Le Temps, 26 septembre 2026, par Lisbeth Koutchoumoff
Il faudrait être aveugle
Plus on est proche, moins on voit. Par des vignettes à l’ironie constante, Victoria, la narratrice de Mon œil, commence par raconter une enfance marquée par un double strabisme. Et à égrener la présence des regards divergents dans l’histoire culturelle, de Sartre à Colombo. Bien vite, ce balisage est perturbé par les messages éruptifs des parents âgés et dysfonctionnels. Sans se départir d’un humour salvateur, l’autrice, Victoria Kaario, affine la mise au point sur une histoire familiale difficile à regarder en face. Et élabore, par l’écriture, une juste distance de fuite.