Collection jaune

Récit

128 p.

13,18 €

ISBN : 978-2-86432-429-4

Parution : février 2005

Pensionnaire chargé de soins domestiques dans une institution des montagnes de Haute-Savoie, soumis à des punitions archaïques, un adolescent orphelin et solitaire s’initie à l’étrangeté de vivre à travers les angoisses de la guerre, la découverte des paysages, les émois du corps, les rencontres et la littérature. De punition en punition, il finit par oublier son malheur en se délectant de ce qu’on lui inflige, et paye sa survie illégitime – porter un nom juif, bien que protestant, dans un monde dominé par le nazisme – par le contentement de vivre, comme en remerciement à ceux qui se sont risqués pour lui.
Plus tard, il découvre Paris, retourne sur ses propres traces dans l’Allemagne sans lendemains de 1949, et s’émerveille de l’amour pour une femme.

Extrait

On ne le punissait jamais moins d’un jour après la faute. Il avait de longues heures devant lui à s’imaginer tel qu’il se connaissait exposé aux regards. On le laissait dans le vague, puis soudain on l’obligeait à s’exposer longtemps, verges à la main, et enfin on l’autorisait à solliciter une punition sévère. Pendant des heures et des heures, ces images ne le quittaient pas mais étrangement l’exaltaient : il se voyait en pleurs, lèvres tremblantes, mouillées de larmes et incapable de retenir ses cris, bien qu’on le lui eût interdit. Lui qui n’était en somme qu’une sorte de jeune domestique, on lui faisait l’honneur d’un châtiment réservé aux jeunes aristocrates.
Conduit plus tard en chambre de punition, il crierait encore à l’auscultation du jeune surveillant d’internat qui se faisait à chaque fois plus subtile et à laquelle il résistait chaque fois plus longtemps. Pâmé, il s’abandonnait toujours davantage, tandis que la lune s’envolait au-dessus de la lucarne, à ces longues mains fines, froides de pédagogue faites pour séduire, pour apprivoiser, courber, expertes en cajoleries aiguës et en cinglantes fessées.
À partir de seize ans, il avait porté en lui ce savoir glorieux, cette attente.

Revue de presse

La Quinzaine littéraire, 16 mars 2005, par Agnès Vaquin

Un garçon solitaire

Il est des enfances dont on ne se remet pas. En parler, écrire des livres, ça ne sert à rien, on n’en finit jamais. C’est le tonneau des Danaïdes. Et si quelqu’un en sait quelque chose, c’est bien Georges-Arthur Goldschmidt !

L’auteur de ce petit livre troublant a choisi de se désigner... Lire la suite

L’Humanité, 10 mars 2005, par Jean-Claude Lebrun

Georges-Arthur Goldschmidt, le signe du double

En lisant Le Recours, l’on ne peut s’empêcher de faire le lien avec le premier livre paru de Georges-Arthur Goldschmidt. C’était en 1972, l’année où il devenait également l’un des traducteurs de Peter Handke, et l’ouvrage s’intitulait Un corps dérisoire. Trente-trois ans ont passé, mais l’écrivain né à Hambourg dans une... Lire la suite

Radio et télévision

Annexes

Traductions

Der Ausweg. Eine Erzählung, Aus dem Französischen von Georges-Arthur Goldschmidt, Frankfurt am Main, S. Fischer, 2014