L’Indépendant, 11 octobre 2026, par A. d. C.

La noirceur d’Eva Baltasar

Autant prévenir immédiatement les lecteurs potentiels de Déclin et fascination, roman d’Eva Baltasar : la fin de ce texte bref est à la limite du supportable. Parfois de simples mots sont plus forts que des images. La romancière catalane raconte la lente descente aux enfers d’une jeune femme. A Barcelone, elle survit difficilement. Une petite chambre dans une colocation, un boulot à mi-temps. Quand ses deux dernières bouées explosent, elle se retrouve à la rue.

On la suit sur le parvis de la gare de Sants, puis dans les parcs, inquiétants. Elle doit son salut à une simple femme de ménage compatissante. Un métier qu’elle va endosser comme d’autres entrent dans les ordres. Propreté, méthode : sa vie change.

Jusqu’à une rencontre fatale. C’est là que le roman bascule dans ce que l’on prend au début pour du fantastique mais qui n’est que de l’horreur. Celle de notre monde actuel.