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L’Emprise

Collection jaune

192 p.

14,70 €

ISBN : 978-2-86432-479-9

Livre des commencements et du temps qui s’achève, L’Emprise est une confidence poignante, doucement consentie, des éblouissements et des déchirements premiers qui vont rythmer toute une vie.
Ce qui, dans la retenue, se dévoile pourtant d’histoires tenues secrètes ne se légitime que de convoquer, à travers ces instants d’absolue félicité ou de désastre, les êtres aimés.
« Je doute et je trébuche, et mets au panier comme jamais mais je continue, me disant qu’à présent ce serait trop de solitude, trop de séparation. Qu’il me les faut là près de moi encore un temps, qu’un temps encore je sente leur regard, leur haleine, leur tourment dans le jour qui faiblit, qu’encore une fois nous figurions les uns près des autres dans le demi-jour, la lumière indécise, cet endroit du monde où d’un rien parfois on peut vivre ou mourir. »

Extrait

Je les ai aimés je crois comme on aime dans un rêve. Peut-être les ai-je rêvés elle et lui, peut-être ai-je rêvé ces années-là, les premières, de vie, de bonheur fou. Un jour je l’ai vue rire et jouer sur les pelouses d’un hôtel comme jamais je ne l’avais vue, c’était un été en Auvergne où nous venions passer des vacances, c’était la première fois, ils n’avaient jamais pris l’auto pour partir en vacances, ils n’étaient jamais partis en vacances, mais cet été-là sacrifiant à des coutumes nouvelles, s’essayant au répit et à la douceur, à l’idée de partir, de voyager pour rien que le plaisir d’une trêve, ils avaient dans la voiture, la grosse Peugeot noire, pris la route des vacances, la route qui par la Sologne et le Berry nous conduirait aux premiers contreforts d’Auvergne. Il faut les voir, les imaginer, tous les deux au bout de leurs longues et rudes lignées de paysans, assis là devant nous, vitres baissées et respirant la tiédeur de la forêt et des chaumes, soudain contemplant un monde aux portes duquel ils nous demandaient encore de nous taire, il leur fallait prendre les bonnes routes et bien lire les cartes, chercher l’ombre pour le pique-nique, et du repos pour lui qui n’avait jamais conduit si longtemps.

Revue de presse

Revue de psychiatrie française, 2008, par Dominique Tabone-Weil

L’Emprise est un livre étrange, à l’écriture compacte, touffue, dans lequel on a un peu de mal à se retrouver. J’ai ressenti tout d’abord à le lire, un certain agacement contre l’auteur, comme si elle faisait exprès d’égarer de lecteur, de lui fournir des repères narratifs plus qu’elliptiques, de le confondre – ce qui était déjà... Lire la suite

Le Devoir, 11-12 novembre 2006, par Guylaine Massoutre

Au cœur de la pénombre

Dans L’Emprise, Michèle Desbordes saisit l’harmonie sous la vérité dérobée.

C’est une plume éblouissante. Michèle Desbordes vivait sur les bords de la Loire, dans une France douce et brumeuse, à l’ombre des châteaux et des forêts giboyeuses. Elle avait écrit L’Habituée en 1997, La Demande en 1999, La Robe bleue en... Lire la suite

Le Point, 16 novembre 2006, par Valérie Marin La Meslée

De L’Emprise émane cette douceur de la Loire face à laquelle Michèle Desbordes écrivit ce dernier roman, qui paraît quelques mois après sa disparition. Tremblant de pudeur sur la voie autobiographique, le livre amène les lecteurs de La Demande (prix du Livre Inter 1999) aux sources d’inspiration de l’écrivain. Les tournures impersonnelles (« il faudrait », « on... Lire la suite

Le Monde, 13 octobre 2006, par Patrick Kéchichian

Le monde perdu de Michèle Desbordes

Avant de mourir en janvier, l’auteur de La Demande avait achevé un récit, L’Emprise, et laissé la matière d’un autre livre. Ils démontrent que sa voix ne s’est pas éteinte.

Un livre posthume a forcément valeur testamentaire. Ainsi aborde-t-on, non sans émotion, L’Emprise, dernier récit de Michèle Desbordes, morte l’hiver dernier... Lire la suite

Notes bibliographiques, octobre 2006

Une femme confie, dans le désordre, tout ce qui l’a marquée : surgissent des réminiscences d’enfant perturbée par une mère peu attentionnée. D’autres scènes du passé de ses proches sont suggérées par des photographies anciennes. Des voyages, des maisons – surtout les cuisines – sont évoquées ainsi que la vie modeste d’autrefois avec son cortège de malheurs, de deuils, d’attentes... Lire la suite

La Libre Belgique, 29 septembre 2006, par Monique Verdussen

L’emprise des silences

Michèle Desbordes et les fragments de vie qui ont déterminé son destin.

Elle ne recevra ni le Goncourt ni aucun de ces prix de saison que son écriture racée aurait amplement mérités. L’eût-elle d’ailleurs souhaité, elle si discrète et solitaire ? Michèle Desbordes est morte dans sa maison du bord de Loire... Lire la suite

L’Humanité, 28 septembre 2006, par Jean-Claude Lebrun

Michèle Desbordes, deux livres des adieux

Michèle Desbordes est morte en janvier de cette année. Elle avait commencé de publier sur le tard ; en 1996, mais s’était très vite imposée comme l’une des voix remarquables de la prose contemporaine. Avec notamment La Demande (1998), La Robe bleue (2004), Dans le temps qu’il marchait (2004) et Lire la suite

Tageblatt, septembre 2006, par Laurent Bonzon

En silence

Récit des brumes de la vie. Il y a les livres qui bavardent et ceux qui parlent à force de se taire. L’Emprise, de Michèle Desbordes est de ceux-ci. Un récit autour des figures maternelles de l’enfance et des douleurs enfermées. Une remontée à tout petits pas vers les sables mouvants du souvenir.

Tout... Lire la suite

Libération, 14 septembre 2006, par Jean-Baptiste Harang

Tout Desbordes

Avec L’Emprise, Michèle Desbordes commençait une œuvre autobiographique, que sa mort a interrompue en janvier 2006.

Le petit livre raconte sept vies, le plus gros n’en dit qu’une. Les sept vies sont les vies des autres, des vies rangées par ordre chronologique rassemblées en quelques pages, par Michèle Desbordes, des vies concentrées, comme... Lire la suite

Le Magazine littéraire, septembre 2006, par Aliette Armel

La lumière est celle des bords de Loire où l’auteur avait déjà situé La Demande, et le temps, un présent englobant un passé que la narratrice ne se résout pas à renvoyer vers l’imparfait. Le conditionnel fait parfois planer un doute sur l’exactitude des souvenirs que « je », « vous », « elle » tentent de sortir de l’ombre :... Lire la suite

La Liberté, 2 août 2006, par Alain Favarger

Née en l’an 1940 de funeste mémoire, Michèle Desbordes venait d’un petit village de Sologne. Romancière à l’écriture dense et très tenue, elle avait obtenu en 1999 le Prix du roman de France Télévision pour son livre La Demande.

Décédée en janvier dernier dans sa maison des bords de Loire, elle nous laisse une... Lire la suite

Madame Figaro, 26 août 2006, par Clémence Boulouque

Il a fallu lui dire adieu bien trop tôt. Révélée au grand public avec La Demande, Michèle Desbordes a succombé à la maladie en janvier 2006. Avec L’Emprise, la narratrice parle à un vous qui pourrait être elle-même et qui est chacun d’entre nous. Confidences, histoires d’amour, visages qui passent…, les mots de... Lire la suite

Livres hebdo, 25 août 2006, par Véronique Rossignol

Le temps du silence

Un roman et un essai pour retrouver l’art du temps de la délicate Michèle Desbordes.

Deux livres viennent donner des nouvelles posthumes de cette écrivaine à l’élégance hors mode que fut Michèle Desbordes, disparue en janvier dernier. Un roman chez Verdier et un recueil de sept « biographies-fiction » chez Laurence Teper,... Lire la suite

Télérama, 23 août 2006, par Christine Ferniot

Hantée par une maison

C’est une histoire de maison, dans l’été qui s’achève. Grande comme un château. Indestructible, éternelle. La guerre semble loin pour la fillette qui sautille au côté de sa mère, ou tangue joyeusement sur les épaules de son père, alors que celui-ci marche à grands pas dans la nuit. Des instants fragiles,... Lire la suite

Radio et télévision

« Tout arrive ! », par Arnaud Laporte (table-ronde littérature), France Culture, 19 octobre 2006 à 12h

« Les livres ont la parole », RTL, 1er octobre 2006 à 14h45