leonard_et_machiavel
Léonard et Machiavel

Collection jaune

160 p.

12,17 €

Epub : 6,49 €

ISBN : 978-2-86432-547-5

Parution : septembre 2008

La scène se passe à Urbino, au palais ducal, à la fin du mois de juin 1502. Dans l’effet de souffle des guerres d’Italie, les petits États tremblent sur leur base ; ils seront à qui s’en emparera hardiment. Insolent et véloce comme la fortune, César Borgia est de ceux-là.
Le fils du pape donne audience à deux visiteurs. Le premier est un vieux maître que l’on nomme Léonard de Vinci, le second un jeune secrétaire de la Chancellerie florentine du nom de Nicolas Machiavel.
De 1502 à 1504, ils ont parcouru les chemins de Romagne, inspecté des forteresses en Toscane, projeté d’endiguer le cours de l’Arno. Un même sentiment d’urgence les fit contemporains. Il ne s’agissait pas seulement de l’Italie : c’est le monde qui, pour eux, était sorti de ses gonds.
Comment raconter cette histoire, éparpillée en quelques bribes ? Léonard ne dit rien de Machiavel et Machiavel tait jusqu’au nom de Léonard. Entre eux deux coule un fleuve. Indifférent aux efforts des hommes pour en contraindre le cours, il va comme la fortune.
Alors il faut le traverser à gué, prenant appui sur ces mots rares et secs jetés dans les archives comme des cailloux sonores.

Extrait

Léonard et Machiavel n’étaient pas de ces éclaireurs à l’avant-garde, mais au cœur de la bataille, dans la mêlée confuse, où rien ne se discerne nettement sinon la vérité du combat. Ils n’ont pas fait leur temps ; parce qu’ils furent si intensément du leur, ils sont toujours du nôtre. Il y eut entre eux un temps commun, qui les fit contemporains. Non pas continûment, et d’une manière si sourde et si souple, sans doute, qu’ils ne trouvèrent guère de mots pour le dire. Mais la même urgence d’agir et une semblable écoute aux rythmes du monde ; l’évidente certitude que sa cadence hésite, et qu’il appartient aux hommes d’en ressentir la pulsation pour doucement l’amener à reprendre son cours réglé ; le courage de grimper la montagne pour contempler la plaine, et de descendre dans la plaine pour regarder la montagne, afin de toujours rester en éveil, brusquer les points de vue, et maintenir vibrante l’indétermination du moment ; pour cette raison la volonté têtue de ne jamais s’attarder en compagnie des mêmes ; et surtout, surtout, s’arracher à la splendeur des mots, à leur entêtante séduction, pour fouiller toujours plus loin, plus douloureusement aussi, la vérité des choses.
Et puisque tout se dit en si peu de temps, ne plus s’attarder désormais. Raconter la fin de César Borgia est superflu une fois accompli le drame de Senigallia : il disparaît dans les coulisses, comme un acteur exténué qui a subjugué le public de son morceau de bravoure. Détourner le fleuve est impossible quand sa puissance reprend son cours : regardez-le sauter les digues pour aller se perdre dans la mer. Et comment décrire la fuite des blessés milanais, quittant par la gauche le champ de bataille d’Anghiari ? Ils s’estompent dans la poussière soulevée par les combattants acharnés et sauvages qui luttent pour l’étendard. Finir n’est rien, car seul compte ce moment si lent et si brutal, suspendu comme un souffle coupé, où tout éternellement commence.

Revue de presse

Écrire l’Histoire, automne 2010, par Caroline Callard

Morale de l’historien, morale de l’écrivain, morale de l’homme

La vulgate de l’histoire des idées fait de Machiavel le penseur qui a, de manière décisive, dissocié la politique de la morale chrétienne à laquelle elle était adossée depuis le Moyen Âge. Plus radicalement, le langage courant lie le nom de Machiavel à la notion d’amoralisme,... Lire la suite

Médiévales, automne 2009, par Étienne Anheim

Le nom Machiavel

Le hasard, qui gouverne un peu plus de la moitié de nos actions, a mis sur les étals des librairies de l’automne 2008 deux livres voisins, voire cousins, Léonard et Machiavel de l’historien Patrick Boucheron et Le Rêve de Machiavel du romancier Christophe Bataille1. En découvrant ces deux livres, la première impression est d’avoir affaire à... Lire la suite

Vient de paraître, février 2009

Dans un ouvrage qui tient à la fois de l’essai, de la biographie et du récit historique, Patrick Boucheron confronte deux figures qui, chacune dans son domaine, représentent l’aboutissement de la Renaissance. Léonard et Machiavel part d’une rencontre réelle qui eut lieu au palais ducal d’Urbino en juin 1502 sous les auspices de César Borgia. La force... Lire la suite

Notes bibliographiques, 1er février 2009

Il est avéré qu’en 1502, au palais ducal d’Urbino, se sont croisés trois personnages hors du commun, César Borgia. Léonard de Vinci et Nicolas Machiavel. Le premier est le nouvel homme fort d’Italie, conquérant, opportuniste, prêt à se saisir du pouvoir chancelant à Florence. Le second est peintre, architecte, géographe, touche-à-tout de génie, et il... Lire la suite

Le Journal du médecin, 2009, par Olivier Isaac

Dans la mêlée, en ces temps incertains

Roman ? Essai ? Ni l’un ni l’autre. Dans son Léonard et Machiavel, l’historien Patrick Boucheron médite sur leurs rencontres et leurs vies croisées. Pour dresser le portrait de deux figures majeures de la Renaissance qui, vraisemblablement, partagèrent une « même conception de la qualité des temps ». Passionnant.

Tous deux marquèrent la... Lire la suite

La Libre essentielle, 6 décembre 2008

La joie du texte

Ce récit sur la rencontre entre Léonard (de Vinci) et Machiavel écrit avec « la précarité des hypothèses » (selon l’expression de Pierre Michon, une des influences majeures de Patrick Boucheron) ne cessera de vous mettre en joie. Alors, pour la prolonger, souvent, vous le reposerez délicatement pour savourer ses phrases et réfléchir... Lire la suite

Force ouvrière, 3 décembre 2008

La rencontre d’Urbino

Juin 1502 : à Urbino, « angle mort de l’Italie princière », César Borgia, autoritaire et cruel, règne sur son « Palazzo ducale », dont les couloirs sans fin voient se croiser deux personnages majeurs de la Renaissance. Ce sont Léonard de Vinci, artiste humaniste et inventeur déjà accompli, et Nicolas Machiavel, jeune secrétaire ambitieux, travaillant pour... Lire la suite

Philosophie magazine, 1er décembre 2008, par Martin Legros

Génies de la Renaissance

Nicolas Machiavel et Léonord de Vinci ont vécu à la même époque et aux mêmes endroits, et ont jeté un même regard, à la fois désenchanté et entreprenant, sur le monde qui les entourait. Mais si de nombreux indices laissent à penser qu’ils se sont rencontrés et même soutenus dans l’adversité,... Lire la suite

Centre national du livre, note de lecture, 1er décembre 2008, par Agnieszka Gratza

Note de lecture

Dans un ouvrage qui tient à la fois de l’essai, de la biographie et du récit historique, Patrick Boucheron confronte deux figures qui, chacune dans son domaine, représentent l’aboutissement de la Renaissance. Léonard et Machiavel part d’une rencontre réelle entre les deux Florentins qui eut lieu au palais ducal d’Urbino en juin 1502 sous... Lire la suite

Télérama, 12 novembre 2008, par Daniel Conrod

Rendez-vous chez le Prince

Au palais Borgia, Vinci et Machiavel se sont côtoyés. L’Histoire n’en dit rien, mais on peut lire dans ses silences. 

Urbino, un jour de juin 1502, au Palais ducal. Ils sont trois. Ce pourrait être du théâtre ou du roman. C’est de l’histoire. César Borgia, 27 ans, fils de pape,... Lire la suite

Valeurs actuelles, 6 novembre 2008, par Frédéric Valloire

Superbe : Léonard et Machiavel de Patrick Boucheron

Léonard de Vinci et Nicolas Machiavel se sont-ils rencontrés le 24 juin 1502 dans le palais ducal d’Urbino, sous l’égide du jeune César Borgia, prince des temps nouveaux ? C’est possible, probable même. Mieux, d’octobre 1502 à janvier 1503, le maître et le jeune secrétaire de la chancellerie florentine se sont... Lire la suite

L’Histoire, novembre 2008

Dialogue de génies

Léonard de Vinci (1452-1519), qui a tant écrit et tant dessiné, n’a rien dit de Machiavel. Et Machiavel (1469-1527), si prolixe, a tu jusqu’au nom de Léonard. Pourtant ils se sont rencontrés, ils se sont certainement parlé. À trois reprises au moins : en juin 1502, à un projet de fortification en Toscane... Lire la suite

L’Humanité, 23 octobre 2008, par Alain Nicolas

Vies de papier La littérature crée ses personnages et les importe du dehors […].

Réels et imaginaires, enfantés par l’histoire […], la littérature les absorbe, les dévore, les incorpore à sa troupe de personnages de papier. Une fois dans ses pages, on ne demande plus de passeport. […]

À la recherche de la conversation perdue : Que se... Lire la suite

Le Magazine littéraire, octobre 2008, par Pierre Assouline

À gauche, Léonard de Vinci, artiste de cour et génie multicarte ; à droite, Nicolas Machiavel, fondateur de notre raison politique ; au milieu César Borgia, nouveau prince en Italie centrale. Les trois hommes travaillent de concert à détourner le cours de l’Arno. La rencontre se déroule en juin 1502 à Urbino, dans ce palais ducal que... Lire la suite

La Quinzaine littéraire, 1er octobre 2008, par Hugo Pradelle

Fantômes de la Renaissance

[…] D’un silence […] s’extrait le récit savant de Patrick Boucheron, du silence de deux hommes l’un à l’autre rendus, d’un de ces mystères de l’Histoire qui défait les certitudes en même temps qu’elle en établit. Le titre est limpide : il s’agit de comprendre ce que furent l’un pour l’autre Léonard... Lire la suite

La République des livres, 1er septembre 2008, par Pierre Assouline

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Libération, 18 septembre 2008, par Éric Aeschimann

Ils turbinaient à Urbino

Propos de Patrick Boucheron recueillis par Éric Aeschimann.

L’historien Patrick Boucheron explore les points de recoupements de deux figures essentielles : Léonard de Vinci, l’artiste universel par excellence, et Nicolas Machiavel, l’inventeur de la raison politique. Ni fiction, ni biographie, Léonard et Machiavel est plutôt une méditation sur l’esprit de la Renaissance.

« Nous... Lire la suite

Le Monde, 5 septembre 2008, par Claire Judde de Larivière

Quand deux génies se rencontrent chez le « Prince »

Patrick Boucheron imagine ce que Machiavel et Léonard se sont dit lors d’une mystérieuse entrevue.

Urbino, juin 1502. Dans les couloirs assoupis du Palazzo ducale, sous les auspices de César Borgia, prince cruel et insolent couronné d’un succès aussi fulgurant qu’audacieux, un vieux maître de renom... Lire la suite

Livres hebdo, 29 août 2008, par Jean-Maurice de Montremy

1502 : le camp des Trois d’or

À Urbino, César Borgia rencontre un obscur trentenaire, Machiavel, et un quinquagénaire déjà célèbre : Léonard de Vinci. Rendez‑vous secrets ? Rendez‑vous manqués ? Patrick Boucheron suit le trio de 1502 à 1504.

Fin juin 1502, ils sont tous trois au palais ducal d’Urbino, dans les Marches. Évidemment, tout le monde... Lire la suite

Radio et télévision

« Question d’éthique », par Monique Canto-Sperber, France Culture, jeudi 17 janvier 2013 de 15h30 à 16h

« La Fabrique de l’histoire », par Emmanuel Laurentin, France Culture, lundi 7 mai 2012 de 9h06 à 10h

« Les lundis de l’histoire », par Roger Chartier, France Culture, lundi 21 septembre 2009 de 15h à 16h

« Concordance des temps », par Jean-Noël Jeanneney, France Culture, samedi 13 septembre 2008 à 10h