La Politique des choses
Court traité politique 1

Philosophie

80 p.

10,20 €

ISBN : 978-2-86432-638-0

Parution : février 2011

Depuis le XIXe siècle au moins, on en tombe d’accord : le gouvernement des êtres parlants est décidément une affaire trop sérieuse pour qu’on la confie aux êtres parlants.
Mieux vaudrait le confier aux choses. Elles se gouvernent toutes seules ; pourquoi ne gouverneraient-elles pas les hommes ? Le politique le plus sage serait alors celui qui explique ce que veulent les choses ; l’expert le plus sérieux se bornerait à traduire ce qu’elles disent silencieusement ; la stratégie la plus prometteuse se donnerait pour programme la transformation acceptée des hommes en choses.
Un mot résume ces croyances : évaluation. Longtemps anodin, il désigne aujourd’hui un ensemble de pratiques nouvelles et menaçantes. À chaque étape, l’évaluation met en place les procédures propres à instaurer l’absolu gouvernement des choses. Non seulement, elle saisit les hommes dans leurs activités extérieures – évaluer les conduites, les résultats, les productions –, mais elle prétend sonder les profondeurs
de l’intime. Aujourd’hui, on se prépare à évaluer les sujets comme sujets. À les frapper pour toujours du sceau de l’inerte. Plus radicalement qu’aucun de ses prédécesseurs, l’homme de l’évaluation est devenu chose, la dernière des choses, la plus passive d’entre elles, le jouet de toutes les forces qui passent.
Il est question ici de la politique du siècle à venir.

Revue de presse

Culture droit, septembre 2011, par Robert Redeker

L’évaluation contre le fondement des libertés

Sur la base d’un mot ancien s’est développée depuis une vingtaine d’années une forme de jugement parallèle au juridique et au judiciaire, l’évaluation. Le nouveau livre du philosophe Jean-Claude Milner, La Politique des choses (premier des deux volumes d’un Court traité politique) propose à son lecteur une analyse critique... Lire la suite