Vogue, 26 janvier 2026, par Sophie Rosemont

Il a beau mentir, le narrateur n’a toujours pas atteint la majorité. Il a 15 ans et cet été-là, il travaille dans une librairie du Touquet et vend tant Jacques Derrida que Hélène Cixous : on est en 1985 . La nuit, la plage devient le cadre idéal de ses errances amoureuses, loin de l’agressivité subie durant l’année scolaire. D’une écriture sobre ne s’autorisant que des mots typographiés en gras comme seule coquetterie, et dont on devine tout ce qui a été réellement vécu, Julien Viteau signe un récit d’apprentissage d’une rare justesse. Où l’on se perd, donc, mais où l’on se trouve aussi.