Œuvres
1919-1922

Slovo

Introduction et traduction
du russe par Yvan Mignot.

1 312 p.

47,00 €

ISBN : 978-2-86432-920-6

Parution : septembre 2017

Un trait de plume d’aigle, piquant de porc-épic, branche de saule trempée dans l’encre, Khlebnikov écrit sur des feuilles volantes. Il les glisse dans une légendaire taie d’oreiller qui le suit dans ses vagabondages. Parfois il y appuie sa tête pour dormir, parfois il l’oublie, la perd, reprend sa marche.

Le volume rassemble les écrits de la taie d’oreiller, ceux des quatre dernières années de sa vie, années d’errance dans le feu de la guerre civile en Ukraine, puis entre Perse, Azerbaïdjan et Russie. C’est sa période la plus féconde malgré la misère. La poésie en sera à jamais bouleversée. En 1922, à la suite d’une fièvre mal soignée, il mourra de gangrène dans un petit village de Russie profonde.

Vélimir Khlebnikov (1885-1922), « président du globe terrestre », le plus grand des poètes russes, si grand qu’il « ne passe pas par n’importe quelle porte », a participé à la fondation du mouvement futuriste, puis s’en est écarté pour suivre un chemin de solitude. Novateur, il va au-delà du langage transmental des futuristes (zaoum, élégamment traduit par l’outrâme), dynamitant le langage pour recréer un monde nouveau. Les mathématiques, l’ornithologie (la profession de son père), l’astronomie, la philosophie façonnent cette langue nouvelle – langue des oiseaux, poésie stellaire – qui dit les bruissements du monde, en cherche la structure profonde. Salué par Roman Jakobson, il est aussi admiré par les poètes de sa génération, aussi différents de lui que Mandelstam, Pasternak, Tsvetaeva, et fascine des peintres comme Larionov ou Malevitch.

« Le spectre du spectre des spectres », documentaire radiophonique de Bastien Mignot sur le traducteur, Yvan Mignot. Il y parle de ses traductions de Vélimir Khlebnikov.

 

(Site de France culture.)