un_des_malheurs
Un des malheurs

Collection jaune

224 p.

15,22 €

ISBN : 978-2-86432-381-5

Parution : janvier 2003

Quelques voix dans une ville assiégée.
D’autres, à l’extérieur, menaçantes.
Puis le chaos qui recouvre peu à peu chaque chose. Et, pendant de longs mois, des ombres qui tentent de résister et de survivre. D’autres, tout autour, sur les collines, occupées patiemment à faire, en bas, le vide – à nettoyer.
Un des malheurs : la guerre, celle qui ressuscite brutalement de vieilles histoires de terre, de terre d’ancêtres, pour déchaîner sa jubilation morbide.

 

La force d’évocation de ce récit tient toute dans le refus de l’émotion et, surtout, dans l’originalité de la langue qui porte cet univers halluciné.

Extrait

Quelques obus, réguliers, pour en faire sortir d’autres, pour faire progresser la panique. Choisir des cibles, des endroits stratégiques et bombarder, encore et encore. Là où se fait la vie, là où rien ne peut empêcher, points d’eau, marché, hôpital, écoles. Faire que, malgré tout, le quotidien reprenne et que, vaille que vaille, ceux de Restonica sortent, s’en aillent à travers rues. Bombardez, bombardez, avait dit Brûlé, jusqu’à les rendre fous, et, désormais, fous ils étaient, inconscients, bien décidés semblait-il à se faire liquider et désormais, c’était bien de cela qu’il s’agissait, nettoyer, supprimer, liquider, chacun des habitants de Restonica, faire qu’ils s’en aillent, qu’ils disparaissent, et que, sur leurs ruines, autre ville renaisse, ville d’avant, ville d’avenir, sous nos mains ressuscitée. Plus question d’effrayer, de faire comprendre, rendre vie difficile. Les obus, les mortiers pour la chair, les balles des fusils pour les jambes, les ventres et les visages. Pour les hommes égarés. Pour les femmes bras chargés. Pour les enfants inconscients, mal élevés, jouant à tous vents sans s’occuper de rien.

Revue de presse

L’Indépendant, 19 janvier 2003, par Serge Bonnery

Les visages du malheur dans une Bosnie déshumanisée

Huis clos dans une ville assiégée sur laquelle pleuvent les bombes. Selon que l’on est à l’extérieur ou dedans, la perception change. Emmanuel Darley dit le malheur des gens de Sarajevo et dresse le procès du cynisme et de l’indifférence.

Dans le roman qu’Emmauel Darley, écrivain... Lire la suite

La Marseillaise, 12 février 2003, par Claudine Galéa

Cette guerre est la nôtre

Une guerre ordinaire dévaste un pays ordinaire. Des gens ordinaires massacrent, d’autres sont massacrés. Entre dedans et dehors, la frontière est une cloison de papier. Terrible.

L’histoire que raconte Emmanuel Darley n’est pas la restitution d’une tragédie par la voix du documentaire, ce n’est pas non plus une fiction... Lire la suite

Le Monde, 28 février 2003, par Patrick Kéchichian

Les guerres au singulier-pluriel

Emmanuel Darley, en donnant pour titre à son livre Un des malheurs, a voulu situer son propos et sa méditation à ce croisement où le singulier devient exemplaire, où le pluriel n’est que l’addition de chaque misère, en tel lieu, à tel moment. Restonica, « une petite ville au creux d’un vallon », c’est... Lire la suite

Libération, 27 mars 2003, par Jean-Baptiste Harang

Restonica delenda est

Intra et extra-muros, le malheur hébété d’une ville assiégée presque imaginaire.

Ce livre n’est pas un texte de circonstances, même si les circonstances semblent le convoquer comme témoin de moralité, ou plutôt d’amoralité au tribunal de l’histoire : la guerre est Un des malheurs, un autre est la honte qu’on a d’appartenir à cette... Lire la suite

Le Magazine littéraire, mai 2003, par Valérie Marin La Meslée

Ce récit d’une guerre emblématique fait écho au monde tel qu’il est mais comme l’information ne peut le dire, ou le tait. Il donne la parole à tous ceux qui ont vécu, vivent et vivront les folies destructrices animées de mirages de reconstruction. La chronique en forme de fable d’Emmanuel Darley (auteur d’Un gâchis) se... Lire la suite

Radio et télévision

« Le Livre du jour », France Culture, 6 janvier 2003

« Les Livres ont la parole », par Bernard Lehut, RTL, 23 février 2003

« Du jour au lendemain », par Alain Veinstein, France Culture, 26 février 2003

« Tout arrive », France Culture, 3 mars 2003

« Le 13/14 », France Inter, 3 mars 2003

« Droit d’Auteurs », par Frédéric Ferney, France 5, 30 mars 2003