L’Antre des nymphes dans l’Odyssée

Philosophie

Traduit du grec par Yann Le Lay. Édition bilingue. Précédé de
« La philosophie de Porphyre
et la question de l’interprétation »
par Guy Lardreau

112 p.

13,70 €

ISBN : 978-2-86432-087-6

Parution : avril 1989

Rédigé au iiie siècle, L’Antre des nymphes se présente comme un traité d’exégèse homérique qui condense quelques thèmes majeurs, théologiques et philosophiques, nourrissant la pensée néoplatonicienne. Partant de onze vers de l’Odyssée où le poète décrit l’antre mythique d’Ithaque, consacré aux nymphes des eaux, les Naïades, Porphyre se propose de commenter « cette fable en inspiré, selon son sens mystique et caché ». Ce faisant, le disciple de Plotin, que ce dernier tenait tout à la fois pour « poète, philosophe et hiérophante », nous livre un texte aussi dense que bref où, dans la lignée de Platon et Pythagore, est exposée la question centrale de la venue des âmes à la génération. Fidèle au principe cher aux néoplatoniciens, selon quoi la raison se doit d’intégrer les différentes « régions » de la pensée, Porphyre compose ainsi une méditation profonde et insolite où se mêlent l’enseignement de Platon, la sagesse de Zoroastre, des citations d’Héraclite et du texte biblique, des allusions instruites aux mystères égyptiens et chaldaïques. Cependant, loin de tout éclectisme artificiel, et selon une langue poétique qui soutient la rigoureuse cohérence de la pensée, le commentaire du poème homérique devient aussi une réflexion sur la corporéité, sur l’incarnation des âmes et leur retour vers leur « vraie patrie ».

Traduit du grec par Yann Le Lay d’après le texte nouvellement établi par le séminaire « Classics » de l’université de Buffalo et à partir de la traduction originale de Pierre Quillard.

Revue de presse

Préfaces, décembre 1990

Homère, on le sait, était l’éducateur de la Grèce, le symbole le plus prégnant de l’hellénisme. Platon, qui pour les néo-platoniciens n’était pas un philosophe, mais un « hiérophante », un porteur de Révélation, avait condamné Homère. En un temps – le IIIe siècle de notre ère – où l’hellénisme était menacé, pas question d’abandonner le poète : il fallait donc lui... Lire la suite

Le Quotidien de Paris, 9 juin 1989, par Antoine de la Taille

L’âme des Naïades

Philosophe néoplatonicien du IIIe siècle, Porphyre de Tyr doit beaucoup sa postérité aux œuvres de son maître Plotin, dont il a donné une édition d’ensemble dans les six Ennéades, et à l’Isagoge, une introduction aux Catégories d’Aristote qui fera autorité au Moyen Âge. Dans L’Antre des nymphes dans l’Odyssée, Porphyre se propose de dévoiler le sens symbolique des quelques... Lire la suite

La Croix, 19 août 1983, par Emmanuel Saunderson

Porphyre via Homère

Si l’œuvre de Porphyre fut abondante, L’Antre des nymphes est pourtant l’un de ses rares écrits à n’avoir pas sombré dans les abysses des siècles. Natif de Tyr en Phénicie, c’est en l’an 263 que Porphyre, formé a Athènes auprès de Longin, se rendit à Rome où il compta parmi les disciples de Plotin.... Lire la suite