Un gâchis

Collection jaune

96 p.

10,14 €

ISBN : 978-2-86432-254-2

Parution : janvier 1997

Je suis sorti du village en prenant le chemin du lavoir, progressant d’abord dans l’obscurité, puis peu à peu, le jour venant, en dépassant le stade et en franchissant la voie ferrée près du silo, j’ai commencé à distinguer les alentours, dans la lumière laiteuse de l’aube. J’ai suivi les rails, j’ai avancé vers la ville, et avant la rivière, avant le pont de bois, j’ai regardé derrière moi, le village sur la colline, l’église le coiffant, les maisons autour et le château d’eau tout au fond, sur la ligne d’horizon. Je m’en allais, je prenais le chemin de l’ouest, le chemin de la mer.

Revue de presse

Télérama, 5 mars 1997, par Michèle Gazier

Ce deuxième livre d’Emmanuel Darley est obsédant, lancinant comme une musique qui résonne dès les premières lignes. Puis, il nous emporte au-delà du malheur, de l’horreur, dans l’univers d’un homme qui voulait voir la mer. Qui voulait voir sa mère…

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Libération, 16 janvier 1997, par Jean-Baptiste Harang

Il faut lire Un gâchis en n’en sachant rien, le lire les yeux écarquillés, l’entendre même les oreilles fébriles, incrédule et compassé, comme on reçoit les confidences d’un inconnu qu’on ne pourra pas interrompre. Et si vraiment on préfère savoir ce qu’on lit, puisque le texte est court, on le lira deux fois, la première innocemment, il... Lire la suite

Notes bibliographiques, mars 1997

Ce livre s’apparente à un conte de fées mais il s’agit d’une mauvaise fée et le conte se termine tragiquement car des pulsions de violence le traversent irrésistiblement. C’est un beau récit mais désespéré.

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Le Nouvel Observateur, mars 1997, par Didier Jacob

Un hymne à l’humanité qui souffre. Cris et pleurs, beauté du monde.

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Les Inrockuptibles, janvier 1997, par Bertrand Leclair

Il s’en dégage une puissance rare qui jaillit tout entière de la langue, comme d’un long poème en prose au glissement musical, avec des refrains, des retours de gammes où dominent les bémols fugaces, des arpèges subitement renversés qui vous lèvent le cœur ; travaillée jusqu’à la plus extrême simplicité, la phrase s’arrache à la plate... Lire la suite

La Quinzaine littéraire, février 1997, par Tiphaine Samoyault

Deux litanies, deux itinéraires opposés traversent le texte dans tous les sens : celle du « Je me souviens de tout » parcourt la mémoire immémoriale par strates circulaires, confond les animaux et les êtres, le silence avec l’indétermination, la perte d’identité, la non-parole. Celle, inverse du « je ne m’aimais pas » soustend l’itinéraire linéaire de l’errance, le voyage,... Lire la suite

Le Monde, 28 février 1997, Patrick Kéchichian

Déjà dans son précédent roman, Emmanuel Darley avait fait le vide, expulsé intrigue, anecdotes et explications, au profit d’une parole qui avance, comme chez Beckett, éclairée de la seule lumière qu’elle produit elle-même. Dans Un gâchis, c’est aussi ce fragile filet de lumière qui permet de deviner l’espace où parle le narrateur – un monde avec ses objets, ses... Lire la suite

Le Canard enchaîné, 29 janvier 1997, par André Rollin

Une errance où les arbres s’élèvent comme des sexes, où l’enfance est surtout une machine que l’on construit dans le grenier. Une machine avec du bois et du fer. Elle peut ressembler à une guillotine.

Ce texte court, rugueux, a quelque chose d’incantatoire : il se lit, se relit ; comme avec la mer qui vient et... Lire la suite

Le Magazine littéraire, mars 1997, Valérie Marin La Meslée

Pour dire la solitude et l’abandon du mal-aimé, Emmanuel Darley s’installe à la lisière du licite, sur une frontière dangereuse entre crime et innocence, que son personnage, nimbé de naïveté, n’a pas conscience de franchir. Son livre a la couleur d’une chair d’enfant, sa transparence, sa douceur, son inquiétante fragilité. Les mouvements de sa prose... Lire la suite

Le Nouvel Économiste, 17 janvier 1997

Une majestueuse traversée des jours et des campagnes contée par un homme que sa différence, jamais nommée, condamne à toujours rire, quand la douleur l’amène, au bout du compte, à un étrange sacrifice…

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Radio et télévision