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Le Dos

Collection jaune

Nouvelles

160 p.

13,79 €

ISBN : 978-2-86432-146-0

Parution : septembre 1992

Là, c’est un enfant qui n’entrevoit que le dos de son père, revenu brièvement d’une absence de toujours et qui part à jamais.
Ici, la famine, il faut alors gérer la rareté, dans le désordre. Et le désordre est nommé, c’est la jeunesse ; les enfants seront abattus, puis servis pour nourriture. Leur résistance, passive, finira par contenir la tranquille barbarie villageoise.
Des situations, des drames aussi simples que le jour, parfois noirs comme ce qui lui succède.
Des paraboles.
Des histoires qui sont à tout le monde et auxquelles l’auteur ne fait que prêter sa propre voix.

Extrait

Je ne peux pas raconter l’histoire du dos sans raconter l’histoire d’Alfredo, puisqu’il en est l’auteur et qu’il y est en scène. Mais ce souci d’honnêteté entraîne une étrange complication, technique, sans doute, car je ne tiens pas à raconter une histoire à la place d’une autre, mais aussi morale. Alfredo est parti depuis plusieurs années et je n’ai plus de nouvelles de lui. Je ne sais donc pas s’il a envie que je lui attribue cette histoire ni que je parle de lui. Dois-je dire son nom et, parlant de lui, car il le mérite, ne rien dissimuler ? Ou dois-je parler de lui sous un autre nom, en arrangeant quelques détails ? Je pourrais alors considérer qu’il est protégé par la règle formelle de la ressemblance fortuite, mais je méconnaîtrais son droit à se voir attribuer ses propres histoires. J’ai déjà rencontré cette situation. Cela tient au fait que raconter des histoires qui sont arrivées aux autres, à moi-même parfois, m’intéresse plus que d’en inventer. Mais dans ce cas, j’ai toujours un sentiment de malhonnêteté à devoir déformer les situations, changer les noms des gens et des lieux. Je conçois bien que les histoires particulières sont, précisément, particulières et qu’il faut parvenir à les raconter de façon à ce qu’elles puissent parler à plus d’un, mais ce travail propre du narrateur sur la forme de l’histoire porte sur le point de vue qu’il faut adopter, sur les éléments de la situation qu’on doit retenir ou non, il n’implique pas la modification des noms et des circonstances.

Revue de presse

http://culture-et-debats.over-blog.com, 9 novembre 2015, par Jean-Yves Alt

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Libération, 8 octobre 1992, par Jean-Baptiste Harang

Les dix nouvelles trouvent leur unité dans la densité du texte, des phrases courtes élémentaires, où prennent de rares greffes conjonctives. Les registres des différentes histoires sont éparpillées entre le rêve, l’anecdote, la tragédie banale, la nostalgie, le conte philosophique ou la fantaisie littéraire.

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La Croix, 28 septembre 1992, par Louise Lambert

Histoires peu ordinaires

Le genre n’est pas annoncé. Peut-être parce que présenter ces textes comme des nouvelles serait s’arrêter à leur apparence formelle – textes brefs, courtes histoires – et gommerait leur unité, fondée par l’identité du regard, de l’écriture du ton. D’une histoire à l’autre, en effet, c’est le même qui écrit, un même que progressivement le lecteur... Lire la suite

L’Humanité, 28 octobre 1992, Jean-Claude Lebrun

On découvre là, jusque dans ce qui pourrait passer pour de l’impudeur si l’on s’en tenait à la seule apparence des choses, une écriture extrêmement retenue et économe dans ses effets. Comme une volonté de se tenir toujours un ton au-dessous, qui accroît considérablement la force dramatique de chacune de ces histoires.

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Télérama, 25 novembre 1992, par Michèle Gazier

Observateur lucide des misères du cœur, du racisme, de la vie dans sa banalité perverse, il prend le parti du témoin, de celui qui dit. On trouve chez lui autant de manières d’écrire, de raconter qu’il y a de situations. Lercher coule sa prose, tantôt poétique, tantôt réaliste, tantôt très proche du fantastique latino-américain, autour... Lire la suite

Le Magazine littéraire, novembre 1992, Aliette Armel

Dans une langue à la perfection un peu froide, Alain Lercher pousse très loin l’exploitation d’un univers dont l’intimité est renforcée par l’emploi de la première personne. Il donne à lire ce qui, d’ordinaire, reste caché et qui, si on l’en croit, n’arrive pas qu’aux autres !

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