Études, septembre 2026, par Odile de Loisy
En ce printemps 2026, la réouverture du LaM de Villeneuve d’Ascq (Lille Métropole Musée d’art moderne, d’art contemporain et d’art brut) a été l’occasion, pour le musée rénové, de revisiter l’œuvre d’une des figures majeures de l’art du vingtième siècle avec l’exposition « Kandinsky face aux images ». Dans la droite ligne de l’exposition, elle a également incité les éditions Verdier à republier un texte autobiographique de l’artiste qui, entre récit rétrospectif et plaidoyer pour l’abstraction, retrace sa découverte éblouie de l’art et son approche singulière de la couleur. Or, ce texte est remarquable à plus d’un titre. Chronique de la révolution de l’art « abstrait » à l’aube du siècle précédent, il entrelace souvenirs personnels de Wassily Kandinsky (1866-1944) et journal de bord d’une œuvre qui tâtonne, se cherche et s’invente au gré des « marches » qu’elle franchit comme autant d’expérimentations successives. Mais il est aussi enrichi des notes et postface passionnantes de la traductrice Catherine Perrel qui propose ici une lecture renouvelée de cette œuvre subtilement resituée dans son contexte comme dans son unité fondamentale ; c’est une unité qui poussa précisément le peintre à se faire théoricien et auteur de son célèbre opus Du spirituel dans l’art (1910) afin de défendre cet art novateur qui exigeait de lui qu’il suive sa « nécessité intérieure » en dépit des critiques émises à son encontre.