passion_de_famille
Passion de famille

Terra d’altri

Roman. Traduit par Carole Walter

192 p.

16,03 €

ISBN : 978-2-86432-258-0

Parution : février 1997

Francesca et Maria, deux jeunes princesses napolitaines, descendantes d’un croisé, rentrent du théâtre. Dans le palais familial qu’ont vidé les créanciers, le prince, grand séducteur, et la princesse mère jouent une dernière partie de cartes. À Naples, on sait que le prince a perdu l’un après l’autre tous ses biens à une table de chemin de fer. Seules ses filles l’ignoraient encore. C’est ainsi qu’apparaissent dans leur histoire les deux maux récurrents des femmes de la famille : le jeu et le goût immodéré des amours malheureuses.

Francesca et Maria, suivies au fil des années par leurs dix filles et leurs nombreuses petites-filles, exprimeront, à travers ces deux vices, une conception de l’existence et du rapport aux hommes à la fois grotesque et haute en couleur, dérisoire et tragique. Jouer, principalement au poker, et se sacrifier – du moins en apparence – pour des hommes ternes ou volages, telle sera leur raison de vivre. Libres dans leur déveine, elles régneront sur une dynastie de femmes qui combattra le sort par la fantaisie et par les cartes.

Avec ce second roman, Cristina Comencini, qui poursuit son exploration de la famille – refuge et piège –, réinvente de façon subtile la comédie napolitaine.

Extrait

Quand il dormait, elle cousait en cachette la robe de mariée qu’elle mettrait le jour de ses funérailles. Le soir, elle se glissait nue dans son lit : ils dormaient enlacés comme deux époux en voyage de noces. Le corps maigre de Francesco glissait entre ses mains comme le plus précieux des biens. Francesco la caressait, se laissait faire. Ce fut elle qui l’aima durant ces quarante jours ; Francesca découvrit le plaisir de l’initiative, des stratégies amoureuses pour réveiller le désir de Francesco, éteint par la maladie. Si seulement elle s’était battue pour cet amour raté !

Francesca comprit pendant ces quarante jours qu’aimer est beaucoup plus passionnant que d’être aimée.

Ils se racontèrent leur vie des dizaines de fois. Dans la pièce où n’entrait que la femme de chambre, le matin, pour le ménage, ils revécurent les voyages, les trahisons, les naissances, les maisons, les amitiés perdues, les raccommodements. Pendant ces quarante jours la mort fut laissée à la porte avec tous les membres de la famille légitime et illégitime.

Revue de presse

Elle, 24 février 1997, par Fabrice Gaignault

C’est un tourbillon de vies humiliées, brisées, éreintées, qui secoue les branches de l’arbre généalogique d’une grande famille napolitaine où les femmes tiennent les premiers rôles et s’accrochent ferme à ce radeau de la Méduse des sentiments. Cristina Comencini parle de sa famille avec la cocasserie mordante, la cruauté jubilatoire de ces petites comédies dont... Lire la suite

Lire, mars 1997, par Catherine Argand

La princesse sicilienne

« Elle te hachera menu, Francesco, si tu continues à faire semblant d’être gentil. Les femmes de notre famille doivent rester seules avec leurs enfants. Je les ai mal élevées, comme toutes les mères, je leur ai appris à faire des enfants, à les aimer plus que tout au monde, à jouer aux... Lire la suite

Marie-Claire, avril 1997

Princesses en goguette

Avez-vous en tête les romans baroques de l’Américaine Joyce Carol Oates, où la féminité est à son comble ? Quand on lit l’italienne Cristina Comencini (fille du cinéaste), on a l’impression qu’elles sont cousines, sinon sœurs. Au début des années trente, une princesse napolitaine mère de deux filles se retrouve ruinée, quasiment à... Lire la suite