Meschonnic_©RégineBlaig
Henri Meschonnic

Né à Paris en 1932. Carrière universitaire de linguiste (Vincennes-Paris 8).

J’écris des poèmes, et cela me fait réfléchir sur le langage. En poète, pas en linguiste. Ce que je sais et ce que je cherche se mêlent. Et je traduis, surtout des textes bibliques. Où il n’y a ni vers ni prose, mais un primat généralisé du rythme, à mon écoute. La conjonction de ces trois activités a donné lieu pour moi à une certaine forme de pensée critique, à partir d’une transformation de la pensée traditionnelle du rythme à laquelle ont mené nécessairement ces trois activités, justement par leur conjonction. De là une critique générale des représentations du langage, et d’une carence de la pensée du langage dans la pensée contemporaine. L’importance de la critique a relativement occulté les poèmes, surtout dans la mesure de la résistance que cette pensée a suscitée. Vérification empirique que la pensée fait mal, et d’abord, socialement, à qui essaie de penser. Mais le poème, tel que je l’entends, transformation d’une forme de vie par une forme de langage et d’une forme de langage par une forme de vie, partage avec la réflexion le même inconnu, le même risque et le même plaisir, le même pied de nez aux idées reçues du contemporain. Puisqu’on n’écrit ni pour plaire ni pour déplaire, mais pour vivre et transformer la vie.
Henri Meschonnic est mort à Paris le 8 avril 2009.

Tirage de tête

Voyageurs de la voix. Avec deux pointes sèches originales de Gérard Titus-Carmel tirées sur les presses à bras de l’atelier Piero Crommelynck. Cinquante exemplaires et quinze hors commerce imprimés sur vélin d’Arches, composés en Garamond monotype, signés au colophon. Format 19 cm x 26 cm. 88 pages. En vente chez l’éditeur.

Ouvrages réédités

Modernité, modernité, Verdier, 1988 (épuisé) ; Gallimard, coll. Folio essais, 1994

Voyageurs de la voix, poèmes, Verdier, 1985 (épuisé) ; L’Improviste, 2005. Prix Mallarmé 1986.

Chez d’autres éditeurs

Dictionnaire du français contemporain, en collaboration, Larousse, 1967

Pour la poétique, Gallimard, 1970

Les Cinq Rouleaux (Le Chant des chants, Ruth, Comme ou les Lamentations, Paroles du sage, Esther), traduit de l’hébreu, Gallimard, 1970

Dédicaces proverbes, poèmes, 1972. Prix Max Jacob, Gallimard, 1972

Pour la poétique II, Épistémologie de l’écriture, Poétique de la traduction, Gallimard,1973

Pour la poétique III, Une parole écriture, Gallimard, 1973

La Structure du texte artistique, direction de la traduction collective de Iouri Lotman, Gallimard, 1973

Le Signe et le Poème, Gallimard, 1975

Dans nos recommencements, poèmes, Gallimard, 1976

Écrire Hugo, Pour la poétique IV, (2 volumes), Gallimard, 1977

Poésie sans réponse, Pour la poétique V, Gallimard, 1978

Légendaire chaque jour, poèmes, Gallimard, 1979

Jona et le signifiant errant, Gallimard, 1981

« La nature dans la voix », texte précédant le Dictionnaire des onomatopées de Charles Nodier, Trans-Europ-Repress, 1984

Critique de la théorie critique, Langage et histoire, séminaire en collaboration, Presses Universitaires de Vincennes, 1985

Les États de la poétiquePresses Universitaires de France, 1985

« Mallarmé au-delà du silence », introduction à Stéphane Mallarmé, Écrits sur le livre (choix de textes), L’Éclat, 1986

Jamais et un jourpoèmes, Dominique Bedou, 1986

Voyageurs de la voixpoèmes1985, Prix Mallarmé

Nous le passagecassette audio, Artalect, 1990

Le Langage HeideggerPresses Universitaires de France, 1990

Des mots et des mondes, Dictionnaires Encyclopédies Grammaires Nomenclatures, Hatier, 1991

Le Langage comme défiouvrage collectif, Presses Universitaires de Vincennes, 1992

Modernité modernitéVerdier, 1988 ; folio-Essais, Gallimard, 1994

La Pensée dans la langue, Humboldt et après, ouvrage collectif, Presses Universitaires de Vincennes, 1995

Histoire et grammaire du sensouvrage collectif, (en co-direction avec Sylvain Auroux, Simone Delesalle), Armand Colin, 1996

De la langue françaiseHachette-Littératures, 1997

Traité du rythme, des vers et des proses(en collaboration avec Gérard Dessons), Dunod, 1998

Combien de noms, poèmes, L’improviste, 1999

Et le génie des langues ? ouvrage collectif, Presses Universitaires de Vincennes, 2000

Je n’ai pas tout entendupoèmes, Bernard Dumerchez, 2000

Le Rythme et la Lumièreavec Pierre Soulages, Odile Jacob, 2000

Puisque je suis ce buissonpoèmes, Arfuyen, 2001

L’Utopie du JuifDesclée de Brouwer, 2001

Gloires, traduction des psaumesDesclée de Brouwer, 2001

Hugo, la poésie contre le maintien de l’ordreMaisonneuve et Larose, 2002

Spinoza, poème de la penséeMaisonneuve et Larose, 2002

Les Nomstraduction de L’Exode, Desclée de Brouwer, 2003

Un coup de Bible dans la philosophieBayard, 2004

Infiniment à venirDumerchez, 2004

Tout entier visageArfuyen, 2005

Et il a appelétraduction du Lévitique, Desclée et Brouwer, 2005

Vivre poèmeDumerchez, 2006

Et la terre coulepoèmes, Arfuyen, 2006. Prix Nathan Katz 2006

Heidegger ou le national-essentialisme, Laurence Teper, 2007

Dans le bois de la langue, Laurence Teper, 2008

Ouvrages traduits

Poétique du traduire, traduction en bulgare, Éditions Panorama, Sofia, 2007

Crisis del signo, Edciones Ferilibro, Santo Domingo, 2000

Modernité, modernité, traduit en coréen, Dongmoonsun, Séoul, 1999

Para la poética, Editora de Colores, Santo Domingo, 1996

Pour la poétique I, traduit en japonais, éd. Mirai-Sha, Tokyo, 1982

Prix

Grand Prix international de Poésie Guillevic-ville de Saint-Malo pour l’ensemble de l’œuvre, 2007

Prix de Littérature Nathan Katz pour l’ensemble de l’œuvre, 2006

Prix Mallarmé, 1986 (Voyageurs de la voix)

Prix Max Jacob, 1972 (Dédicaces proverbes)

Annexes

Missives, juin 2007, par Antoine Jockey

Entretien avec Henri Meschonnic. Propos receuillis par Antoine Jockey.

« Dans la poésie, c’est toujours la guerre ». Cette phrase du poète russe Ossip Mandelstam s’applique avec force à l’activité critique mais ô combien constructive que mène le poète d’origine russe, né à Paris en 1932, Henri Meschonnic. Polémiste hors pair, il ne cesse de décortiquer le... Lire l'article

Hommages à Henri Meschonnic

Meschonnic, homme libre

L’Humanité, 16 avril 2009, par Alain Freixe

Hommage. Ce poète n’écrivait pas des poèmes, il était celui que les poèmes faisaient. Henri Meschonnic est mort le 8 avril dernier.

Lodève, les Voix de la Méditerranée. Été 2008. Je viens d’écouter Jean-Yves Masson s’entretenir avec Henri Meschonnic. Riche de quelques questions, je... Lire l'article

Textes mis en scène

Lecture du Chant des chants et d’Esther, traduction des Cinq Rouleaux, par Antoine Vitez, au Balcon des Arts (Paris), le 26 avril 1978

Le Chant des chants, Atelier d’Alphée, Jean-Louis Wilhelm, Metz, 1982

Ruth, « pièce pour piano et voix parlée », dit par Antoine Juliens, musique de Jean-Marc Roosz, Théâtre Gérard Philipe, 1986-1987, Saint-Denis

Paroles du sage, Théâtre National de Bretagne, mis en scène Claude Régy, février 1994, Théâtre Garonne, Toulouse, du 12 au 22 janvier 1995, La Ménagerie de verre, Paris, 8 février-26 mars 1995, Théâtre des Bernardines, Marseille, 1-6 mai 1995, Verbier festival & Academy, Suisse, juillet 1995

Le Chant des chants, Petit Odéon, mis en scène Patrick Haggiag, 28 mai-30 juin 1996

Les Cinq Rouleaux, esquisses d’interprétation, direction Patrick Haggiag, La Manufacture des œillets, Paris, 4 octobre-9 novembre 1997

Le Semeur de vent, adaptation théâtrale tirée des Cinq Rouleaux (Le Chant des chants, Comme ou les Lamentations, Paroles du Sage) par Francis Picorit, Théâtre Antinéa, 14 avril 1998

Vers Jona, texte français d’Henri Meschonnic, mis en scène par Patrick Haggiag, Théâtre Treize, du 12 mai au 14 juin 1998

Liens

Extrait des actes du Forom des langues du Monde à Toulouse, 1995-1997

« La modernité après le post-moderne » : colloque organisé par l’Université de Tokyo en novembre 1996 avec la participation d’Henri Meschonnic

Lire la première édition du « Manifeste pour un parti du rythme », 1999

Écouter son intervention « Être Hugo aujourd’hui » au colloque « Fortunes de Victor Hugo » à Tokyo, les 2 et 3 novembre 2002

Radio et télévision

« Œuvres croisées », par Danielle Cohen-Levinas, France Culture, 27 novembre 1999

« Staccato », France Culture, 18 novembre 1997

« Les Chemins de la connaissance », par Antoine Spire, France Culture, 13-17 mars 1995

« Panorama », France Culture, 21 mai 1997, 23 novembre 1995, 3 septembre 1991, 19 juin 1991, 3 mars 1991, 5 juillet 1990, 18 avril 1990, 30-31 janvier 1986

«  À voix nue », par Antoine Spire, France Culture, 20-24 mai 1991