction de la matière : aucune propriété, nul prestige.
XIV. Le matérialisme commande que le principe de contradiction limite la frivolité des rapports entre êtres raisonnables – s’il arrive, ce qui est peut-être accidentel, qu’ils en entretiennent ; il voit, en cette puissance, une matière spéciale dont le nom est loi.
XV. Le matérialisme, en quelques occasions, réclame la guerre – avec l’aléa qu’elle emporte : chaque fois que le destin de la raison, de l’un au moins de ses intérêts, est, non pas clairement, mais distinctement encore menacé, si peu alors que ce soit, il répudie l’indifférence.
XVI. Le matérialisme juge certaines œuvres d’art illustrer mieux sa décision, et juge bon qu’elles soient préférées.

Ces thèses énoncent : parmi les orientations philosophiques, il en est une qui tient qu’il y a une dernière instance ; les deux membres de l’énoncé sont pour elle si redondants qu’un seul nom les résume : matière.

Revue de presse

Technikart, février 2002, par Jacques Braunstein

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