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Le Jardinier des morts

Collection jaune

144 p.

13,50 €

ISBN : 978-2-86432-786-8

Parution : mars 2015

Ce qui relie ces différents récits, c’est peut-être la violence. Non pas la violence des faits divers, des attentats ou des films policiers, mais la violence inhérente à la condition humaine et indissociable de la vie : celle de la mort, de l’abandon, de la passion, de la séparation irrémédiable des sexes, du désir d’avoir un enfant ou du regret d’en avoir un, la violence que les hommes font subir aux animaux et celle qu’ils s’infligent les uns les autres même et surtout quand ils s’aiment.

Dans une langue directe et sobre, la remémoration des différents narrateurs (ou bien est-ce le même ?) devient explication avec soi comme une nécessité qui n’aurait rien de narcissique ni de morbide et qui n’exclut ni la tendresse ni l’amour de la vie.

Extrait

Je dois dire que mes fantômes ne m’importunent pas beaucoup. Ils se feraient plutôt désirer. Ainsi, ma mère est morte il y a environ vingt-cinq ans. Si je laisse de côté les rêves de la période du deuil, que je ne saurais trop qualifier du point de vue de la fantômologie, elle n’est venue me voir, à l’état de veille, que trois fois à ce jour. Les deux premières fois, je ne me rendais pas encore compte que c’était un fantôme. La première fois, c’était à peu près dix-huit mois après sa mort, l’été. J’avais fait du stop tout l’après-midi pour aller assez médiocrement d’Avignon à Montpellier. Un orage m’avait surpris au bord de la route. J’étais allé me changer entièrement dans la cage d’escalier d’un HLM au milieu des champs. Finalement de vieux Anglais m’ont pris et m’ont déposé en ville vers l’heure du dîner. J’ai trouvé logis chez un curé, dans le vieux Montpellier. On m’avait envoyé à lui parce qu’il logeait des jeunes gens dans son presbytère. Il ne voulait pas de moi, mais je lui ai un peu forcé la main. Je suis allé manger au café. Je me sentais très seul, mais pas désagréablement. Je lisais, assis dans le bistrot de la gare, la pièce de Robert Bolt sur Thomas More, dont j’avais dû trouver une édition un peu au hasard et puis, insensiblement, je me suis retrouvé en compagnie de ma mère. C’était encore assez triste, mais pas du tout angoissant. Plutôt mélancolique. Je ne sais plus ce que nous nous sommes raconté. Je l’ai noté sur une page blanche du livre, mais j’ai perdu le livre.

Revue de presse

La Revue des Belles Lettres, mai 2016, par Louise L. Lambrichs

Qui est le jardinier des morts ? L’employé rémunéré par le narrateur du texte éponyme de ce recueil, pour fleurir les tombes de ses proches disparus ? Ou l’écrivain qui, au fil de ces textes, explore les rouages de la subjectivité face aux effets que produit la mort, aussi bien celle qui surgit sans crier... Lire la suite

http://www.latorredelvirrey.es, janvier 2016, par Irene Escudero Martínez

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La Liberté, 9 mai 2015, par Antoine Vuilleumier

La mort, l’amour et le civet de lièvre

Dans cet excellent recueil de nouvelles, la mort est partout, jusque dans le titre (Le Jardinier des morts). Cette mort « tragique, non parce qu’elle fait souffrir, mais parce qu’elle introduit dans le monde quelque chose d’irréversible ». A travers elle, Alain Lercher interroge la condition humaine,... Lire la suite

l’ENA hors les murs, mai 2015, par Robert Chelle

Pourquoi ai-je omis de rendre compte de plusieurs ouvrages d’Alain Lercher ? Pour certains j’ai une excuse : la Boîte à livres n’était pas née … Mais depuis ? C’est un passé à revoir et je m’en tiendrai donc aujourd’hui à son dernier livre, suite de différents récits. douze exactement, d’une belle écriture et qui... Lire la suite

Radio et télévision

« Les Bonnes feuilles », par Sandrine Treiner, France Culture, 22 mai 2015, de 14h55 à 15h.