Contre la télé

Collection jaune

Récit

112 p.

10,14 €

ISBN : 978-2-86432-293-1

Parution : avril 1998

Extrait

De regarder la télévision, on ne fait pas profession sans se salir les yeux, et pis encore. J’avais pourtant résolument décidé de regarder cette télé-là : la télé grand public d’avant la mi-nuit, celle qui commence quand s’égoutte la vaisselle du dîner, qui soude le foyer et forge la conscience quotidienne, dont les enjeux économiques font un événement, et les programmes, l’ordinaire des conversations salariées à l’heure de l’embauche. On sait bien qu’il se trouve sur certains canaux, câblés ou hertziens, des trésors ; on sait mieux encore, et d’expérience, que ces miracles se diffusent plus souvent à des horaires dissuasifs, dans un hors-temps de la télé que nul annonceur ne trouble, nul impératif d’audience ne contraint. Dans ces moments où le médium a un sens, il n’a pas de téléspectateurs. Ou, pour mieux dire, il n’a pas de troupeau à mener ; à peine des individus épars, rares et curieux zombies, inclassables marginaux ou franchement chômeurs mais qui, dans tous les cas, ne justifient pas un écran publicitaire. Ce repos qu’alors il s’octroie et nous octroie, on peut considérer que c’est un accident – que ça ne compte pas.

Revue de presse

Téléscope, 13 juin 1998, par Michel Doussot

Il faut lire Contre la télé car, devant l’impossibilité de la télévision de se regarder avec lucidité – les émissions critiques n’ont pas fait long feu – restent ces quelques oasis que sont l’édition, la presse écrite ou la radio pour analyser le flux télévisuel qui nous traverse l’esprit. Le traitement est rude mais salutaire.

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Les Inrockuptibles, 13 mai 1998, par Jean-Marie Durand

Marcelle, s’il s’en est pris – parfois violemment – aux vedettes du prime time (Dumas, PPDA, Pernault, Pradel…), ne l’a jamais fait au nom d’une supposée haine viscérale de la télévision. Plus que la télé en soi, qu’il sait respecter lorsque, dans un hors-temps que nul annonceur ne trouble (après 23 heures), elle propose des émissions dignes, c’est la télé,... Lire la suite

Le Nouvel Observateur, 7 mai 1998

Plutôt qu’une compilation de ses articles, une réflexion à tête reposée, où le soulagement d’en être revenu affleure à chaque page. Mordant et précieux.

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Livres hebdo, 24 avril 1998, par Pierre-Louis Rozynès

Chroniqueur télé (quel drôle de métier) pendant deux ans, chroniqueur littéraire depuis six mois, Pierre Marcelle se cherche des logiques (« un ami m’a dit : “Tes deux ans de chronique télé, c’était simplement ta préparation à la chronique livre”. C’est vrai, je suis passé du plus vulgaire au plus distingué ») et vit la vie en assiégé. Un... Lire la suite

Radio et télévision

« Quoi qu’il en soit », par Pierre Bouteiller, France-Inter, 13 avril 1998
« Staccato », « La télé peut-elle être autre chose qu’un divertissement », par Antoine Spire, France Culture, 4 mai 1998
« Panorama », France Culture, 22 mai 1998