La Mort nue

Collection jaune

Récit

64 p.

10,14 €

ISBN : 978-2-86432-213-9

Parution : janvier 1995

Il n’y a ici ni horreur ni gémissements, aucun récit clinique. Nous ne sommes pas dans l’attente mais dans l’approche de la mort – la mort nue, naturelle et simple d’une mère.
Vivre cette mort, l’écrire, dans l’oubli de soi et du monde (si ce n’est quelques échappées vers les bois en automne), dans l’élan de l’amour, c’est épouser son lent et irréversible mouvement, c’est la serrer au plus près.
Alors, de cette difficile proximité, naît un chant, une présence demeure.

Extrait

Maman.
Réduite à l’essentiel : un souffle.
Étrangement, ce souffle si léger qu’on ne peut pas le saisir, impalpable au point de paraître quelquefois suspendu, nous relie à elle plus fortement encore que ne faisait sa voix, sa voix dont je pense aujourd’hui qu’elle était si parfaite, si naturellement parfaite, qu’elle n’étonnait pas, ne bouleversait pas, mais, simplement, retenait.
Elle disait :
« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent. »
Sa voix, posée juste dans son medium, timbrée sans discordance, mesurée dans son temps était si unie, si recto-tono qu’on n’en écoutait pas la sonorité : elle livrait son message sans s’interposer à l’inverse de certaines autres voix qui font écran, qui escamotent.
La voix de maman délivrait les mots, le sens des mots, la pensée, loyalement.
Elle disait :
« Les mots ont un sens. »
Elle le croyait. Elle n’avait pas appris les non-sens, elle ne savait pas interpréter les lapsus, les blancs de mémoire (comme on dit au Québec), elle ne savait pas que les mots n’ont pas un sens mais plusieurs. Elle leur faisait confiance. Innocemment.
Elle disait :
— Précise ta pensée
parce que son propre langage était précis, clair, droit. Le langage servait sa pensée et c’est tout.
Maintenant elle n’a presque plus de mots. Elle a oublié les mots. Elle a désappris à penser.

Revue de presse

Le Monde, 24 mars 1995, Monique Pétillon

Il y a dans ce petit livre si intense, si épuré, une force étrange, une sorte de goût du néant, qui témoigne d’une intimité fascinée avec la mort. […] Pas de place ici pour la crainte : c’est, à travers une double ascèse, une accoutumance à la désincarnation, à l’abstraction. Les mots aident celle qui écrit... Lire la suite

Libération, 12 janvier 1995, Jean-Baptiste Harang

Géva Caban a perdu sa mère, il y a peu d’années […], elle en dit l’intime sans impudeur, le chagrin sans la douleur, la lucide consolation, par la grâce de l’écriture la plus naturelle qui soit, la plus légère, et l’usage du cœur.

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Le Figaro, 26 janvier 1995, par Philippe Cusin

Cinquante-trois pages d’une pureté et d’une géométrie absolues, d’une infinie pudeur, d’une profondeur et d’une beauté simples et extrêmes […]. Texte adamantin, sobre, sans étalage ni vibrato, où il est autant question d’amour que de mort. Netteté du cristal, sans jamais tomber dans les travers de l’écriture dite « féminine ». Géva Caban n’est pas une « écrivaine »,... Lire la suite

Le Généraliste, 17 février 1995

La mort d’une mère. Rarement ce thème aura été mis en littérature avec autant d’économie de mots, avec autant de profondeur et d’émotion, sans fard. […] Comment ne pas accompagner l’auteur dans ses réflexions, dans ce chemin à la fois si banal et si unique qui est le lot commun du destin de chacun. Comment... Lire la suite

Notes bibliographiques, mars 1995

Récit sobre, pudique, touchant, d’une mort annoncée.

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Info matin, 9 février 1995

La retenue de Géva Caban est extrême, et son écriture dénuée de tout artifice. Superbe.

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Radio et télévision

« Panorama », par J. Duchateau, France-Culture, 20 février 1995

« Fréquence lire », de Cella Minart, Radio-France international, 11 mars 1995