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  Cahiers d’études lévinassiennes

 

  Revue annuelle fondée par Benny Lévy, avec la collaboration d'Alain Finkielkraut et Bernard-Henri Lévy

Résumé

« Il y a peut-être une ouverture dans mon histoire, mais tout ce qui doit être trouvé là n’a pas encore été mis en valeur, il faut se méfier souvent des gens qui répètent ce qu’on leur ouvre, qui n’entrent pas là où l’ouverture doit se faire1.  »
Oui, cette ouverture seule permet l’imprévu des rencontres – celle, par exemple, qui a donné lieu à la fondation de l’Institut d’Études Lévinassiennes. Jamais Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy et moi-même, si différents, n’aurions pu nous allier dans la répétition ; nous n’étions pas – plus –, chacun à sa manière, devant le texte de Lévinas, fascinés mais reconnaissants. Condition de la fécondité. La phénoménologie – qui fut l’histoire de la pensée –, Lévinas, son judaïsme, conduisent simplement à l’ouverture… d’où il faut penser.
Il n’est pas étonnant que la décision qui « fera ouvrir nos livres fermés et nos yeux2 » se prenne d’abord à Jérusalem.

Benny Lévy

1. Propos de Lévinas, in François Poirié, Emmanuel Lévinas, La Manufacture, 1987 ; Actes Sud, « Babel », 1996.
2. E. Lévinas, L’Au-delà du verset, éditions de Minuit, 1982.



Site de l’Institut d’études lévinassiennes

http://www.levinas.fr/



N°9 – Philosopher ?

ISBN : 978-2-86432-610-8, 466 pages, 28 €

Sommaire sur le site de l’Institut d’études lévinassiennes

Revue de presse

   Le Monde, samedi 6 novembre 2010
   Philosopher sans céder à la facilité
   par Nicolas Weill

   Rares sont les entreprises intellectuelles qui survivent à la disparition de leur fondateur et à l’éloignement de leurs « bienfaiteurs ». Tel est pourtant le cas des Cahiers d’études lévinassiennes et de l’Institut du même nom, tous deux fondés par Benny Lévy, mort en 2003, avec Bernard-Henri Lévy et Alain Finkielkraut en 2000 (2002 pour la revue) pour étudier et actualiser l’œuvre du philosophe Emmanuel Levinas (1906-1995), l’un des introducteurs en France de la phénoménologie et penseur de l’« altérité ». Irrité par quelques relations entretenues par l’Institut avec Alain Badiou, Alain Finkielkraut a récemment creusé la distance avec le groupe dont Benny Lévy reste la figure emblématique, le témoin de l’aventure spirituelle et originale qu’a vécue une partie de la génération de mai 68, transposant son énergie subversive des usines ou de la rue au travail de la pensée.
   L’ancien « mao », secrétaire de Jean-Paul Sartre, passé de la Gauche prolétarienne à l’étude du Talmud, entendait aussi faire traduire en hébreu les œuvres d’Emmanuel Levinas, à ses yeux trop méconnu en Israël. Cette publication annuelle où, du coup, le français se mêle à quelques pages en « lettres carrées » (en hébreu) devait être le vecteur de ce passage. Mais les lancinantes querelles qui opposent les héritiers de Levinas ont contraint les Cahiers à se diversifier non sans conserver la tension entre philosophie et judaïsme – fil rouge de l’entreprise.
   Le cap se maintient malgré ce contexte compliqué. Dirigé désormais par le fils de Benny Lévy, René Lévy, l’Institut d’études lévinassiennes est désormais presque exclusivement parisien. René Lévy est l’auteur d’une somme remarquée sur l’œuvre du philosophe juif du Moyen Âge Maïmonide (La Divine Insouciance, Verdier, 2009) – autre élément important de cette constellation. La revue a été confiée au philosophe Gilles Hanus. Les ventes sont modestes : quelque 500 exemplaires. Mais sa diffusion se veut internationale.
   Les Cahiers scrutent le réel avec exigence, voire aridité, à mille lieues de toute « philo facile ». La première partie de cette nouvelle livraison est consacrée à une réflexion sur le sens du terme « philosopher ». Un texte de Paul Audi ouvre le dossier en s’interrogeant, non sans humour, sur « un supposé "air de famille" » propre à définir la philosophie contemporaine « à la française », qu’il situe, pour sa part, dans la proximité à la littérature et une tradition de « relativisation du moi ». Le germaniste Jean-Luc Evard, lui, place l’essentiel du « philosopher » dans le refus de la pensée du système et dans la ruine de « toute idée d’un ordre un ». Gilles Moutot retrouve des proximités entre l’Allemand Adorno et le Français Levinas, dans une critique commune de la grande figure qui obsède la philosophie française depuis soixante ans, celle d’Heidegger.
   Plus proche des controverses d’aujourd’hui, une étude de Corine Pelluchon replace l’actualité de la démarche lévinassienne dans le cadre des réflexions sur l’éthique médicale, dès lors qu’on conçoit cette démarche comme habitée par le souci d’autrui, mais aussi par celui de la « vulnérabilité » du prochain.

Le dernier article (en anglais), de Yang Dachun, professeur de philosophie à l’université de Zhejiang (Chine), signale une vague d’intérêt pour l’œuvre de Levinas, partiellement traduit depuis 1987, dans les universités chinoises. L’autre face de l’après-maoïsme.


N°8 – Lévinas / Rosenzweig


N°7 – Le mal


N°6 – L’universel


N°5 – Lévinas-Sartre


Hors série – Benny Lévy


N°4 – Messianisme


N° 3 – Pensée du Retour


N° 2 – Le monothéisme


N° 1 – Lévinas, le temps