La Dépêche du Midi, 10 juin 2026, par Pascal Alquier
Christian Thorel dévoile sa passion pour le cinéma
« Je n’ai jamais vraiment su ni cherché à savoir pourquoi et comment le cinéma a pu m’envoûter au point d’y fantasmer un court moment un avenir. Je sais seulement que cette idée de fabriquer des images a poussé dans le désarroi qui a suivi une année d’hospitalisation, à la suite d’un grave accident de la route, en novembre 1970, alors que je commençais des études dans une école d’ingénieurs. » Après Dans les ombres blanches (Le Seuil, 2015), dans lequel Christian Thorel retraçait l’histoire d’une vie de libraires vécue avec son épouse Martine à la tête d’Ombres Blanches, c’est avec Les Nuits expérimentales – Un carnet de cinéma que cet amoureux de la chose écrite, de la musique aussi, livre sa fascination pour le 7e art
De la caméra Eumig de son frère Jean à sa super 8 Beaulieu, du cinéma Le Lido à Castres, sa ville natale, aux salles du Quartier latin à Paris, de son initiation au montage, tout concourait à embrasser une autre carrière. « Mais la librairie m’appelle », écrit-il, et l’automne 1976 décide d’une vie. « Les livres ont pris la plus grande place, mais la musique et le cinéma sont demeurés essentiels et participent à façonner nos vies. »
L’ouvrage chemine tantôt à toute vitesse et tantôt à pas lents dans cette existence érudite, passionnée, qui s’attache à D’Est de Chantal Akerman (1993), mais aussi aux œuvres de Pasolini, Godard, Bresson, Tarkovski, Dreyer, Huston, Duras et tant d’autres qui illuminent la vision, la pensée. Auteurs, réalisateurs, acteurs, tous ceux qui ont compté sont là, confirmant que « les mots tiennent ensemble les vivants et les morts », comme l’affirmait le réalisateur Jean-Louis Comolli, mais que le cinéma y a « sa part »