Moscou et les Moscovites

Poustiaki

Introduction, notes et traduction du russe par Julie Bouvard

224 p.

20,29 €

ISBN : 978-2-86432-444-7

Parution : mai 2005

Originaire de la région de Vologda, Vladimir Guiliarovski (1853-1935) baguenaudera pendant dix ans à travers la Russie, s’improvisant successivement haleur sur la Volga, bouvier, pompier, ouvrier, acteur de province… Insatiable touche-à-tout, il s’ancrera enfin à Moscou en 1881, où il embrassera la carrière de journaliste. Moscovite non pas de souche mais de conviction, Guiliarovski devient, selon l’expression de Tchékhov, « le roi des reporters » de sa ville d’adoption, côtoyant les célébrités des Arts et des Lettres comme les pires représentants de la pègre. Aussi, au début des années vingt, lorsque, suite aux expériences d’urbanisme entreprises par le nouveau régime, la ville change radicalement de visage, Guiliarovski se lance-t-il un défi monumental : faire revivre les lieux, les gens et les savoureux parlers d’une Moscou disparue. Il en résultera le présent ouvrage, guide mythique de la mère des villes russes, qu’il mettra près de vingt ans à rédiger. Tout au long de ces chapitres, le lecteur parcourt les lieux légendaires de la capitale russe, ses halles, ses bains, ses palais et ses cours des miracles. Il rencontre les grands acteurs de son histoire, mais aussi de mémorables anonymes (cuisiniers, cochers, archidiacres, aigrefins, limiers…) qui, marquant le chroniqueur, ont intégré le patrimoine moscovite. Moscou n’a pas été ingrate envers son fidèle admirateur : en 1966, la Deuxième rue des Bourgeois est rebaptisée rue Guiliarovski, incluant cet éloquent enthousiaste dans sa toponymie et le rangeant parmi les classiques de sa littérature.

Revue de presse

Libération, 9 juin 2005, par Éric Loret

Moscou à donf

Le Moscou glauque du XIXe siècle, par celui que Tchekhov appelait le roi des reporters.

Il n’a rien vu à Moscou, rien, suivant en cela les préceptes de la modernité, qui veulent qu’on observe mieux le monde derrière des volets clos et qu’on l’annule pour mieux l’enluminer : « J’ignore pourquoi, mais dans... Lire la suite