Mallarmé au tombeau

Philosophie

96 p.

9,13 €

ISBN : 978-2-86432-306-8

Parution : février 1999

(collection d'origine : Philia)

Le mouvement part du sonnet de Mallarmé, « Le vierge, le vivace… ». Le sonnet est commenté vers par vers, mot à mot. Une interprétation se dispose : le sonnet résume ce que Mallarmé pense de l’histoire du XIXsiècle tout entier, en tant que cette histoire se déploie dans la poésie. S’opposant point par point au Cygne de Baudelaire, dédié à Victor Hugo, il traite de ce dont Hugo et Baudelaire sont les emblèmes : le premier, héros de la journée révolutionnaire, assez puissante pour délivrer de la pesanteur glaciale et de l’ennui indistinct des temps modernes ; le second, portant le deuil de cette journée, toujours marquée par la défaite. À Hugo, il est opposé que l’espoir est vain, parce qu’il n’y aura jamais de journée, jamais d’aujourd’hui (vierge, vivace et beau) ; à Baudelaire, il est opposé que le deuil même est inutile, parce qu’il n’y a jamais eu de journée.
L’interprétation du sonnet trouve ses répondants dans les proses, sans oublier la note assassine sur Rimbaud, et dans le Coup de dés. Elle se résume ainsi : « rien n’a eu lieu », ou « le XIXe siècle n’a pas eu lieu ».
La thèse est inévitable si l’on croit ce que dit Mallarmé de la poésie. Et donc aussi de la prose. Que devons-nous dire, nous, à la fin du XXe siècle ? Devons-nous être mallarméens ? Que devons-nous penser de la poésie et de la prose ? Que devons-nous penser de ce qui a eu lieu ou pas ?

Revue de presse

La Quinzaine littéraire, 16 mars 1999, par Tiphaine Samoyault

Dégagé de la pesante « actualité » mallarméenne qui, à l’occasion d’un centenaire récent, nous a quand même divertis cet automne de l’inénarrable et récurrente rentrée romanesque, le Mallarmé au tombeau de Jean-Claude Milner apparaît comme un livre lumineux et élégant, inactuel au sens le plus fort du terme. Le sonnet sans titre, dont l’incipit fournira plus de souvenirs au lecteur, « Le vierge,... Lire la suite

Télérama, 2 juin 1999, par Alain Nevez

« Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui… » : le début du « sonnet du Cygne » de Stéphane Mallarmé est de ces vers que tout amoureux de la poésie porte en lui, et qui se dresse comme un défi aux exégètes mallarméens. Jean-Claude Milner tente donc un pari impossible : proposer une nouvelle lecture de ce poème essentiel.... Lire la suite

Tageblatt, mai 1999, par Robert Redeker

À propos de Mallarmé au tombeau

Sidérant et considérable : Mallarmé relu par Milner.

Le centenaire de la mort de Stéphane Mallarmé a été l’occasion de la publication de nombreuses études, et, pour certaines revues, de la confection de numéros spéciaux (celui proposé par la revue de Michel Deguy, Poésie est à marquer d’une pierre blanche). De... Lire la suite