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Le Murmure des oliviers

Terra d’altri

Récit. Traduit par Jacqueline Bloncourt-Herselin

128 p.

12,17 €

ISBN : 978-2-86432-100-2

Parution : mars 1990

Comme dans Le Tailleur de la Grand-Rue, son premier livre, Bonaviri met en scène, dans ce récit écrit en 1955, un petit monde paysan de Sicile orientale où plantes, nuages et ruisseaux partagent les joies et les souffrances des personnages. Faite de bonheurs simples autant que de disette, de maladie ou de guerre, l’humble épopée de Massaro Angelo, le métayer, et de sa famille, dialogue avec les espaces cosmiques dont Bonaviri, dans ses œuvres ultérieures, se fera l’explorateur mélancolique et fantasque.

Cet équilibre entre le style primitif et la grâce, l’imagerie populaire et le rêve, qu’admirait tant cet autre grand Sicilien, Elio Vittorini, on le retrouvera dans les trois chapitres piémontais d’un roman inachevé que ce volume propose en complément.

Extrait

Ils avaient attaché le corps avec des cordes qu’ils avaient passées sous le ventre de l’âne, comme s’il s’était agi d’un fagot, et massaro Michele et massaro Angelo se sentaient un poids sur le cœur.

Le long de la route qui était toute pleine de cailloux et de touffes d’herbe, le cadavre glissait, et massaro Angelo devait le tirer, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, sur le dos de l’âne. Aux environs du Fiumecaldo, à l’orient, l’aube traça dans le ciel une longue traînée de lumière. Les oliviers de la vallée s’épanouissaient en une grande tache grise, et le crépitement du torrent se rapprochait de plus en plus. Au bruit des sabots de l’âne et de la forte respiration de massaro Angelo, un merle, dans un bruissement d’ailes, jaillit d’un buisson couvert de petites baies rouges, et, pendant un moment, il resta posé juste sur le corps de compère Iano ; puis il s’envola vers le caroubier en chantant.

Massaro Angelo avait regardé pendant un moment le merle dont le vol s’était arrêté au-dessus de lui, et il avait dit : « Tu ne penses qu’à dormir, à manger et à faire ton nid. » De Mineo vers le Fiumecaldo arrivaient déjà des paysans sur leurs ânes qui brayaient dans le petit matin et remplissaient la vallée d’une longue clameur plaintive. Quand ils rencontraient massaro Angelo, ils s’arrêtaient et demandaient : « Eh ! compère, il y a quelqu’un de malade sur cet âne ? Il est arrivé un malheur peut-être ? »

Revue de presse

Le Monde, 7 septembre 1990, par René de Ceccatty

Dons Juans et pauvres gens

[…] Le Murmure des oliviers, écrit en 1955, un an après la mort de Brancati, est le deuxième roman de Bonaviri, qui avait trente et un ans. Le premier, Le Tailleur de la Grand-Rue (traduit par J.-M. Laclavetine, Fayard, 1989), donnait la parole au père de l’auteur et révélait, avec une... Lire la suite

Nuit blanche, décembre 1990-février 1991, par Jacques Martineau

On s’échine du matin au soir sur de maigres champs. La pluie se fait attendre. La récolte est mauvaise. La maladie survient. Il faut s’endetter, vendre le mulet. Puis c’est la guerre qui vient enlever à la terre de jeunes bras. On vit dans la crainte d’être chassé par le propriétaire. Et les joies sont... Lire la suite