avec_les_moines_soldats
Avec les moines-soldats

Chaoïd

Entrevoûtes

256 p.

13,70 €

ISBN : 978-2-86432-537-6

Parution : mai 2008

Dans les villes-fantômes où se déroulent leurs aventures, Schwahn, Brown et Monge ne sont pas des héros exemplaires. Ils ne croient à rien, ils obéissent à leur hiérarchie avec réticence. Leurs exorcismes tournent mal, les missions qu’on leur a confiées ressemblent à la traversée d’un cauchemar. Un incendie se déchaîne à quelques mètres de Brown. Debout devant une porte d’où s’échappe une chaleur de four, Brown reste immobile. On lui a dit qu’une petite fille surgira des flammes, et qu’il devra lui communiquer quelque chose d’essentiel pour la survie de l’humanité.

 

Cet ouvrage a reçu le prix Andreï Biely 2015.

Extrait

Les deux jeunes ouvrières du textile sont en flammes. Elles ne sont plus vraiment ensemble. Linda Grimm a dû parcourir quelques mètres avant de s’effondrer vers l’avant. Natacha Woo s’est effondrée sur les genoux, et, apparemment, elle ne se débat pas. Ce sont des formes qui flambent. À l’arrière-plan, on voit Monge et Yasmina Fuchs qui tiennent leurs pancartes et ne bougent pas. Les trois photographies ont été prises à quelques secondes d’intervalle et elles présentent peu de différences. Les deux filles brûlent sur la plateforme, transformées en torches mais sans doute déjà inconscientes. Le photographe s’est placé sur le quai depuis lequel Monge et la veuve Fuchs assistent à l’immolation. On voit, en gros, ce que voient les deux kovarskistes : deux corps embrasés qui flambent sur un quai désert, et, au-delà, le convoi militaire avec ses banderoles et les soldats qui contemplent la scène, horrifiés. Sur ce portrait, le photographe a réussi à saisir de près Monge et Yasmina Fuchs. Dans la partie inférieure de la photographie, on voit le début des pancartes qu’ils serrent contre leur ventre, mais les inscriptions ne sont pas lisibles. Le cliché se concentre sur le visage des deux kovarskistes. Ils ont l’air épuisé, ils ouvrent la bouche, leurs yeux sont avides. Ils ne pleurent pas. Aucune larme ne coule sur leurs joues très pâles. On dirait qu’ils prononcent quelque chose, sans doute des slogans kovarskistes ou des invectives.

Seuls ceux que j’aime, seuls ceux que j’aime, écoutez !

Revue de presse

Politis, 10 juillet 2008, par Christophe Kantcheff

L’obsession de la fin

Sous la plume de Lutz Bassmann, Antoine Volodine publie deux livres, Haïkus de prison et Avec les moines‑soldats, où se déploie, dans un monde en déréliction, une force poétique hallucinante.

Pour le lecteur d’Antoine Volodine, Lutz Bassmann est un nom qui résonne. Il l’a rencontré ça et là dans quelques... Lire la suite

Télérama, 2 juillet 2008, par Nathalie Crom

Mais qui est Lutz Bassmann ?

Artisan depuis plus de vingt ans d’une œuvre littéraire remarquable (Des anges mineurs, Dondog, Songe de Mevlido…, édités au Seuil) et d’une singularité exceptionnelle, jamais Antoine Volodine ne s’est considéré pourtant avec solennité, comme un écrivain solitaire, un anachorète. Il se définit comme un scribe plutôt, un simple porte-parole... Lire la suite

La Quinzaine littéraire, 16 juin 2008, par Hugo Pradelle

L’entreprise post-exotique

Entre forme nouvelle et approfondissement, similitudes et dissemblances, deux textes qui incarnent les ruminations et les enjeux du « post-exotisme ».

Les deux livres qui paraissent aux éditions Verdier, dans la jeune collection « Chaoïd », possèdent toutes les qualités pour intriguer, pour faire parler de soi, organiser une sorte de mystère, engendrer la curiosité. L’étrangeté... Lire la suite

Le Magazine littéraire, juin 2008, par Jean-Baptiste Harang

Le porte-voix de Volodine

Il est rare que l’on se vante d’écrire les livres des autres, et c’est alors pour de mauvaises raisons. Jusqu’ici les voix du post-exotisme, comme celles de Dieu et du diable, semblaient impénétrables, et voilà qu’une nouvelle voix se lève, enfle et gronde sur deux livres impeccables, sonores, bouleversants et familiers... Lire la suite

Libération, 22 mai 2008, par Jean-Didier Wagneur

Fiat Lutz

Le nom de Lutz Bassmann n’est pas inconnu aux lecteurs des romans d’Antoine Volodine. Il a été le protagoniste du Post-exotisme en dix leçons, leçon onze (1998) et on a pu le croiser dans Des anges mineurs (1999). Incarcéré dans un quartier de haute sécurité, Lutz Bassmann est l’un des reclus exemplaires de... Lire la suite

L’Humanité, 15 mai 2008, par Alain Nicolas

Fécondité du désastre

Après quarante livres, Volodine s’efface devant une autre voix de l’univers marginal et subversif qu’il a créé.

« Les noms ou les surnoms sont des manières commodes d’étiqueter les gens, mais ils ne signifient pas grand-chose. Il n’y a pratiquement rien derrière. » Celui qui parle ainsi, dans Avec les moines-soldats, a... Lire la suite

Le Temps, 10 mai 2008, par Isabelle Rüf

Vous qui aimez Volodine, écoutez !

Dans les romans d’Antoine Volodine, Lutz Bassmann apparaît comme le porte-parole d’écrivains en prison. Il signe deux livres.

Pour ceux qui fréquentent l’œuvre d’Antoine Volodine, Lutz Bassmann n’est pas un inconnu. Dans Le Post-exotisme en dix leçons, leçon onze (Gallimard, 1998), il est le porte-parole d’une cohorte d’écrivains,... Lire la suite

Technikart, 1er mai 2008, par Emilie Colombani

Mad Max » revu par Lutz Bassmann, un auteur qui n’existe pas. Barge et bon.

Le « post-exotisme » n’est pas une nouvelle tendance des agences de voyages. Dans le sillage de son œuvre, l’écrivain Antoine Volodine a en effet « fondé » ce drôle de courant littéraire, dont on parierait notre pige qu’il est de bout en bout... Lire la suite

Chronic’Art, mai 2008, par Romaric Sangars

Lutz Bassmann est un hétéronyme d’Antoine Volodine, déjà apparu comme personnage et narrateur dans ses précédents livres. Bassmann n’incarne donc pas une nouvelle démarche esthétique pour Volodine au contraire, cette signature n’est pour lui qu’une prolongation du dispositif post-exotique déjà en place, celui d’une littérature marginale, collective, cryptée, qui se déploie à travers de nombreux... Lire la suite

Le Matricule des anges, mai 2008, par Étienne Leterrier

Voix à perpétuité

Verdier publie simultanément deux textes de Lutz Bassmann, nouvelle voix post-exotique. Chronique du temps à venir.

Tout, chez Lutz Bassmann commence par un lieu. De préférence un lieu condamné ou un lieu déserté. Rien de moins étonnant a priori : l’auteur, guerillero urbain, insurgé, « combattant et écrivain » est réputé d’après le... Lire la suite

La Liberté, 26 avril 2008, par Jacques Sterchi

Bons baisers du chaos

La prison comme métaphore d’un monde devenu rude, entouré de barbelés, où la promiscuité empêche la rêverie utopiste. Et pourtant c’est par la poésie qu’il faut communiquer. Lutz Bassmann (alias Antoine Volodine) expédie ses Haïkus de prison, variations chaotiques sur la solitude et la déréliction humaine. Simultanément est publié un récit... Lire la suite

Livres hebdo, le 19 avril 2008, par Jean-Maurice de Montremy

Antoine Volodine publie chez Verdier deux livres de Lutz Bassmann. Il se fait ici porte-parole des nouvelles « voix du post-exotisme ». Mais entend se mettre ensuite à l’écart de toute promotion, annonce-t-il dans cet entretien réalisé à dessein par courriel. Des affichettes dans la rue et de l’agit-prop sur la Toile feront le reste…

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Radio et télévision

« Jeux d’épreuves », par Joseph Macé-Scaron, France Culture, samedi 31 mai 2008 à 17h « Les mardis littéraires », par Pascale Casanova, France Culture, mardi 20 mai 2008 à 10h « Comme à la maison », par Dominique Jeuvrey, Orléans TV, mercredi 14 mai 2008 à 18h Chronique de Dominique Jeuvrey, Radio Campus Orléans, mercredi 7 mai 2008 à 19h