par_dessus_le_toit
Par-dessus le toit

Collection jaune

128 p.

14,50 €

ISBN : 978-2-86432-721-9

Parution : avril 2013

Il y a quelqu’un qui parle : on ne peut pas dire qu’il raconte, ni une histoire ni sa vie ni lui-même. Il parle pour parler : autrement dit, il fait des phrases. Comme tout un chacun, dirait-il, il a de petites idées sur beaucoup de choses : sur les chats et sur les girafes, sur les chaussures, sur les mots, sur les grenouilles, sur les romans, sur les murs, etc.

Il y a des arguments sur lesquels il a beaucoup d’idées (l’hôpital et la prison, c’est ce qu’il dit), il y en a sur lesquels il n’en a pas (la vie, l’amour, c’est ce qu’il dit), il y en a qui ne l’intéressent pas beaucoup et qui reviennent comme des mouches – que personne n’aime et dont il est si difficile de se débarrasser. Il y en a qui l’intéressent (un visage, ou plusieurs : on n’en sait rien, il ne précise pas) et dont il se détourne – depuis toujours, dit-il, mais on n’est pas obligé de le croire. Non plus quand il dit qu’il est seul. Il l’est, certes, mais comme tout un chacun. Ni plus ni moins. Plutôt moins, à tout prendre – à prendre les chats, les girafes, les grenouilles, les visages, et toutes ces phrases, tous ces livres qui l’accompagnent et qui viennent se glisser dans ses phrases à lui, dont il dirait sans doute qu’elles sont aussi bien de tous. Il dirait aussi qu’un livre, c’est comme le reste, et plus encore : chacun y voit, y trouve ce qu’il veut. Ça dépend, oui, ça dépend. Lui, il y a mis des animaux, des visages, des couloirs, des tunnels, des lieux, des livres, des morceaux de phrases et d’images qui ne sont pas plus à lui qu’à n’importe qui : on a beau être seul, on est accompagné.

Extrait

On a tout intérêt à aimer quelqu’un.
Parce que vivre seul rend fou.
Que vivre avec quelqu’un qu’on n’aime pas est impossible, que ne pas vivre avec quelqu’un qu’on aime est insupportable.
En tout cas, à un certain moment, c’est insupportable, et il faut se précipiter sur ce moment, sur cet insupportable, il faut en profiter ; ensuite vient un autre moment où ce n’est plus insupportable : on vit seul, on aime quelqu’un, oui, mais on préfère vivre seul, on dit qu’on préfère vivre seul, ou on préfère vraiment, c’est possible. Grave erreur : vivre seul rend fou.
Pas pour ce qui vient d’abord à l’esprit : parce qu’on ne fait d’efforts pour personne, parce qu’on se laisse glisser, pourquoi se lever, pourquoi manger, comment manger, se lever, etc. Tout au contraire : parce que seul, on ne cesse de faire des efforts – pour manger, se lever, entre autres choses. Vivre seul rend fou parce qu’on n’arrête pas.

Revue de presse

Transfuge, juin 2013, par Sophie Pujas

Une voix livre ses pensées éparses. La prison, l’hôpital : pour le narrateur de Par-dessus le toit, deux faces d’une même métaphore de l’inconfort existentiel. Ces éclats de pensée ne composent pas précisément une histoire, mais son fantôme, ses miettes.

Non sans humour, Françoise Asso déploie une phrase qui avance à coups de volutes poétiques et... Lire la suite

L’Unità, 27 juin 2013, par Chiara Valerio (traduit de l’italien)

« Car ce qui importe, ce n’est pas qu’il arrive quelque chose, mais qu’il arrive quelque chose de différent. » Par-dessus le toit de Françoise Asso est un roman qui parle d’une voix, laquelle raconte pourquoi on ne devrait jamais vivre seul et donc pourquoi il est préférable d’aimer quelqu’un. La voix qui parle ne raconte pas sa vie,... Lire la suite