La Confusion des temps

Philosophie

96 p.

10,14 €

ISBN : 978-2-86432-422-5

Parution : octobre 2004

Quel est le trait dominant de l’époque ? Benny Lévy répondait : la confusion. Le Meurtre du Pasteur avait, avec l’aide du Maharal de Prague, nommé la modernité « l’empire du Rien ».
Or le Rien produit des effets dans les différents ordres de la réalité : effets géopolitiques, effets de croyance, effets de lecture… Et nommer le Rien c’est déjà remettre de l’ordre dans les choses et les esprits.
Si l’on convient que la confusion ne peut advenir qu’à partir d’un texte, il s’agit donc avant tout de savoir lire. Le réel est révélation. La confusion est le brouillage de la révélation, l’effacement ou la négation des effets révélants.
De même que les hommes de la génération de la tour de Babel, en se révoltant contre le Dieu unique, conservaient, à leur insu, quelque chose du « projet » divin, de même la confusion ne modifie que l’ordre du texte. Elle laisse, finalement, ce dernier intact, offert à la sollicitation.
Réapprendre à lire : c’est peut-être ainsi qu’il faut résumer le sens profond de l’enseignement d’Emmanuel Lévinas. Benny Lévy – cela ne se sait pas assez – était un grand lecteur, adepte de la lecture « haute », qui consiste à tout donner au texte sans rien lui céder, à le repenser de l’intérieur et à remettre ainsi en mouvement ce qui s’y donne de façon figée. Ce n’est pas un hasard si son enseignement a été essentiellement oral. La parole vivante redonne vie au texte, remet en ordre en deçà de toute confusion.