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Les Règnes du sommeil

Terra d’altri

Traduit de l’italien
par Éliane Formentelli.
Postface d’Italo Calvino

108 p.

11,66 €

ISBN : 978-2-86432-049-4

Parution : avril 1986

Qu’est-ce que le sommeil ? Avant d’être la demeure des songes, c’est le lieu d’une lassitude, d’un oubli plein d’images, où s’épuisent les figures du mythe. À nouveau racontées, elles trouvent mieux qu’un sens ou une modernité : une oscillation entre la méditation et la fable.

Chacun de ces contes est habité par un homme ou une femme qui a son rôle à jouer – Eros, Psyché, Hercule, Déjanire – ; c’est dans ses gestes que le mythe s’incarne, dans ses yeux, dans sa bouche qui s’ouvre pour raconter l’histoire.

Extrait

Ce matin-là, il se leva de bonne heure, peu après l’aube, car il avait reçu la veille au soir un message lui ordonnant de partir. Mais quand il ouvrit la porte de sa maison, il demeura interdit : sur le pré d’en face, un couple de lions bataillaient, depuis plusieurs heures peut-être, en silence et avec ténacité.

Ce spectacle dont il ne pouvait détacher les yeux lui fit oublier l’urgence de son rendez-vous et il s’arrêta contre le chambranle de la porte. C’était un beau couple d’animaux, fauves, secoués de spasmes et la crinière ébouriffée, hérissée comme le poil d’un chat en colère. Debout, ils se faisaient front avec une égale fureur, une pareille force, un même acharnement. C’est sûrement à cette similitude entre eux qu’on devait aussi cette lenteur des mouvements, l’équilibre de leurs positions, et le silence dans lequel se déroulait la lutte. Ils paraissaient appuyés l’un à l’autre, comme les bêtes arc-boutées d’un blason, immobiles et en feu.

Revue de presse

Le Monde, 20 juin 1986, par M. F.

Le charme de Ginevra Bompiani

Ginevra Bompiani, romancière, essayiste, spécialiste de littérature anglaise, a écrit, voici une dizaine d’années, un petit volume qui vient d’être publié en France par les éditions Verdier, auxquelles on doit déjà quelques belles trouvailles dans le domaine italien. C’est un recueil de brefs récits en prose, sur des sujets mythologiques :... Lire la suite

La Croix, 7 juin 1986, par Emmanuel Saunderson

Au royaume des sortilèges

Le propre des mythes est d’être dépourvus de version originale, de se multiplier, à la fois semblables et autres, dans les récits qu’ils inspirent. Et, pour l’écrivain, le poète, aujourd’hui encore, raconter un mythe revient non pas à le répéter, mais plutôt, à partir d’un foyer brasillant de figures, d’emblèmes et... Lire la suite