C’est la vie

Collection jaune

Proses

112 p.

12,37 €

ISBN : 978-2-86432-256-6

Parution : février 1997

« Jamais ne s’habituer à rien, tel est l’aliment du feu intérieur que nous avons à charge de préserver et stimuler. »
Cet adage est le secret du distrait méthodique qu’est Gil Jouanard ; il s’applique pour notre plus grand plaisir à chaque instant de sa vie. Il se livre sans réserve, face à tout ce qui advient, à la célébration méditative et il n’est jusqu’à la tristesse qui ne lui dévoile son pouvoir fertilisant.
Tout ce qui s’offre du monde est sujet à étonnement, est sollicitation pour sortir de soi, se déplacer – et les lieux familiers ne sont pas moins propices que les voyages au dépaysement.
Ces brèves notations au quotidien mettent en œuvre un art de vivre, une façon de cultiver en soi une vision oblique, qui sont le véritable sel des jours.

Extrait

Sous l’effet de cette inflation d’expériences qui l’a nourrie et déformée, la vie d’un humain parvenu à l’âge adulte réagit spontanément à n’importe quoi, tout lui faisant penser à tout, chaque image en réveillant une autre, chaque pressentiment ressuscitant une intuition passée, chaque passant rappelant quelqu’un. C’est ainsi que chaque seconde de vacuité s’emplit instantanément d’une foule de gens et de choses dont la présence est d’autant plus prégnante qu’elle demeure invisible. Une multitude oppressante déteint sur tout ce qui se voit et tend progressivement à se laisser dissoudre. Rien ne peut durer dans sa réalité propre, aussitôt tiré vers un avenir tout encombré de passé. L’instant que je crois vivre n’est déjà plus que de la mémoire en suspens ; son existence véritable est différée jusqu’au moment de sa résurrection sous forme et statut de souvenir.

Gare de Lyon, le 8 juin 1994.

Revue de presse

La Quinzaine littéraire, 16 mai 1997, par Anne Thébaud

Il est des livres qui pourraient passer inaperçus tant ils parlent de tout et de rien, de la vie ordinaire, de choses infimes, bref du plaisir de vivre. Recueillir une émotion ou la beauté d’un paysage, capturer une scène prise sur le vif dans la rue ou saisir un instant de plénitude… Composé d’une succession... Lire la suite

Notes bibliographiques, juin 1997

Habité par le verbe qui donne une réalité concrète aux perceptions intimes, ce poète voyageur, plus que sa sensibilité, livre ses impressions. […] Gil Jouanard aiguise son acuité pour pénétrer et renouveler sans cesse son désir et ses sensations du monde : un square, une carte postale, un légume, un paysage, une région, une rencontre. Tout... Lire la suite

Créations, avril 1997

Gil Jouanard appartient à la famille de ces prosateurs raffinés qui délivrent la poésie de son carcan formel. D’un livre à l’autre, il fait jouer le prisme d’une langue délicate, habile à capter la lumière des lieux, la fugacité des impressions de voyage, à dresser des croquis, à fixer la partition du monde.

Lire la suite

Radio et télévision