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Les Fantômes d’Oradour

Verdier/poche

Réédition. Première édition brochée épuisée (1994)

96 p.

7,61 €

ISBN : 978-2-86432-538-3

Parution : mai 2008

Le 10 juin 1944, par mesure de représailles, les Allemands massacrèrent les habitants d’Oradour-sur-Glane avant d’incendier le village. Aujourd’hui encore ses ruines étranges demeurent.
L’approche de cet événement, qui touche de près l’auteur de ce livre puisque deux membres de sa famille y ont péri, se fait selon trois modes qu’il veut successifs mais solidaires : la relation rigoureuse et historique des faits, sa vision personnelle et subjective qui nourrit une réflexion sur les enjeux de la mémoire et la réponse qu’on peut opposer à la violence et à la barbarie.
En refermant le livre, nous laisserons Alain Lercher à la solitude des lieux, arpentant par un soir d’hiver la rue principale, évoquant les fantômes, les arrachant un instant à l’oubli en même temps qu’à l’horreur.

Extrait

J’ai grandi avec le souvenir d’Oradour, mais un souvenir imaginaire. Il y avait les livres de ma grand-mère, avec les photos du village en ruine. Nous revenions toujours aux mêmes : la photo du docteur sur la place du champ de foire, l’intérieur de l’église à ciel ouvert, et le panneau à l’entrée du village « Souviens-toi. Remember. » – que mon frère et moi prononcions à la française, comme camembert. Dans la conversation de ma grand-mère revenait parfois l’entretien des tombes, et des formules inquiètes : « revoir mes tombes », « aller sur mes tombes ». Le possessif nous paraissait à la fois étrange et naturel. Oradour était aussi à ma mère, mais les tombes seulement à ma grand-mère.

Revue de presse

La Liberté, 19 juillet 2008, par Alain Favarger

Haut lieu de la barbarie

Avec ses 642 victimes, dont 500 femmes et enfants, morts asphyxiés et carbonisés dans l’église de leur village le 10 juin 1944, Oradour‑sur‑Glane reste un des symboles de la barbarie nazie. On est dans le Limousin, une région où, entre Tulle, Figeac et Limoges, la résistance à l’occupant a été... Lire la suite

Charlie hebdo, 2 juillet 2008, par Michel Polac

Comme comme comme pom pom pom

Lire a été pour moi, et très tôt un besoin et un plaisir. Aujourd’hui, c’est devenu une habitude, presque une drogue, pour échapper à la monotonie qui guette les vieux. Heureusement, ici, dans mon « ermitage », où le silence – les jours sans tramontane – est total, sauf à certaines heures où les oiseaux... Lire la suite

Sud-Ouest, 5 juin 1994, Ch. P.

Le livre d’Alain Lercher est celui d’un légataire qui, ayant reçu en partage l’histoire d’un drame dont deux des siens ont été victimes, se sent investi d’une mission.

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La Voix du Nord, 9 juin 1994, par Joseph Raguin

D’une horreur intégrale, d’un déplacement de l’auteur sur les lieux du vaste crime, d’impressions justes et de réflexions pesées, ce livre rend compte avec cette exacte fidélité et ce scrupule langagier qui font l’irréfutabilité des témoignages du pire.

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Libération, 9 juin 1994, par Jean-Baptiste Harang

Ces pages sont saisissantes, elles imposent le silence, les faits, seulement les faits, l’effet de réalité vaut tous les effets littéraires, elles sont volontairement et salutairement impersonnelles.

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L’Événement du jeudi, 23 juin 1994, par M.S.

À la description des faits, Alain Lercher ajoute une réflexion personnelle sur l’attitude des Alsaciens incorporés de force, le pardon et l’oubli, la mécanique du souvenir.

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L’Humanité, 17 juin 1994, par Jean-Claude Lebrun

Le trait y est précis, rigoureux et souvent mordant. […] Alors que les nazis, en faisant d’Oradour un lieu martyr, avaient voulu l’inscrire à jamais dans l’ordre de la mort, le récit d’Alain Lercher apparaît précisément comme une tentative pour l’en arracher.

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Info de la Corrèze, par Claude Lacan

Le style est clair, limpide. Alain Lercher ne cherche pas les effets faciles, la grandiloquence que l’on trouve trop souvent dans ce genre d’ouvrages où, la main sur le cœur, le narrateur vous abreuve de détails horribles, pour vous inciter à sortir votre mouchoir. Le ton d’Alain Lercher est sobre, digne, d’une parfaite sincérité. Sans... Lire la suite

Radio et télévision

« Lettres ouvertes », France Culture, 15 juin 1994