La Rime et la vie

Critique, linguistique

368 p.

23,12 €

ISBN : 978-2-86432-098-2

Parution : mars 1990

Ce livre est l’exercice d’une écoute du langage et, à travers de nombreux exemples, d’une écoute de la modernité. La mise en rapport de deux termes, la rime, la vie, montre dans les représentations communes du langage un modèle culturel poétiquement et politiquement néfaste. Contre cette vieillerie du monde, la réflexion à partir du poème pose une relation interne entre le langage, le poème, l’éthique et l’histoire. C’est pourquoi le rythme y joue un rôle théorique majeur. Pas seulement pour comprendre des poèmes. Mais, par la redéfinition de l’oralité comme une part de la nécessaire distinction entre l’individu et le sujet, pour le parti du sujet, la politique du rythme, une poétique de la société. Par là, l’utopie est le devoir de lucidité le plus urgent, la recherche de critères d’intelligibilité pour aujourd’hui. L’écoute du langage a l’oreille sur l’avenir.

Extrait

Introduction de l’auteur

La fable du signe telle que depuis le poème on peut l’entendre, le roman du poème au pays du signe, c’est la double histoire qui fait la matière et le cheminement de ce livre.

Ce livre tient autant, à travers ses questions et ses exemples, du témoignage situé que de l’étude. Il s’agit ici de la place du langage dans la modernité. Prendre au sérieux y passe par le rire de la théorie. Ce vieux rire homérique, qu’il y avait dans le nom de Personne.

La critique du réalisme langagier y est menée par ce que la critique du rythme a pu montrer de l’historicité radicale du langage. Cette historicité radicale est un athéisme du rythme, athéisme spécifiquement poétique, et de l’ordre de l’art. Jusque dans tout art religieux. Intimement solidaire d’une éthique du sujet, d’une politique du rythme.

Le poème comme devoir de lucidité impose l’analyse des guerres du langage. Faire rendre au motif de la nature des langues – leur génie – tout ce qu’il contient de culture, et montrer que le sac est vide. C’est travailler à reconnaître la spécificité irréductible du langage, sortir des anthropologies de la totalité vers l’infini de la signifiance, des métriques de la pensée et des métriques sociales par la critique du sens. C’est cela, sortir de chez Platon et de la maison de Hegel. La critique : avoir l’oreille sur l’avenir.

Revue de presse

Europe, avril 1991, par Jacques Gaucheron

Henri Meschonnic poursuit depuis longtemps déjà, – plus de vingt ans –, une très passionnante recherche, inlassablement. Livre après livre, il s’approche de ce qu’il appelle « la poétique », c’est-à-dire la discipline, ou l’attitude d’esprit, qui permettrait de rendre compte de la création poétique, de sa valeur, et mettant au centre de la préoccupation, le poème, ce fuyant objet... Lire la suite

Le Figaro, 19 octobre 1990, par Alain Bosquet

Henri Meschonnic, philosophe et poète

Les philosophes du langage forment un milieu très restreint, de professeurs et d’illuminés qui, de plus en plus, sous l’influence notamment de Jacques Derrida, considèrent leur domaine comme une sorte de Mecque : aux initiés seuls les abords en sont réservés. La science du langage est devenue pour eux un sacerdoce,... Lire la suite

La Croix, 5 juin 1990, par Michel Crépu

Le principe d’écoute

Il y a au moins une chose que l’on ne pourra jamais reprocher à Henri Meschonnic, c’est d’avoir depuis longtemps pris les armes pour la poésie sans une seconde de découragement.

Quelle guerre Henri Meschonnic mène-t-il donc avec tant de constance ? Contre qui ? Un seul adversaire : le signe. Le signe, symbole à... Lire la suite