L’Art du contresens

Collection jaune

128 p.

14,20 €

Epub : 9,99 €

PDF : 9,99 €

ISBN : 978-2-86432-612-0

Parution : août 2010

Un voyage dans le temps et dans l’espace tissant l’expérience concrète – celle de l’apprentissage du tir à l’arc japonais – avec l’introspection individuelle et l’histoire collective.
Un récit de voyage qui est aussi une histoire d’amour et une méditation ponctuée par des éclats de rire ; un voyage à contresens sur l’île la plus propice aux contresens : le Japon.

 

Sélection des libraires Fnac 2010.

Extrait

On pourrait croire qu’au pays des bonsaïs la circulation des vélos est organisée aussi méticuleusement que celle de la sève des arbousiers. Elle est soumise à un arbitraire total, qui croît à mesure de l’âge des protagonistes et de l’éloignement de la capitale pour atteindre un paroxysme à Kyôto, chez l’octogénaire, dont la conduite atteint une perfection pareille à celle des vieux calligraphes : débarrassée de toutes les fioritures, libérée de l’attachement à la réalité, elle consiste à tracer son chemin en ligne droite en fonction du but à atteindre sans tenir aucun compte ni des sens interdits, ni des voitures, ni des piétons, ni a fortiori des autres vélos. L’allure de ces obâsans est celle d’un char d’assaut : elles parviennent à donner à leur silhouette minuscule un volume insoupçonné en déployant de part et d’autre de leur destrier de métal leurs coudes et leurs genoux comme des ailerons, et en poussant en avant leurs épaules rachitiques, dans lesquelles elles rentrent des têtes d’oiseaux de proie impassibles. On les voit souvent rouler à contresens sur des artères où déboulent une file de bolides qu’elles ignorent majestueusement. Ponctuellement elles se précipitent sur un piéton ; si celui-ci a le malheur de rester sur le trottoir, elles font mine de s’écraser sur l’avenue, freinent laborieusement quelques mètres plus loin et restent ainsi au milieu de la route, proférant sans même se retourner de vagues malédictions contre l’imprudent.
Leur exemple est suivi très tôt par les écolières les plus inoffensives : elles développent une indifférence au sens de la circulation qui trouve son achèvement à Kyôto, où s’est développé au plus haut point l’art du contresens.
Cet art est condensé dans le tir à l’arc japonais : atrocement simple, puisque l’acte de plier l’arc à l’envers de sa courbure naturelle pour y tendre la corde signe le moment où vous vous enfoncez dans l’envers des choses, et délicieusement compliqué, car vous devrez non pas bander l’arc, mais entrer en son intérieur. Plutôt que d’actionner vos muscles vous devrez utiliser votre souffle et vos os. Votre main gauche tiendra l’arc sans le tenir ; votre main droite qui, dans l’ordre du visible, tire la corde, devra pousser la poignée et votre main gauche qui, objectivement, pousse l’arc, devra « en esprit » tendre la corde. Cet océan de contradictions, qui donnerait des vertiges au loup de mer le plus amariné, est résumé dans la façon dont les flèches sont disposées avant le tir : la première regardant la cible, l’autre visant la direction opposée.

Revue de presse

Études, janvier 2011, par Philippe Charru

L’auteur a eu la chance de passer quelque temps à la villa Kujoyama, une sorte de villa Médicis japonaise qui accueille à Kyoto des écrivains et artistes de tous horizons. Parti de France où il avait l’impression « de se trouver face à un mur, d’être mort », il voulait « retrouver une nouvelle manière de respirer aussi... Lire la suite

Politis, 23 décembre 2010, par Ingrid Merckx

La voie de l’arc

Démonstration d’élégance de Vincent Eggericx apprenant le kyudô à Kyoto.

Ce pourrait être une nouvelle voie. Après celles du Tao et du samouraï : la voie de l’arc, ou kyudô.Un art martial au japon, exercice physique, moral et spirituel tel qu’il n’en existe pas en Occident. Justement : le narrateur de L’Art du contresens a fait le... Lire la suite

Lire, décembre 2010, par Alexandre Fillon

La position du tireur à l’arc

Le Japon vu par Vincent Eggericx. Entre récit de voyage et confession, l’expérience d’une méditation.

Bienvenue dans une ville qui n’existe pas ! Où l’été est « torride, interminable », et où l’hiver a « des longueurs de ban-quise ». Bienvenue à Kyôto, avec ses milans noirs et ses hérons plantés sur la... Lire la suite

La Marseillaise, 7 novembre 2010, par Claudine Galea

Brefs et beaux

[…] L’art du kyudô, le tir à l’arc japonais, métaphore d’un chemin de vie, par Vincent Eggericx […]

En résidence à la Villa Kujoyama, à Kyôto, Vincent Eggericx entreprend d’apprendre l’art dukyudô. Au bout de quelques mois, où il apprend à tenir l’arc puis à le tendre simplement, il comprend qu’il doit prolonger son séjour Ce... Lire la suite

Le Magazine littéraire, novembre 2010, par Victor Pouchet

Résurrection au Japon

Habités par un sentiment de désastre personnel et collectif, les précédents romans de Vincent Eggericx « poursuivaient une vengeance contre le monde qui [l]’avait fait naître ». L’Art du contresens, courte et dense autofiction qui paraît chez Verdier, marque assurément une rupture dans la vie et l’œuvre de l’auteur. À l’occasion d’un voyage prolongé au Japon,... Lire la suite

Le Matricule des anges, octobre 2010, par Richard Blin

Chemin des flèches

En partant au Japon pour dépayser sa pensée et s’initier au tir à l’arc, c’est un voyage au fond de soi-même qu’a entrepris Vincent Eggericx.

C’est pour fuir le pathos occidental et une France où il sentait monter, « empaquetée dans un papier bulle de bons sentiments », une forme insupportable de haine... Lire la suite

La Revue littéraire, octobre 2010, par Vincent Wackenheim

Pas une fête de quartier à Paris qui n’échappe à sa démonstration, via les clubs locaux, d’arts martiaux – on y voit de très dignes Français de souche quitter un instant les signes de leur profession (plombier, assureur, voire même professeure des écoles) pour vivre de l’intérieur l’aventure japonaise et en adopter, outre l’accoutrement, la gestuelle et... Lire la suite

Télérama, 2 octobre 2010, par Marine Landrot

Pendant son séjour à la villa Kujoyama, sorte de villa Médicis japonaise qui accueille à Kyoto des créateurs de tous horizons, Vincent Eggericx a cherché l’inspiration au sens propre comme au figuré : il s’est initié au tir à l’arc, sport imposant une technique respiratoire très spéciale, et a bâti ce roman introspectif envoûtant, à la... Lire la suite

Livres hebdo, 4 juin 2010, par Jean-Claude Perrier

Made in Japan

C’est de Kyoto que Vincent Eggericx nous adresse sa dernière autofiction.

« En France, j’avais l’impression de me trouver face à un mur, d’être mort, raconte Vincent Eggericx. Et ce n’était pas un spleen baudelairien, mais quelque chose de plus pesant. » Alors, même s’il avoue « ne pas avoir éprouvé à l’origine une... Lire la suite

Radio et télévision

« Hors-champs », par Laure Adler, France Culture, mardi 14 décembre 2010 de 22h15 à 23h

« Du jour au lendemain », par Alain Veinstein, France Culture, jeudi 2 septembre 2010 de 23h50 à 0h30