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Corps et cadre
Cinéma, éthique, politique

Art, architecture, cinéma

608 p.

35,50 €

ISBN : 978-2-86432-675-5

Parution : mars 2012

Le cinéma cadre les corps. Et l’histoire du cinéma pourrait se raconter comme le désir de ces corps d’être cadrés – mais aussi comme leur résistance à se soumettre tout entiers à la discipline du cadrage.
Car le cadre est une pression que le corps filmé désire mais aussi subit. Les bords du cadre, qui séparent le visible du non-visible, sont les agents de cette lutte des corps dans les cadres. Entrant et sortant du cadre, le corps filmé affirme les enjeux du hors-champ.
Il s’agit donc de reprendre l’histoire du cinéma comme histoire politique au plus près des corps, de leur soumission ou de leur liberté. Du corps acteur comme du corps spectateur : l’un et l’autre invités à la liberté du hors-champ, à ne pas tout céder à l’empire du spectacle.
Jean-Louis Comolli prolonge la remise en jeu de l’histoire du cinéma entamée dans Voir et pouvoiret réunit dans Corps et Cadre ses textes critiques et théoriques parus entre 2004 et 2010.
La question du hors-champ est le fil rouge qui court à travers les films étudiés ici, de Louis Lumière, S.M. Eisenstein, Luis Buñuel, Pedro Costa, Raymond Depardon, John Ford, Chris Marker, Abbas Kiarostami, Ginette Lavigne, Jean Renoir, Jean Rouch, Claudio Pazienza, Frederic Wiseman, Jia Zang Khe… En ce temps de surexposition médiatique, la part de l’ombre, sauvée par le cinéma du hors-champ, est devenue un enjeu esthétique – et politique – majeur.

Revue de presse

Télérama, 23 mai 2012, par Juliette Cerf

« Voir, c’est cacher, c’est toujours sélectionner, et donc occulter une partie du visible. » Issu de la pensée d’André Bazin, ce credo selon lequel le cadre est aussi un cache est le fil d’Ariane de ce labyrinthe de textes publiés entre 2004 et 2010 par Jean-Louis Comolli. Ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma devenu réalisateur, l’auteur,... Lire la suite

Projection publique, 12 mai 2012, par Jean-Michel Frodon

La part de l’ombre, la place du spectateur

Corps et Cadre est le troisième volume de ce qu’on pourrait appeler la mise au net d’un labeur d’un demi-siècle. Labeur de pensée et de pratique que mène Jean-Louis Comolli avec le cinéma, depuis ses débuts aux Cahiers du cinéma au milieu des années 60, labeur construit dans l’exercice continu... Lire la suite

Le Monde des livres, 4 mai 2012, par Jean-Louis Janelle

Tout voir, tout de suite ?

Dans L’Œil absolu (Denoël, 2010), le psychanalyste Gérard Wajcman prenait la vidéosurveillance, devenue parfaitement banale, pour symptôme d’une société gagnée par un désir d’hypervisibilité et de transparence – téléréalité, imagerie médicale ou caméra de téléphone portable lui apparaissaient comme autant de manifestations de notre confiance (aveugle, jugeait Wajcman) dans le visible. Mais qu’y a-t-il... Lire la suite