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Le Théorème du Surmâle
Lacan selon Jarry

Philosophie

224 p.

16,23 €

ISBN : 978-2-86432-660-1

Parution : septembre 2011

« L’amour est un acte sans importance, puisqu’on peut le faire indéfiniment », tel est le théorème énoncé en ouverture du Surmâle, roman publié en 1902 et qualifié de « moderne » par son auteur, Alfred Jarry.
Pour Paul Audi, la vérification de la validité de ce théorème telle qu’elle s’accomplit dans le roman de Jarry éclaire d’un jour nouveau la fameuse thèse de Jacques Lacan selon laquelle « l’amour supplée » au fait qu’« il n’y a pas de rapport sexuel ».
Car, en imaginant un « sur-mâle » capable de faire l’amour plus de quatre-vingts fois d’affilée avec une même femme et en se demandant par là si l’acte sexuel, quand il s’avère voué à la répétition, ne fait pas de l’amour quelque chose d’insignifiant, Jarry posait une question autrement pertinente : Que signifie faire l’amour ? Que fait-on exactement quand on « fait l’amour » ? Mieux : quel est donc cet amour dont on dit qu’il est « fait » ?
Lire Lacan à la lumière de Jarry permet d’affronter depuis une perspective imaginaire – et pas seulement psychanalytique – le problème du désir et de ses rapports tragi-comiques à la jouissance et à l’amour.

L’œuvre de Lacan fait l’objet aujourd’hui, trente ans après sa mort, d’une appropriation par une génération qui ne l’a pas connu, qui n’est donc pas soumise à une quelconque fascination ou à un quelconque rejet. Pour cette génération, il ne saurait être question de la personnalité de l’homme (attitude qui aura longtemps hypothéqué la réception de l’œuvre), mais de la pertinence d’une pensée. Voilà qui devrait rendre possible une lecture libre, décomplexée et, dans le meilleur des cas, féconde.
La gageure que soutient Le Théorème du Surmâle réside dans l’intrication des deux voix : la voix d’un romancier et celle d’un psychanalyste. En l’occurrence, Alfred Jarry et Jacques Lacan. À cette occasion, les notions de jouissance et de phallus – si affadies par leur usage intempestif – y sont clairement explicitées, ce qui permet de dérouler la question de l’acte sexuel dans sa confrontation avec l’amour, en suivant le fil conducteur du roman de Jarry, Le Surmâle.
La problématique du livre réside en effet en ceci : le basculement de la sexualité dans l’amour, l’engendrement de l’amour dans et depuis l’acte sexuel.
Il ne s’agit pas d’un essai sur Lacan ni sur Jarry, mais sur le réel de l’amour. En tentant, avec l’aide de Jarry, d’inscrire l’amour dans le Réel, Paul Audi déroge à la perspective explorée dans un premier temps par Lacan (Lacan a longtemps placé l’amour dans le registre de l’Imaginaire) pour rejoindre une perspective à laquelle Lacan résiste encore dans le séminaire Encore, bien qu’il y réalise enfin une percée décisive au cours de la toute dernière séance.
Ce livre voudrait répondre à ce que son auteur pense être la plaie de notre temps et qu’il appelle, très euphémiquement, la crise de l’amour. Le pronostic de cette crise, on le doit à Jarry ; le diagnostic, à Lacan. C’est en tirant un trait entre ces deux que se dessine un espoir pour l’avenir.

 

Cet ouvrage a reçu le Prix Œdipe 2012.

Revue de presse

Le Magazine littéraire, décembre 2011, par Maxime Rovere

Dans son objectif – penser l’amour – c’est le énième livre consacré au sentiment et à la relation les plus en vogue de cet automne. Mais, par sa méthode – croiser un roman d’Alfred Jarry et un séminaire de Jacques Lacan, soit Le Surmâle et Encore – Paul Audi se démarque de ses camarades. Avec quel résultat ? D’abord, une prise de distance... Lire la suite

Radio et télévision

« Les nouveaux chemins de la connaissance », par Philippe Petit, France Culture, vendredi 10 février 2012, de 10h à 11h
« L’essai du jour », par Jacques Munier, France Culture, vendredi 9 septembre 2011, de 6h35 à 6h45