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La Claire Fontaine

Collection jaune

128 p.

14,10 €

Epub : 9,49 €

ISBN : 978-2-86432-726-4

Parution : août 2013

L’homme qui venait de franchir la frontière, ce 23 juillet 1873, était un homme mort et la police n’en savait rien. Mort aux menaces, aux chantages, aux manigances. Un homme mort qui allait faire l’amour avant huit jours.
En exil en Suisse, Gustave Courbet s’est adonné aux plus grands plaisirs de sa vie : il a peint, il a fait la noce, il s’est baigné dans les rivières et dans les lacs. On s’émerveille de la liberté de ce corps dont le sillage dénoue les ruelles du bourg, de ce gros ventre qui ouvre lentement les eaux, les vallons, les bois.
Quand il peignait, Courbet plongeait son visage dans la nature, les yeux, les lèvres, le nez, les deux mains, au risque de s’égarer, au risque surtout d’être ébloui, soulevé, délivré de lui-même.
De quel secret rayonnent les années à La Tour-de-Peilz, sur le bord du Léman, ces quatre années que les spécialistes expédient d’ordinaire en deux phrases sévères : Courbet ne peint plus rien de bon et se tue à force de boire ?
Ce secret, éprouvé au feu de la Commune de Paris, c’est la joie contagieuse de l’homme qui se gouverne lui-même.

 

Cet ouvrage a reçu un des sept Prix suisses de littérature 2014, le Prix Marcel Aymé 2013, ainsi que le Prix Thyde Monnier de la SGDL 2013.

Extrait

Prétextant la venue prochaine de leur père, Juliette adoucit tant qu’elle put la maison de Courbet. Traînant sur la grève, non loin des lavandières, elle trouva une solide Piémontaise qu’elle expédia aussitôt à Bon-Port pour y faire le ménage. Et pour y assouvir aussi le besoin qu’avait Courbet d’une femme. Juliette n’était ni bégueule ni compliquée ; elle conduisait une lapine au lièvre sans en faire toute une histoire et ces choses-là ne la gênaient que s’il fallait les dire. La Piémontaise avait été apportée là pour les vendanges, avec d’autres, et elle n’était pas repartie.

Au soir, les jupes encore humides d’avoir frotté les sols, la Piémontaise rejoignit Courbet dans sa chambre au bout du couloir. Comment s’appelait-elle ? Elle vint s’asseoir sur lui, ses deux mains en appui sur le gros ventre qu’elle repoussait doucement pour se faire de la place. L’association charnelle de deux corps quels qu’ils soient tombe toujours sous le sens. Si l’on entend faire jouir, si l’on veut jouir l’un de l’autre, aucun obstacle qui ne se change en point d’appui, et parfois en point d’orgue. Elle avait les seins hauts quoique lourds, d’un beau mouvement jusqu’à la pointe sombre, elle avait des hanches larges, une toison de poils noirs qui lui montait au nombril comme une procession de fourmis ; elle était magnifique.

Revue de presse

Sortir, Le Temps, septembre 2014, par Elisabeth Chardon

Gustave Courbet met à nu femmes et paysages

La Fondation Beyeler et le Musée d’art et d’histoire de Genève s’unissent pour un double hommage.

 

A-t-il dans son nom quelque chose qui le prédisposait à mieux percevoir les galbes, les replis, les géographies tourmentées des paysages et des corps ? Gustave Courbet n’a cessé de... Lire la suite

Liberté hebdo, 3 janvier 2014, par Alphonse Cuvier

Courbet : une fête de la peinture et de la vie

Après l’écrasement de la Commune par les troupes versaillaises, Courbet est poursuivi par la haine officielle, la justice de Thiers et Mac Mahon : il doit assumer l’intégralité des frais de reconstruction de la colonne Vendôme, une somme colossale. L’artiste s’exile en Suisse, près de Vevey,... Lire la suite

Transfuge, janvier 2014, par François Bégaudeau

Un donné pour un rendu

C’est un peintre qu’évoque La Claire Fontaine. C’est la dernière décennie de Courbet à partir de son exil pour fuir les tracasseries que lui cause sa coupable adhésion à la Commune. Voici donc qu’à nouveau littérature et peinture s’entreprennent, vieilles amantes dont les ébats toujours excitent. Qu’est-ce que ça va donner? Comment... Lire la suite

Lire, décembre 2013, par Alexandre Fillon

Du côté d’Ornans

Une évocation très incarnée et sensuelle du peintre Gustave Courbet, de son œuvre et de son exil en Suisse après la Commune.

De tout temps, la Suisse servit de refuge pour les artistes. Elle l’a été notamment pour Gustave Courbet. Le peintre, chef de file du courant réaliste, qui a tant... Lire la suite

La Croix, 7 novembre 2013, par Marie Soyeux

Source de mots bienfaisants

David Bosc fait de l’exil des dernières années de la vie de Gustave Courbet une ode à la vie et à la nature.

Le 23 juillet 1873, Gustave Courbet passe la frontière suisse. Il laisse derrière lui des « emmerdements » sur lesquels le livre ne s’attarde pas. Le peintre est bavard,... Lire la suite

Le Courrier (Suisse), 2 novembre 2013, par Anne Pitteloud

David Bosc, source vive

Lausannois d’adoption, l’auteur français imagine l’exil heureux de Gustave Courbet à La Tour-de-Peilz. Roman solaire, La Claire Fontaine faisait partie de la première sélection du Goncourt.

« Courbet plongeait son visage dans la nature, les yeux, les lèvres, le nez, les deux mains, au risque de s’égarer, peut-être, au risque surtout d’être ébloui,... Lire la suite

Transfuge, novembre 2013, par Clémentine Baron

Portrait de l’artiste en vieil homme

La fin oubliée de Courbet, l’exil en Suisse, devient pour David Bosc le lieu d’une sensible évocation celle du peintre face à sa dernière passion, la nature.

Condamné à reconstruire la colonne à ses frais, poursuivi par la haine officielle, Courbet doit se réfugier en Suisse, où il... Lire la suite

Marianne, 14 octobre 2013, par Alain Dreyfus

Courbet, exilé dionysiaque

Le 8 juillet 1873, Gustave Courbet était un homme mort. Aux yeux de la police tout au moins, puisque cet artiste hors normes, acteur enthousiaste de la Commune de Paris – ce qui lui valut six mois de prison –, avait en douce filé en Suisse, un pays rustique, pas encore un refuge pour exilées... Lire la suite

Sud-Ouest, 13 octobre 2013, par Yves Harté

Gustave Courbet, la fin de l’ogre

Même les ogres meurent. C’est ce que nous dit David Bosc dans un court roman solaire et panthéiste. Il a suivi les quatre dernières années de la vie de Gustave Courbet, celui dont on connaît l’autoportrait de jeune halluciné et L’Origine du monde, que très longtemps Jacques Lacan cacha sous une... Lire la suite

Europe, octobre 2013, par Frédéric Jacques Temple

Ce n’est pas rien d’être plongé dans l’intimité de Gustave Courbet. Il faut tout le talent de David Bosc pour que nous puissions y avoir accès. L’auteur de ce beau petit livre se sert des mots comme un peintre des couleurs. Cette « Rencontre » avec le communard réfugié dans le canton de Vaud, renvoie à celle... Lire la suite

Le Matricule des anges, octobre 2013, par Christine Plantec

« Au mur de son atelier, à Paris, Courbet avait affiché une liste de règles : 1 – Ne fais pas ce que je fais 2 – Ne fais pas ce que les autres font 3 – Si tu faisais ce que faisait Raphaël, tu n’aurais pas d’existence propre 4 – Fais ce que tu vois et ce que tu ressens, fais ce que tu... Lire la suite

Transfuge, octobre 2013

La Claire Fontaine, recommandé par la Librairie Millepages à Vincennes

En 1873, poursuivi par la haine tenace réservée aux communards de son espèce, Courbet passe en Suisse pour y digérer sa disgrâce, mettre ses dettes à distance et plonger torse en avant dans les eaux vives. David Bosc écrit comme on peint en utilisant une large... Lire la suite

La Liberté, 28 septembre 2013, par Thibaud Matinetti

Gustave Courbet en Suisse : l’ivresse de la liberté

Quelle fut la vie de Gustave Courbet lors de son exil en Suisse entre 1873 et 1877, date de sa mort ? Le roman de David Bosc, réfutant l’avis général selon lequel « Courbet ne peint plus rien de bon et se tue à force de boire », propose de... Lire la suite

Luxemburger Wort, 28 septembre 2013, par Jean-Rémi Barland

Gustave Courbet en exil

La « belle fontaine » de David Bosc, un roman d’une écriture imagée.

C’est un des beaux romans de la rentrée. D’une écriture poétique et imagée, il semble comme peint en larges tableaux peuplés de personnages en mouvement. Écrivain spécialiste de photographie, de cinéma et d’art en général, David Bosc nous parle... Lire la suite

Art press, octobre 2013, par Laurent Perez

Courbet, un artiste de la vie

La Claire fontaine est un roman sur Gustave Courbet, ce qui ne serait rien si son auteur ne poursuivait, depuis son premier livre (un essai sur Georges Darien, publié très jeune), une œuvre puissante et consistante. Le violent pamphlet de David Bosc sur (et contre) Aragon, Ombre portée, met les choses au... Lire la suite

24 heures, 25 septembre 2013, par Jean-Louis Kuffer

À La Claire Fontaine, David Bosc signe un roman admirable

Le livre du Lausannois d’adoption est un pur joyau sur la première liste du Goncourt.

Le grand art est parfois le plus bref, et telle est la première qualité de ce formidable petit livre : en à peine plus de 100 pages, David Bosc, quadra né à... Lire la suite

Grazia, 20 septembre 2013, par Marguerite Baux

Courbet revient à la vie

Ce sont des années sans gloire ni chef-d’œuvre dans la vie du peintre Courbet, souvent expédiées en trois lignes dans les biographies, mais elles donnent ici un roman débordant de chair et de joie. En 1873, après le désastre de la Commune, l’auteur de L’Origine du monde s’exile en Suisse. Ruiné, il... Lire la suite

L’Humanité, 19 septembre 2013, par Alain Nicolas

Portrait de l’artiste en coucher de soleil

David Bosc fait des dernières années de Gustave Courbet, exilé en Suisse après la Commune, un moment de vie lumineuse plutôt que le crépuscule qu’on croit souvent y voir.

« Aujourd’hui, j’appartiens nettement, tous frais payés, à la classe des hommes qui sont morts. » Comment comprendre ce qu’écrivait,... Lire la suite

La Marseillaise, 15 septembre 2013, par Anne-Marie Mitchell

Je peins ce que je vois

Pour Théophile Silvestre, le critique d’art du XIXe siècle, il n’existe pas deux Courbet au monde.

« Pourquoi chercherais-je à voir dans le monde ce qui n’y est pas, et à défigurer par des efforts d’imagination tout ce qui s’y trouve ? Il y a des gens qui détestent les chiens :... Lire la suite

Gauchebdo, 14 septembre 2013, par Pierre Jeanneret

Les années d’exil de Courbet à La Tour-de-Peilz

Avec La Claire Fontaine, l’écrivain David Bosc nous fait pénétrer dans la vie et l’univers artistique du grand peintre réaliste.

Voici un bon et beau livre, qui présente des qualités d’écriture évidentes. On le dit susceptible de recevoir le Goncourt. Peu nous en chaut, à vrai dire. En... Lire la suite

Le Monde des livres, 13 septembre 2013, par Catherine Millet

Libre comme Courbet

Une partie de l’humanité frappant d’anathème les images sous prétexte qu’elles fascinent, tandis que l’autre partie ne cesse de dénoncer ses tromperies, nous devons admettre qu’une des fonctions du langage est de nous défendre contre ces menteuses, du moins à les circonvenir. Soit que les mots nous révèlent l’envers du décor (discours... Lire la suite

Matin-Dimanche, 8 septembre 2013, par Michèle Audétat

Le jury du Goncourt sélectionne un écrivain qui vit à Lausanne

Vendredi, dans la première sélection pour le prochain Prix Goncourt, on a découvert… le nom de David Bosc. Un écrivain français. Mais qui habite Lausanne.

L’an dernier, la Suisse romande avait suivi passionnément la longue course qui avait conduit l’écrivain genevois Joël Dicker... Lire la suite

Matin-Dimanche, 1er septembre 2013, par Michel Audétat

Gustave Courbet fait la planche

Les peintres inspirent-ils de bons romans ? Il est parfois permis d’en douter. Avec L’Œuvre qui présentait un artiste décalqué de Cézanne, Émile Zola n’avait produit qu’une laborieuse dissertation. Et Ramuz, qui ne manquait pourtant pas de talent s’était aussi empêtré dans son Aimé Pache, peintre vaudois. Méfiance donc : on ouvre prudemment La Claire Fontaine,... Lire la suite

Le Nouvel Observateur, 29 août 2013, par Bernard Géniès

Exil et mort d’un peintre : Le roman de Courbet

Au lendemain de la Semaine sanglante, qui vit l’écrasement de la Commune de Paris par les troupes versaillaises, Gustave Courbet est condamné à six mois de prison et 500 francs d’amende. Le verdict n’est pas si sévère pour celui qui fut membre du Conseil de la... Lire la suite

L’Humanité, 29 août 2013, par Alain Nicolas

Vendanges d’or du roman français

Avec 357 livres, 50 de moins qu’en 2012, la rentrée littéraire reflète les difficultés de l’édition. Littérairement parlant, la qualité des œuvres ne connaît pas la crise.

[…] Ancien communard, Gustave Courbet fut, on le sait, condamné par les versaillais à payer les frais de reconstruction de la colonne... Lire la suite

L’Hebdo (Suisse), 29 août 2013

Rentrée littéraire : nos coups de cœur

[…] Ce récit bref, sensuel, raffiné et terreux, raconte les dernières années de Gustave Courbet en Suisse. Pas besoin d’intrigue artificielle : l’enjeu, c’est le regard qu’un grand peintre porte sur le monde, son «  affrontement avec le temps ». Très travaillé, La Claire fontaine donne l’agréable impression d’avoir été improvisé, jeté sur... Lire la suite

L’Histoire, 29 août 2013, par Pierre Assouline

Comme à Gravelotte

Faut-il le prendre comme une bonne nouvelle ? Question de point de vue, selon que l’on se place du côté des historiens ou de celui des romanciers. Mais si l’on est un peu des deux, et que l’on se réjouit du brouillage des frontières, on ne peut que s’en féliciter : avec ses 357... Lire la suite

Le Temps, 24 août 2013, par Éléonore Sulser

David Bosc s’inspire des toiles de Courbet et fait revivre l’artiste en exil au bord du Léman

En 1873, le peintre, poursuivi pour sa participation à la Commune de Paris, passe en Suisse. Il s’installe à La Tour-de-Peilz et continue de peindre, de vivre, d’aimer, de se baigner, de boire et de rire. Il... Lire la suite

La Croix, 6 août 2013, par S.G.

Cézanne au pays de Courbet

[…] Le 23 juillet 1873, Courbet, accusé d’avoir fait détruire la colonne Vendôme durant la Commune, se réfugie en Suisse, à La Tour-de-Peilz, un village sur les rives du Léman. Il y meurt quatre ans plus tard, emporté par une cirrhose. De cette ultime halte, scandée par des baignades et... Lire la suite

Blog de la Loue et des rivières comtoises, 4 février 2014, par Isabelle Brunnarius

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Les Vendangeurs littéraires, 8 novembre 2013, par Chantal Lévêque

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Lire et merveilles, 20 septembre 2013, par Marilyne Thibault-Camhi

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Les Mauvaises Fréquentations, 12 septembre 2013, par Thierry Savatier

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La République des livres, 11 septembre 2013, par Pierre Assouline

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Le Choix des libraires, 5 septembre 2013, par Émilie Dontenville, Librairie Mollat (Bordeaux)

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Radio et télévision

« Marque-Page », La Télé (Suisse), lundi 4 novembre 2013

« Du jour au lendemain », par Alain Veinstein, France Culture, mardi 29 octobre 2013 de minuit à 0h35

« Le rendez-vous culture » du Journal, Radio Télévision Suisse, lundi 28 octobre 2013 à 12h45

« Le 7/9 du week-end », entretien avec Ilana Moryoussef, France Inter, dimanche 13 octobre 2013 entre 7h et 9h

« Un livre un jour », par Olivier Barrot, France 3, vendredi 27 septembre 2013 à 17h20

« La Fabrique de l’Histoire », par Emmanuel Laurentin, entretien avec Perrine Kervran, France Culture, jeudi 12 septembre 2013 à 9h

« Entre les lignes », par Jean-Marie Félix, entretien avec David Collin, lectures de Jacques Roman, Radio Suisse Romande – Espace 2, lundi 9 septembre 2013 à 11h

« La Librairie francophone », depuis le festival « Le Livre sur les quais », à Morges (Suisse), par Emmanuel Khérad, France Inter, samedi 7 septembre 2013 de 15h à 16h

« Comme on nous parle », par Pascale Clark, chronique par Nathalie Crom, France Inter, mercredi 4 septembre 2013 entre 9h et 10h

« Le Journal du samedi », chronique par Geneviève Bridel, Radio Suisse Romande (La 1ère), samedi 31 août 2013 entre 6h et 8h30

Annexes

Traductions

 

Ein glückliches Exil. Courbet in der Schweiz, übersetz von Gabriela Zehnder, Biel/Bienne, Verlag Die Brotsuppe, 2014

 

Przejrzyste źródło, Przekład: Jacek Giszczak, Warszawa, Noir sur blanc, 2015