La Robe bleue

Verdier/poche

160 p.

6,50 €

ISBN : 978-86-432-503-1

Parution : mai 2007

Une vieille femme assise sur une chaise dans un parc. Elle attend. Le parc est celui de l’asile de Montdevergues, et l’homme qu’elle attend est son frère. Il s’appelle Paul Claudel. Elle, donc, serait Camille.

Trente années dans le parc, près d’Avignon. Présent, passé, tout se mêlerait dans la grande lumière de là-bas, et se rejoindrait. De l’amour et de la beauté. De la haine. De l’abandon. Et de ce que c’est que la fin des choses quand, de si près, depuis si longtemps, elle chemine près de vous, silencieuse et poignante.

Avec ce récit fervent et grave, la langue de Michèle Desbordes atteint son point d’excellence pour nous dire la tragédie calme de l’être aux limites de soi.

Extrait

Il parlera du passé, des années de Villeneuve. Le reste, il n’en dira rien, il ne voudra plus rien dire de ce qui la concernait, ni qu’avec la mère la retirant de cet atelier des quais, il la mettait chez les fous, et quatre ans plus tard elle y était encore, et alors elle leur écrivait à propos des journées très longues et de l’ennui dont elle souffrait, et aussi du froid qu’il y avait l’hiver dans ce pays, jusque dans sa chambre disait-elle où elle attrapait l’onglée et ne pouvait pas même tenir la plume, tandis que mois après mois elle demandait qu’on la sortît de là et parlait de cette cruauté qu’elle avait, elle leur mère, de ne pas lui donner asile à Villeneuve où elle promettait, si elle revenait, de ne pas déranger ni causer de soucis, ni même de bouger tellement à présent elle avait souffert ; elle avait tellement souffert, disait-elle, qu’elle ne pourrait s’en remettre, elle se tiendrait tranquille et se contenterait de peu, une mansarde, un bout de cuisine suffiraient.

 

 

Revue de presse

La Provence, 30 janvier 2005, par Edmonde Charles-Roux

Comme une chanson triste

Un livre puissant, né d’une photo rarement publiée, représentant une femme âgée d’environ 65 ans. Elle porte une robe, un manteau et un chapeau sans âge ni couleur. Elle est assise sur une chaise, les mains croisées, docile, passive, « sans bouger ni rien dire ». Cette femme attend la visite d’un... Lire la suite

Le Monde, 30 janvier 2004, par Patrick Kéchichian

Michèle Desbordes raconte l’histoire immobile de l’enfermement de Camille Claudel durant trente années

Comment donner à éprouver le temps ? Comment le comprendre, dans son urgence et sa précipitation ou son étirement infini, dans sa mesure ou sa démesure ? Aucun romancier, évidemment, ne peut échapper à ces questions. Mais il peut les dissimuler sous... Lire la suite

La Marseillaise, 8 février 2004, par Claudine Galéa

Michèle Desbordes se penche, avec La Robe bleue, sur la fin de la vie de Camille Claudel, sœur de Paul, sculptrice de génie, enfermée trente ans dans un asile.

Paul, mon petit Paul étaient les mots que Camille Claudel aimait à répéter à son jeune frère, devenu le poète et l’écrivain que... Lire la suite

L’Humanité, 12 février 2004, par Jean-Claude Lebrun

Portrait d’un désert

En quelques livres, Michèle Desbordes s’est imposée comme un auteur de toute première force. L’on se souvient de l’admirable portrait en clair-obscur qu’elle avait dressé dans La Demande, en 1998. À l’époque de la Renaissance, à l’intérieur d’une demeure des bords de Loire, la servante discrète du plus grand artiste... Lire la suite

La Croix, 19 février 2004, par Francine de Martinoir

Camille, au temps suspendu

Dans l’histoire familiale des écrivains, il existe parfois des pièces condamnées, où longtemps des femmes ont été enfermées, laissées dans l’ombre, comme si elles pouvaient porter tort à leur illustre parent : Adèle, la fille de Victor Hugo, Camille, la sœur de Paul Claudel, ont toutes deux été menées aux limites d’elles-mêmes... Lire la suite

La Quinzaine littéraire, 1er mars 2004, Par Gabrielle Napoli

Silence et souffrance

Nous savons déjà tout, ou presque, de l’histoire de Camille Claudel, de sa solitude et de sa folie, de son enfermement pendant des décennies. Pourtant, le dernier ouvrage de Michèle Desbordes donne un éclairage nouveau à la vie de l’artiste. La Robe bleue, biographie romancée de la sculptrice, plonge... Lire la suite

La Libre Belgique, 12 mars 2004, par Monique Verdussen

La femme qui attendait

Un poignant portrait de Camille Claudel vue depuis ses années d’enfermement.

D’abord, une douleur. Une douleur et une lassitude. La lassitude du temps qui passe et n’en finit pas de passer, pesant, interminable. Et puis, à la douleur et à la lassitude, s’ajoute la... Lire la suite

Libération, 1er avril 2004, par Jean-Baptiste Harang

Folle Claudel

Une femme assise sur une chaise dans le parc de l’asile attend son frère Paul. Elle est la honte de la famille Claudel. Michèle Desbordes lui offre La Robe bleue.

C’est une histoire d’amour, comme toutes les histoires qu’on aime. L’histoire d’une femme qui attend un homme.... Lire la suite

Le Magazine littéraire, mai 2004, par Valérie Marin La Meslée

Michèle Desbordes signe un livre infiniment sensible sur le destin arrêté de Camille Claudel.

Dans un silence lourd de vains espoirs, une femme, assise sur une chaise, devant son pavillon, attend. C’est Camille Claudel, sculpteur, sœur de l’écrivain et maîtresse de Rodin que Michèle Desbordes nous fait rencontrer... Lire la suite

Madame Figaro, mai 2004, par Clémence Boulouque

La Robe bleue

Elle attend un visiteur, dans un parc. L’homme s’appelle Paul. Elle a pour nom Camille. Camille Claudel, pendant trente années, a été internée à Montdevergues, près d’Avignon. Depuis ce jour où sont venus la chercher des hommes vêtus de blouses blanches, la conduisant à Ville-Évrard, avant de la transférer, en 1914, loin... Lire la suite

Radio et télévision