brossard_et_moi
Brossard et moi

Collection jaune

Roman

144 p.

15,01 €

ISBN : 978-2-86432-083-8

Parution : mars 1989

En toute simplicité, subrepticement, Pierre Dumayet nous restitue cette arche de Noé témoin d’un temps d’avant la loi, salut aussi d’une espèce humaine miraculée sans nécessité. Brossard et moitresse sensiblement pour notre plus grand plaisir une métaphysique ordinaire. Le récit baroque soliloque sur un mode impressionniste avec chacun en propre, mais par hasard. Écrit en creux, il nous convie au festin des restes.

Extrait

Nous ne sommes pas pires que les autres. Nous sommes pareils aux autres. C’est moi qui déparle. J’essaie de décrire ce que je vois comme si j’étais aveugle, pour l’entendre lire et ensuite l’imaginer. Je ne comprends rien directement. Quelqu’un, dans un livre, se demande ce qui se serait passé, si Dieu, au moment d’exiger la mort d’Isaac, avait oublié combien d’enfants avait Abraham. En se posant cette question, on comprend mieux l’idée du sacrifice. On passe du rire à l’angoisse. Mon intention est beaucoup plus humble. Je voudrais seulement saisir la paille qui n’est pas toujours dans l’acier. Tout ce qui annonce et justifie la mort, si vous préférez. À la bonne franquette, cela va de soi. La mort est à la portée de tout le monde. On croit ne s’en servir qu’une fois ; c’est discutable.

Revue de presse

Gai pied hebdo, 30 mars 1989, par Hugo Marsan

Et Dieu ?

Le livre de Pierre Dumayet est une énigme. Une énigme que je n’ai pas envie de résoudre. Autobiographie, mémoire fictive, dérive hallucinée, conte baroque… peu importe. Les mots, les phrases ont une intensité et une présence telles, que la vie s’y coule avec la volupté. Ce serait donc le roman d’une existence : soumise... Lire la suite

La Quinzaine littéraire, 1er avril 1989, par Marc Le Bot

La suite est aléatoire

J’aime les écrivains qui jouent avec les mots : ils aiment les mots et nous avons les mêmes amours ; en outre, c’est seulement comme ça qu’on a des « idées ». Car ce qu’on aime dans les mots, c’est qu’en eux seuls réside le pouvoir de questionner le sens de tout ça : de ce... Lire la suite

Télérama, 5 avril 1989, par Michèle Gazier

Pour Dumayet, écrire, c’est vivre, et vivre ce n’est pas s’asseoir dans un wagon de première classe, et attendre que le train s’ébranle et file droit sur des rails bien huilées. Vivre, c’est prendre des chemins buissonniers, des chemins de traverse. Se laisser surprendre, s’obliger à tracer soi-même sa route au bout de ses souliers.... Lire la suite

Libération, 6 avril 1989, par Jean-Baptiste Harang

La question n’est pas de savoir si ce livre est un roman. C’est trop tard, il est lu. Mais : à quoi pensent les fumeurs lorsqu’ils tirent sur leurs pipes ? On entend bien la voix de Dumayet, il écrit comme il parle, toujours un peu à côté de la phrase qui en dirait trop, mais qui... Lire la suite

Le Nouvel Observateur, 13 avril 1989, par Jean-Louis Ézine

Un texte inclassable, digressif et aléatoire, dont la tournure évoque la rêverie de quelque passager clandestin, attendant sans impatience le regard qui le débusquera.

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