La Demande

Collection jaune

128 p.

11,66 €

ISBN : 978-2-86432-303-7

Parution : janvier 1999

À la fin de sa vie, sur l’invitation du roi de France, un maître italien, peintre et architecte, quitte son pays. Accompagné de ses élèves, il fait le long voyage jusqu’à la Loire où il aura sa demeure.

On lui donne une servante.

La relation de cette rencontre, en vérité bouleversante, impossible à cerner dans une formule, est le cœur du roman servi par la prose tendue, insidieuse et dense de Michèle Desbordes qui porte – magistralement – le récit jusqu’à son point d’orgue : la demande.

 

Cet ouvrage a reçu le Prix Flaïano de littérature étrangère 2001, le Prix du roman France-Télévision 1999, le Prix du jury Jean Giono 1999, ainsi que le Prix des auditeurs de la RTBF 1999.

Extrait

Il la regardait comme on regarde ce que l’on découvre, sans faveur ni complaisance. Aux derniers jours du printemps elle dut prendre l’habitude du regard sur elle, se dire que le maître pouvait observer le serviteur comme il observait un arbre ou une couleur de ciel, un cadavre dans un fossé, parfois les choses les plus inattendues tranquillement et sans histoires devenaient si banales et ordinaires que si elles venaient à manquer la vie en était encore plus difficile, quand il se détournait elle le remarquait, puis l’air de rien se détournait à son tour. Il parlait des habitudes, de ce qui commençait et de ce qui finissait.

Il dessinait un visage, ni homme ni femme ni enfant, cherchait dans les cartons d’anciens dessins, le regard clair sous la paupière transparente, l’amas de boucles, recommençait, comparait, en Italie ils avaient parlé de l’ange, des délicatesses de fleur meurtrie à peine éclose, du creux du cerne sur la joue, cette impression de chaleur, de peau brûlante, l’émotion, le plaisir, comment savoir, tout parfois avait été si magnifique.

Revue de presse

La Provence, 31 octobre 1999, par Edmonde Charles-Roux

La Demande – puisque tel est le titre du livre – dans son immense simplicité est poignante. Jusqu’au bout, la servante, telle que nous l’avons vue souvent au détour de maints tableaux, dans des clairs-obscurs où se détache la blancheur d’une guimpe ou d’une coiffe, la servante jusqu’au bout se voulait utile. Et jusqu’au bout, l’histoire racontée sans... Lire la suite

The Economist, 19 juin 1999

Serenity is the mood that pervades La Demande (The request) by Michèle Desbordes. Set in 16th-century France, it tells of an unexpected encounter between a maidservant and an unnamed Italian painter – possibly Leonardo da Vinci, who was summoned to France by François I and died near Amboise. Ms Desbordes’s painter has also left his country and... Lire la suite

La Vie, 10 juin 1999, par Élisabeth Nicolini

C’est un livre sans dialogue, sans noms, une histoire muette, où le silence unit une servante sans âge et un vieil homme. Michèle Desbordes écrit ce qu’ils ne se disent pas ou qu’ils semblent se dire, avec leurs yeux, avec leurs gestes, leurs attitudes. […] Pas de lyrisme dans cette histoire, mais une tension et... Lire la suite

L’Humanité, 12 mars 1999, par Jean-Claude Lebrun

Cet art qui exalte l’humain

Michèle Desbordes avait jusqu’à présent publié un roman et un recueil de poèmes. Avec La Demande, elle situe très précisément son écriture aux confins du romanesque et de la poésie, pour nous offrir l’un des textes marquants de la présente période. Perfection de la langue et du style, sens... Lire la suite

Lyon capitale, 3 mars 1999

La Demande, second roman de Michèle Desbordes, est un événement littéraire. Un big-bang discret, un roman remarqué au sujet du silence.

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L’Express, 18 février 1999, par Martine de Rabaudy

La tendresse entre un peintre de cour et une servante imaginée par Michèle Desbordes a la délicatesse d’un impromptu de Schubert.

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Libération, 11 février 1999, par Jean-Baptiste Harang

La servante Tassine

Une histoire tissée de silence entre une servante et un maître italien du grand siècle : La Demande de Michèle Desbordes.

Michèle Desbordes écrit du silence, du silence avec des mots. Elle dit des gens qui se taisent, elle dit les mots que ces gens ne se disent pas, elle dit ce... Lire la suite

Elle, 1er février 1999, par Fabrice Gaignault

Le petit joyau de Michèle Desbordes

Un peintre de la Renaissance et sa servante réunis sous les ciels de Loire. Un chant d’amour pudique et bouleversant.

Le mérite d’un bon écrivain est de bien écrire. Mais, surtout, de ne pas trop en faire. Michèle Desbordes a publié, en douze ans, un recueil de poèmes... Lire la suite

Virgin mégapresse, février 1999, par Cendrine de Susbielle

Il est des textes qu’on pourrait lire éclairés à la bougie, près d’un feu, loin du bruit et de la fureur de la ville. Il est des textes qui évoquent la lumière mordorée, la facture XVIIe siècle d’un Georges de la Tour ou d’un Rembrandt. Il y a quelques années, on lisait avec ferveur Tous... Lire la suite

La Croix, 21 janvier 1999, par Francine de Martinoir

L’imparfait lancinant de Michèle Desbordes crée une durée étale, étirée, lente, comme pour mieux conjurer la mort qui s’approche. Il est très difficile de faire revivre dans une fiction des figures si éloignées dans le temps, Michèle Desbordes y est parvenue en mettant en présence celui qui avait su s’exprimer avec tous les langages créateurs,... Lire la suite

Télérama, 13 janvier 1999, par Michèle Gazier

Michèle Desbordes n’écrit pas sur la peinture, elle peint avec des mots et compose ce superbe tableau d’automne tardif où n’existent plus que la beauté et la simplicité du geste, de l’observation ; que cette complicité sans parole d’une rencontre aux marges de la gloire, de la pauvreté, de la vieillesse.

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Le Journal du dimanche, 3 janvier 1999, par Christian Sauvage

Inoubliable et humble servante

La Demande, c’est une simple « histoire » comme on les aime

Discrète, Michèle Desbordes a réussi un coup de maître avec La Demande.

Ami lecteur, il te faudra attendre le 10 janvier, date de parution de ce pur bijou pour lire La Demande de Michèle Desbordes. Mais on s’en voudrait d’attendre... Lire la suite

Le Nouvel Observateur, 7 janvier 1999, par Jean-Louis Ézine

Un récit poignant et d’une préciosité splendide, jusqu’à la dernière page.

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Annexes

Traductions

Die Bitte. Eine Geschichte, Aus dem Französischen von Barbara Heber-Schärer, Berlin, Wagenbach, 2012