Partage-toi, nuit

Der Doppelgänger

Poèmes. Traduit de l'allemand par Mireille Gansel

256 p.

15,22 €

ISBN : 978-2-86432-451-5

Parution : octobre 2005

Les dix dernières années de la vie de Nelly Sachs, de 1960 à 1970, auraient pu être simplement celles de la consécration. L’attribution du Prix Nobel de littérature en 1966, la multiplication des traductions en langues étrangères, la parution des premières études importantes sur son œuvre, sont alors autant de signes d’une large reconnaissance. Pourtant, les poèmes de cette période marquée par de nombreux séjours en hôpital psychiatrique comptent parmi les plus anxieux qu’elle ait écrits. Tendue à l’extrême, l’écriture y est plus que jamais le lieu d’un combat spirituel. La douleur de celle qui « cherche son bien-aimé et ne le trouve pas » (il s’agit toujours du « fiancé mort » disparu dans les camps de concentration, qui figurait au cœur de Dans les demeures de la mort) ne saurait connaître d’apaisement en ce monde : seule, sans doute, la poésie peut pressentir le « nouveau chemin » d’une « guérison » hors du temps, par-delà « l’inguérissable blessure de la vie ». Après deux livres brefs (Toute poussière abolie et La mort célèbre encore la vie), les Énigmes ardentes, composées de 1962 à 1966, sont le dernier recueil de grande ampleur achevé par Nelly Sachs. Après sa mort, ses amis suédois réuniront sous le titre Partage-toi, nuit les poèmes des quatre dernières années, les plus douloureux, les plus émouvants aussi. S’adressant à ses morts bien-aimés, Nelly Sachs y réaffirme, par-delà la souffrance, le sens de sa quête : chercher « la langue du pays natal / au commencement des paroles ».

Revue de presse

Le Monde, 23 décembre 2005, par Patrick Kéchichian

Ce qui est « sauvé dans la parole »

Le troisième et dernier volume des poésies complètes de Nelly Sachs.

La nuit qu’évoque Nelly Sachs est à la fois le lieu du refuge et celui d’un péril sans nom. Elle est en même temps silence et matrice des poèmes : « Je les ai notés tels que la... Lire la suite

Le Mensuel littéraire et poétique, novembre 2005, par Alain Suied

Poésie de la nuit intérieure

Maurice Nadeau avait permis au public français de découvrir Nelly Sachs dans une première traduction de qualité (Lionel Richard). La grande poétesse juive – publiée comme Celan dans la revue L’Éphémère y déroulait son interrogation meurtrie, puisée dans le rêve et dans l’horreur… Le volume publié par Verdier constitue le troisième et ultime volume... Lire la suite

Tsafon, automne 2005, par Andrée Lerousseau

À travers les livres…

« Il est impossible de penser la poésie de Nelly Sachs comme une suite d’artefacts isolés », écrivait le poète allemand Hans Magnus Enzensberger. En effet, comme le souligne Mireille Gansel dans sa postface, « tout est re-lié … d’image en image, de poème en poème, de recueil en recueil, et cela dans la cohérence et... Lire la suite

Études, avril 2006, par Nicole Bary

« Mourir leur arrache seule la vérité de la détresse/Refrains taillés dans le noir de la nuit/balbutiements/à la fin de l’orgue de terre. » Comme un cri douloureux, la parole poétique de Nelly Sachs jaillit de l’abîme vertigineux de l’innommable et vibre des désespoirs de toutes les victimes de la Shoah. Partage-toi nuit réunit les poèmes écrits au cours... Lire la suite

24 heures, 4 avril 2006, par Julien Burri

Paroles de désespoir et de consolation

Le Prix Nobel de littérature Nelly Sachs, née à Berlin en 1891, contrainte de s’exiler à Stockholm en 1940 à cause des persécutions nazies, restera marquée à jamais par la mort de son fiancé dans les camps de concentration : « Tout a émigré avec toi/tout mon bien aliéné. » C’est lui... Lire la suite

Tenoua, avril 2006, par Antoine Spire

Nelly Sachs, morte de survivre

Étrange, étrange destin que celui qui fit, le 10 décembre 1966, il y a quarante ans déjà, de cette fille de famille bourgeoise juive allemande assimilée, le seul Prix Nobel de littérature jamais attribué à un poète juif.

Nelly Sachs, prix Nobel de littérature conjointement avec Samuel Joseph Agnon,... Lire la suite