Les Arbres de Ville-Évrard
lorsqu’ils deviennent passage des cigognes dans le ciel

Collection jaune

128 p.

14,20 €

ISBN : 978-2-86432-563-5

Parution : janvier 2009

C’est à l’hôpital de Ville-Évrard, à Neuilly sur Marne – où furent internés Camille Claudel et Antonin Artaud –, qu’à l’été 2006 Gatti mena l’une de ses expériences théâtrales qu’allaient clore trois représentations intitulées : Les Oscillations de Pythagore en quête du masque de Dionysos, opéra quantique. Il avait réuni là trente-cinq « stagiaires » de quatorze pays différents pour mettre en jeu ce nouvel épisode de La Traversée des langages (l’ensemble des pièces à paraître aux éditions Verdier en 2009).
Les Arbres de Ville-Évrard lorsqu’ils deviennent passage des cigognes dans le ciel est nourri de cette expérience, il en est l’aventure transposée dans et par le poème.
On y retrouve – outre beaucoup des grands morts de Gatti et leurs voix actives – la quête toujours énigmatique, inspirée du Livre des mutations, des mouvements de l’univers et de ses invariants.
L’arbre est la verticalité insurrectionnelle à laquelle Gatti confie sa parole errante.

Extrait

Arbres ! Votre verticalité est la voie d’une prise de conscience, celle qui anime l’univers aux moindres souffles, couleurs, mots qui s’inventent créateurs. Les mythes se promènent parmi eux avec des ramures de cerfs imaginaires. Venu des tréfonds de vos mémoires un écureuil monte et descend. Il transmet les défis mutuels que se portent le serpent, et l’aigle…
Sourire infini de la Parole errante
Les arbres devront se dire, un chandelier avec multitude de branches, dont un dieu à peine inventé donna le modèle à Moïse (pas encore rectifié par Freud) lequel prend forme de l’arbre de vie. Les branches deviennent des corps planétaires, et les feuilles les yeux d’une étoile. Deux oliviers neveux y sont le prophète Zacharie, et l’huile pour les lampes, encres de ses écritures.
Strabismes imposés par la tradition de tous ces mouvements d’Univers mais peut-on y chevaucher une écriture ? La réponse a toujours été interrogation.
Une mouche ne peut-elle pas se retrouver avec une patte à la place d’une antenne ou une aile, là où devrait se trouver un œil ?
L’Histoire arrive toujours ventre à terre. (Elle est en toge de béotien.) Elle dépose devant les arbres d’un point cardinal, de la viande bouillie, et elle attend les signes que les oiseaux entrecroiseront devant elle.
Une corneille finit toujours par arriver.
Elle emporte le morceau, et va le consommer sur l’arbre d’à côté. Pour les béotiens c’était autrefois un signe à l’intelligence duquel, il fallait participer. Quelle que fut la taille de l’arbre, ils réduisaient l’arbre au langage de la cognée. Ils allaient même jusqu’à inventer « la danse de l’arbre » autour du bûcher auquel ils le réduisaient.
Ces manifestations sont en partie ce qu’on appelle la civilisation grecque.
La nôtre.