Collection jaune

144 p.

14,70 €

ISBN : 978-2-86432-654-0

Parution : août 2011

Après un désastre, dans un entre-deux-mondes inquiétant, une famille réfugiée dans une villa de la banlieue lyonnaise vit coupée du monde extérieur. Alors que le système de défense qui les protège faiblit et que les ressources en vivres diminuent, ils tentent de maintenir un semblant de quotidien.
C’est la voix de Solène, petite fille étrange, imaginative et sensible qui mène la narration. L’enfant est douée du pouvoir de lire dans la pensée de ses proches avec qui elle est liée par une grande tendresse et dont elle perçoit les inquiétudes, les secrets, les rêves ou les révoltes. Le jeu a une grande part dans son récit qui peut être lu comme une fable sur la langue, ses sortilèges merveilleux et ses revirements imprévisibles.

 

Cet ouvrage a reçu le Prix Charles-Brisset 2012, ainsi que la Mention spéciale du jury du Prix Wepler-Fondation La Poste 2011.

Extrait

Le soleil n’en finit pas de décliner. Un vent terrible s’est levé. Les volets claquent. Depuis le salon où je suis assise, j’entends une plainte et un bruit de verre brisé. Le vent s’apaise un instant puis revient en rafales, gémit, rugit contre les portes, se faufile dans la maison, assourdissant, plein de mots concassés.
Je ne comprends rien à ces langues délabrées, à ces murmures de foules; ce ne sont pas de vraies phrases mais des rires gras entremêlés de râles; ou bien des coups sourds infiniment répétés, des gémissements suivis d’applaudissements, des pas cadencés, des cris rauques. Les vibrations traversent ma chair, vibrent dans mon ventre et mon crâne. J’ai mal partout. J’ai envie de vomir.
Le vent jette sur nous des paquets de mots froids. Ils nous tombent dessus, nous giflent, nous assomment! Les débris de mots s’écrasent par terre de façon répugnante, effilochés, trempés de bouillie grise… Je n’ose faire un geste. Je suis accroupie dans un coin du salon et protège ma tête avec mes bras. Mes frères, à l’étage, poussent des cris de peur ou de colère; mes parents lancent des consignes incompréhensibles. J’ai froid, je grelotte.
La tempête soulève des tourbillons de paroles déchiquetées, les jette contre les murs, les rattrape et les jette à nouveau. Toutes ces phrases éperdues traînent derrière elles des plaques d’ombres qui cherchent à se fixer ça et là. Je ferme les yeux pour ne pas les voir ramper sur le plancher.
Vent et poussières de mots crevores s’insinuent partout, jusque dans les fentes des murs et des parquets. Je rampe vers l’escalier, grimpe à toute vitesse, sans me retourner. Je vois Ludo accroupi sur le palier. « Vite! Vite! Regarde! », me dit-il.

 

Revue de presse

La Lettre de psychiatrie française, juin 2012

Prix Charles Brisset 2012

« J’ai vu en rêve une horde de mots qui se perdaient dans l’air et revenaient en lambeaux… je voudrais tellement les ramasser, en faire quelques bouquets avant que le silence n’avale tout et ne s’avale lui-même ». Les membres du jury réunis à l’Académie nationale de médecine le 11 mai 2012, ont... Lire la suite

Madame Figaro, 27 janvier 2012, par Alexis Brocas

Ça ferait un bon film !

On aime le roman. On adorerait le film…

La bande-annonce. Un monde ravagé par un cataclysme. Un domaine protégé par une bulle magnétique à l’efficacité déclinante, où survit ce qui est peut-être la dernière famille. Celle-ci compte une petite fille, Solène, capable de lire dans les esprits. Pressentant la chute... Lire la suite

Les Inrockuptibles, 14 décembre 2011, par Emily Barnett

Folle enfant

Dans la banlieue lyonnaise, une petite fille voit arriver la fin du monde. Entre sci-fi et chant poétique sublime, François Dominique signe un récit fascinant de singularité.

Il dit avoir longtemps été importuné par cette voix d’enfant. François Dominique est l’un de ces auteurs qui gagnerait, comme on dit, à être connu.... Lire la suite

L’Express Styles, 7 décembre 2011, par Baptiste Liger

Le « post-nuke » à la française

Les Anglo-Saxons n’ont pas le monopole de l’anticipation. On prendra pour exemple l’un de ses dérivés, le « post-nuke » – comprenez « postnucléaire » –, avec toutes ses histoires de survivants à l’hécatombe atomique. Par extension de sens, le terme touche désormais tous les récits postapocalyptiques et, dans la lignée de La Route, de Cormac McCarthy, plusieurs écrivains... Lire la suite

Le Magazine littéraire, décembre 2011, par Alexis Brocas

Les mots de la fin

Le roman de science-fiction, où sont conçues les inventions techniques du futur, est aussi parfois le lieu où se déploient les expérimentations littéraires du présent. Le genre ayant gardé de ses origines populaires la nécessité d’une intrigue, ces expérimentations soutiennent la narration c’est le cas dansLa Route de McCarthy ou dans Chroniques... Lire la suite

Libération, 24 novembre 2011, par Claire Devarrieux

Ne la secouez pas, elle est pleine de mots. Elle lit dans les pensées d’autrui. Elle s’adresse au lecteur comme on jette des bouteilles virtuelles à la mer. Solène et sa famille (trois frères, un père médecin, une mère qui veille) vivent en autarcie dans une propriété baptisée Les Lisières. Ils vivent au bord du... Lire la suite

Le Figaro littéraire, 10 novembre 2011, par Yann Moix

Un Ponge de l’ère technologique

Je me méfie toujours des romans qui, en exergue, citent Louis-René des Forêts. C’est généralement un mauvais présage. Mais, dès la première ligne de la première page, Solène, de François Dominique, emporte la mise : « Il fait chaud, les cigales grincent. » Les cigales qui grincent, je sais que nous sommes dans la littérature.... Lire la suite

Olé !, 2 novembre 2011, par Daniel Bégard

Si l’on a connu François Dominique en éditeur rigoureux, en essayiste se confrontant à la perversion du négationnisme, ou en auteur d’un récit (Aséroé), interrogeant ce qui lie au plus profond l’écrivant et les mécanismes de l’écriture, on sera surpris de le voir nous revenir sous la voix d’apparence fragile de Solène, une adolescente jetée dans un... Lire la suite

Grazia, 21 octobre 2011, par Emily Barnett

L’apocalypse vue par une petite fille

« Désastre », « exode », « ruines »… Voilà de bien gros mots dans la bouche d’une petite fille. Solène, gamine bavarde et douée du pouvoir de lire dans les pensées des autres, a grandi dans un monde rongé par un mystérieux fléau. Avec ses parents et ses frères, elle survit dans une villa... Lire la suite

Le Bien public, 16 octobre 2011, par J. Remy

L’air de rien

Le chant d’un monde qui s’écroule. Qu’une lèpre grise effrite, transforme. Une enfant chante, et joue. Brikebram bracam abraxas ! Ne criez pas trop fort, Solène veille.

Un texte un peu mélancolique, où les mots chantent un monde éteint. Un texte qui commence comme un bon livre de science-fiction et termine en... Lire la suite

Mediapart, 14 octobre 2011

Trois livres pour trois futurs sans avenir

Ils sont trois à écrire sur un futur immédiat et très sombre. Loin de la science-fiction, plus proches de la rêverie éveillée, du pas de côté. Avec, pour deux d’entre eux, un désespoir générationnel, et le « vieux » comme prédateur… Anne Maro, Antoni Casas Ros et François Dominique :... Lire la suite

Le Matricule des anges, octobre 2011, par Jérôme Goude

Ombres assassines

Récit d’anticipation, Solène du poète et romancier François Dominique exhume les paroles incrustées d’une enfant dont le monde se désagrège.

Quelque part au-dessus des ruines de Lyon, dans un avenir indéterminé, une voix s’élève qui dévide le fil de pensées vagabondes. Entre émerveillements, rêves et frayeurs. Une petite fille singulière, dont le prénom, Solène,... Lire la suite

Service littéraire, octobre 2011, par Bernard Morlino

Façon Jean Giono

Un grand poème en prose avec des phrases qui vrillent le cœur.

Pas du tout facile à faire, François Dominique a écrit un livre en se mettant dans la peau d’une petite fille qui a le pouvoir de lire dans la pensée de ses proches. L’ensemble est fait de phrases courtes... Lire la suite

Le Monde, 9 septembre 2011, par Monique Pétillon

La beauté d’après le désastre

Poète et romancier, fondateur, avec Jean-Michel Rabaté, des éditions Ulysse fin de siècle, François Dominique publie aujourd’hui Solène, un récit sombre et cristallin. « Si vous m’entendez, c’est que je serai morte depuis longtemps. » Cette voix étrange qui nous interpelle est celle de Solène, une fillette qui a le pouvoir d’entrer dans les... Lire la suite

La Quinzaine des libraires, septembre 2011, par Karine Henry, Librairie Comme un roman (Paris 3e)

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Blog de la Librairie Ombres Blanches (Toulouse), 28 août 2011, par Christian Thorel

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Télérama, 17 août 2011, par Christine Ferniot

Quelque chose s’est produit récemment : un désastre, un fléau. Pourtant, Solène, ses parents et ses frères veulent préserver la famille en dépit de tout. Réunis dans une maison de la banlieue lyonnaise entourée d’un vaste jardin, ils sont encore protégés par une bulle magnétique qui éloigne les bêtes féroces, les Ravagés et les Blafards. Certains... Lire la suite

Librairie Vaux-livres, juin 2011

Une famille de six personnes (deux adultes, deux ados et deux jeunes enfants) après un désastre et un exode, vit réfugiée et isolée dans une maison, loin du monde extérieur où les dangers divers et variés sont de tous les instants et interdisent toute incursion, les ombres vous avalent, les Ravagés vous mangent. Ils vivent... Lire la suite

Radio et télévision

« La Grande Table », par Caroline Broué, France Culture, lundi 2 juillet 2012 à 12h50

« Ça balance à Paris », par Éric Naulleau, Paris Première, samedi 26 novembre 2011 à 18h

« Du jour au lendemain », par Alain Veinstein, France Culture, lundi 26 septembre 2011 de minuit à 0h35

« Microfictions », par Ali Rebeihi, France Inter, vendredi 26 août 2011 de 11h à 12h