Voir et pouvoir

Art, architecture, cinéma

768 p.

38,54 €

ISBN : 978-2-86432-411-9

Parution : mars 2004

Depuis plus d’un siècle, le cinéma a joué double jeu : initiateur de la montée en puissance des spectacles, il en a été aussi l’outil critique, l’instrument invitant les spectateurs à mieux voir et mieux entendre. Au cinéma, pour être spectateur, il faut accepter de croire en ce qu’on voit ; et pour l’être davantage encore, il faudrait commencer à douter – sans cesser de croire. Croire en la réalité du monde à travers ses représentations filmées, c’était l’affecter d’un doute. Croire, ne pas croire, ne plus croire, croire malgré tout ce qui dément la croyance : telles sont les questions du cinéma – qui sont abordées ici. Chacun de nous, sommé par le spectacle d’y prendre sa part, en sera acteur et spectateur, consentant et non consentant, complice et adversaire à la fois. Les questions du spectateur de cinéma sont devenues les questions de tous, alors même que le marché mondial des images et des sons n’a que faire de la prétention du cinéma à proposer, du monde comme scène, un mode d’emploi. Voir et pouvoir ? On se persuade très vite dans les salles obscures que les enjeux de mise en scène sont doubles – esthétiques et politiques ; et que cette place du spectateur qui est la nôtre n’est pas coupée de celle du sujet politique que nous ne cessons d’être.

Quinze ans de textes critiques et théoriques, d’interventions, de tribunes : ce volume articule le double chantier d’une pensée et d’une pratique du cinéma, qui sont les deux faces d’un même combat pour la construction d’un spectateur critique et d’une approche politique de l’expérience cinématographique.

 

Cet ouvrage a reçu le Prix Umberto Barbaro, Italie, 2005.

Revue de presse

Les Cahiers du cinéma, juillet 2005, par Francis Marmande

T comme télévision

Artists and Models (1955) : dans Frank Tashlin (comme T) la télé en prend un coup. Neuf ans après, le poste jamais éteint de Kiss Me Stupid (Billy Wilder, 1964) se venge. Peut-être pour la raison que donne Comolli en 1992 : « Les gens ont besoin de la télé parce que toute société a besoin d’images d’elle-même,... Lire la suite

Les Inrockuptibles, 14 avril 2004, par Vincent Ostria

Cinéma contre spectacle

Faisant écho à Surveiller et punir de Michel Foucault, l’ouvrage Voir et pouvoir du théoricien et cinéaste Jean-Louis Comolli dénonce la dérive de la télé-réalité et questionne le clivage immuable entre documentaire et fiction.

Jazzophile invétéré, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma de 1966 à 1971 – période hard de la revue, entre structuralisme, sémiologie et politique –, cinéaste... Lire la suite

Le Monde, 21 mai 2004, par Jacques Mandelbaum

Le cinéma, c’est l’utopie

Jean-Louis Comolli, dans un recueil d’articles parus entre 1988 et 2003, analyse les mutations récentes du 7e art. Ouvrage de réflexion théorique, Voir et pouvoir est aussi celui d’un parcours intime, entre continuité et rupture.

Lieu d’exception cinématographique et de résistance à la tentation, jamais désarmée, de réduire cet art à un divertissement d’ilotes,... Lire la suite

Libération, 21 août 2004, par Annick Peigne-Giuly

La « respiration rageuse » de Comolli

Depuis plus de quarante ans, il écrit sur le cinéma. Aux Cahiers du cinéma d’abord, de 1962 à 1978, dans diverses revues ensuite. Depuis moins longtemps, il fait du cinéma. Fictions de 1968 aux années 70, documentaires depuis lors. Le dernier étant Rêve de France à Marseille, ultime épisode d’une série sur la scène... Lire la suite