histoires_d_un_medecin_russe
Histoires d’un médecin russe

Slovo

Récits traduits du russe par Éléna Rolland

260 p.

18,00 €

ISBN : 978-2-86432-767-7

Parution : août 2014

Maxime Ossipov promène son œil acéré et lucide de médecin sur la réalité russe. Le constat est rude : corruption, racisme, trafic d’organes… Les corps et les âmes souffrent, les médecins trompent ou se trompent, l’histoire pèse sur les existences. Et pourtant, si ses personnages voyagent ou émigrent dans les plus grandes villes du monde, comme lui, ils reviennent toujours à la Russie. C’est là qu’un bonheur, même fugace, est possible, c’est là que se révèle la vérité des êtres.
Ces huit récits sont nourris de rencontres et des situations que Maxime Ossipov a dû affronter alors qu’il exerçait comme cardiologue dans différentes cliniques moscovites et à Taroussa, dans la province russe, où il s’est opposé aux autorités locales pour moderniser le service de cardiologie. Son expérience d’enseignement aux États-Unis, dans une université californienne, lui a également inspiré certains de ses personnages et alimente sa réflexion sur la transmission des valeurs et la quête de l’essentiel.

Ces histoires simples, toujours surprenantes, sont empreintes d’une humanité à la fois sans illusions et bienveillante, et s’inscrivent dans la grande tradition littéraire des médecins-écrivains comme Tchekhov et Boulgakov.

Extrait

Le cri de l’oiseau domestique éloigne le mal qui a gagné en force durant la nuit. Un matin à l’hôpital. Sur le lit, un homme maigre, nicotiné, un chauffeur d’autobus victime d’un infarctus, un drôle d’oiseau. Il est hors de danger et il regarde se faire soigner son voisin, un petit vieux aux allures de clochard, au poignet tatoué du soleil bleu des gardiens de camp. Un choc électrique, et le rythme cardiaque est redevenu normal. « Le vieux va mieux, il respire beaucoup moins », plaisante le chauffeur derrière son paravent. Nous échangeons un coup d’œil. Est-ce qu’il sera autorisé à conduire à nouveau ? Et puis il y a d’autres soucis, plus actuels : comment empêcher que sa femme tombe sur l’autre visiteuse, celle qui lui apporte de la viande grillée. Ce chauffeur comprend aussi pas mal de choses me concernant : les oiseaux sauvages sont perspicaces.

L’aspiration est claire : aimer non seulement ses proches, mais plus largement − les gens et le lieu. Pour cela, il faut se remémorer, observer, inventer.

Revue de presse

Le Devoir, 6 décembre 2014, par Christian Desmeules

Le jardinier de Yalta

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Le Matricule des anges, novembre-décembre 2014, par Valérie Nigdélian-Fabre

Chère Russie

Sur fond de débâcle sociale et politique post-perestroïka, une ode aux êtres et aux lieux, par Maxime Ossipov.

« La réalité n’est pas très belle : des hommes profondément idiots, des alcooliques, des femmes battues, des enfants enterrés jeunes, victimes de morts violentes. » Moins nostalgique que Boulgakov, mais aussi tendre que... Lire la suite

Télérama, 5 novembre 2014, par Marine Landrot

L’éditeur prévient à raison qu’après Tchekhov et Boulgakov, il faut ajouter un troisième nom à la liste des grands écrivains médecins que la Russie a enfantés, celui d’Ossipov, qui prend ici le pouls de son pays, exsangue et increvable, dans une série de nouvelles inspirées de sa propre expérience de cardiologue. On est loin du... Lire la suite

La Montagne, Mag dimanche, 19 octobre 2014, par Sébastien Dubois

Le portrait de la Russie d’aujourd’hui, en huit récits, par Maxime Ossipov, médecin de province. Le diagnostic est accablant : corruption, violence, délation à tous les étages. Ce qui ne l’empêche pas d’avouer un fort attachement pour cette terre. Ni de témoigner d’une forme d’humour désespéré qui sauve tout du désastre et de la déprime.... Lire la suite

Notes bibliographiques, octobre 2014

L’âme slave… L’expression pompeuse vient pourtant à l’esprit dès les premiers récits de Maxime Ossipov. D’emblée, ils évoquent Tchekhov, médecin comme l’auteur. Sauf que l’absurdité des vies en quête de sens ne tient pas entièrement à l’idéalisme et au fatalisme des protagonistes mais aussi à l’absurdité d’une société construite pour la collectivité où règne cependant... Lire la suite

La Revue littéraire, nº 55, automne 2014, par Lize Braat

Maxime Ossipov est russe, cardiologue et écrivain. À la parution de son recueil Ma province, en 2011, les critiques n’ont pas manqué de le comparer à d’illustres prédécesseurs prosateurs et médecins : on a cité à son sujet Tchekhov, Boulgakov ou, plus près de nous, Vassili Axionov. Il partage d’ailleurs avec les deux premiers le fait... Lire la suite

Libération, 28 août 2014, par Mathieu Lindon

Maxime Ossipov, un cœur russe

C’est bien beau l’euthanasie, mais il s’agit ni plus ni moins que d’assassiner la chienne ! » Les grands principes et la réalité prosaïque ne cessent de s’affronter dans Histoires d’un médecin russe, de Maxime Ossipov, né à Moscou en 1963 et dont Verdier a déjà traduit Ma province en... Lire la suite

Le Monde des livres, 22 août 2014, par Agnès Desarthe

Traduire, dit-elle : Poupées russes

Lors d’une conférence sur la traduction, à Arles en 2013, une main se lève dans le public : « Comment procédez-vous pour les jeux de mots ? » Mes collègues et moi répondons, unanimes : « On adapte, on modifie. » Le questionneur se rembrunit : « Vous changez le texte ? » Le banc des traducteurs hoche la tête. L... Lire la suite