La Limite de l’oubli

Poustiaki

Roman. Traduit du russe
par Luba Jurgenson

352 p.

22,00 €

ISBN : 978-2-86432-749-3

Parution : janvier 2014

Le premier roman de Sergueï Lebedev (né en 1981) se présente comme
une enquête. Ayant survécu, enfant, à la morsure d’un chien grâce à une transfusion sanguine, le narrateur cherche à connaître l’identité de celui
dont le sang coule désormais dans ses veines et dont la personnalité recèle
un mystère. On apprendra que cet homme aveugle qu’il appelle l’Autre Grand-Père – désignation qui conjugue lien et altérité – était gardien
d’un camp du Goulag et avait causé la mort de son propre fils, qu’il a
cherché à « remplacer » en adoptant le narrateur et en allant jusqu’à
se sacrifier pour lui.

La complexité de la figure de l’Autre Grand-Père ainsi qu’une écriture
à la fois raffinée et dense, confèrent au livre de Lebedev une rare portée
et profondeur. En effet, ayant grandi pendant la période de transition
qui a suivi la Perestroïka et la chute du régime, Lebedev appartient
à une génération héritière d’une mémoire historique « trouée » pour
laquelle la violence politique – pourtant centrale dans la conscience
collective des Russes – demeure fiction ou cauchemar.

La Limite de l’oubli est le premier roman d’un jeune auteur qui a su s’affranchir des limites imposées par l’effacement des années soviétiques. Il a mis au service de ce projet non seulement son talent littéraire, mais également son expérience de géologue qui l’avait conduit, à travers l’immensité de l’espace russe, vers les vestiges des camps et les paysages du Grand Nord, magistralement évoqué dans leur dimension à la fois mythique et politique.

Extrait

 

Émission « Pas la peine de crier » (France Culture), du 26 février 2014,
à propos de La Limite de l’oubli, avec sa traductrice, Luba Jurgenson :

Revue de presse

La Limite de l’oubli, entretien avec Sergueï Lebedev, par Luba Jurgenson

Comment votre travail de géologue vous a-t-il confronté à la mémoire des camps ?

L’URSS était un empire bien différent des autres, notamment par la situation très particulière de ses frontières symboliques. Ces dernières ne correspondaient pas à celles de l’État, elles étaient situées à l’intérieur et non à l’extérieur. Un ensemble de territoires de... Lire la suite

Le Figaro, 12 juin 2014, par Thierry Clermont

Désensorceler l’histoire

Un premier roman virtuose sur la mémoire du goulag.

Étoile montante de la jeune génération, ayant grandi pendant la période de transition qui a succédé à l’effondrement de l’URSS, Sergueï Lebedev a publié, à trente et un ans, un premier roman magistral : La Limite de l’oubli. Son incipit donne le ton, nous... Lire la suite

L’Express-L’Impartial, 1er avril 2014, par Philippe Villard

Dans les reliefs du Goulag

Ample et majestueux comme un fleuve russe, ce premier livre puissant évoque avec grâce et talent la mémoire et l’oubli.

Un premier livre peut être la première pierre d’une œuvre. Et en matière de pierres, quand on est comme Sergueï Lebedev, géologue de formation, quel que soit le chemin... Lire la suite

Transfuge, avril 2014, par la Librairie Ombres Blanches (Toulouse)

La Limite de l’oubli se présente comme le roman d’une quête ; celle, éperdue, que mène le narrateur sur les traces de celui qu’il appelle « l’autre grand-père », ce vieil aveugle à qui il doit la vie, un témoin du XXe siècle aux pouvoirs étranges sur les choses et sur les gens. Avec son écriture précise, dense... Lire la suite

Le Monde des livres, 28 mars 2014, par Stéphanie Dupays

Marécages du goulag

Voyage aux confins de l’espace russe tout autant que plongée dans son histoire la plus sombre, ce premier roman, signé d’un jeune géologue, surprend par son ambition et sa force. Tout commence par une fascination, presque une vampirisation, celle du narrateur, pour le très ambigu « Autre Grand-Père », ce voisin aveugle qui... Lire la suite

La Revue des deux mondes, mars 2014, par Aurélie Julia

« Se souvenir signifie conserver un lien avec le réel, plus que cela : devenir ce lien. » Seulement quelle mémoire entretenir lorsque le silence est préféré à la verbalisation de l’abject ? Quelle histoire apprendre si le présent exclut de son cadre un passé infréquentable Comment concevoir l’identité quand les traces physiques et matérielles disparaissent ?

L’empire soviétique se... Lire la suite

Mouvement, mars 2014, par Catherine Bédarida

Transfusion sanguinaire

La Limite de l’oubli, chant rauque d’une jeune génération russe héritière du passé stalinien.

Salement mordu par un chien, un enfant perd son sang en abondance. L’Autre Grand-Père, un vieillard proche de la famille, insiste pour lui transfuser le sien. L’enfant survit, le vieillard meurt. Désormais le sang de cet homme de... Lire la suite

Notes bibliographiques, mars 2014, par D. A. et A. L.

Il évoque son enfance dans une ville de l’URSS finissante et la relation particulière qu’il entretient avec un mystérieux voisin aveugle. À dix ans, une transfusion du sang de celui qu’il appelle « l’Autre Grand-Père » lui sauve la vie. Son vieil ami meurt peu après et l’Union soviétique aussi… Devenu adulte, il veut connaître le passé... Lire la suite

Manœuvres de diversion, 15 février 2014, par Yann Courtiau

La carte postale du jour

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Le Matricule des anges, février 2014, par Christine Plantec

Le temps des apparitions

Dans un roman magistral, le Russe Sergueï Lebedev opère une lente remontée vers les sources du Mal : le Grand Nord où l’austérité silencieuse de la taïga règne sur les vestiges des camps de travail soviétiques.

Rares sont les premières œuvres qui nous emportent au cœur même de leur puissance... Lire la suite

Site de la Librairie Passages (Lyon), janvier 2014, par Erik Fitoussi

Hors norme !

Une écriture à la fois baroque et précise, où la remarquable langue de l’auteur atteint dès les premières pages une ampleur inhabituelle. Nous sommes en présence d’un singulier et vigoureux poème, vibrant de tous ses feux, animé par l’esprit de la toundra et de cet espace infime, infiniment précieux, caché au cœur de... Lire la suite

Le Figaro, 18 décembre 2013, par Christine Mestre

Le voyage et la révélation

En littérature, le voyage est toujours une quête ; celle-là est essentielle, vitale, fondatrice. Dès la toute première ligne le ton est donné : « Je me trouve à l’extrémité de l’Europe. Ici on voit, à nu dans chaque falaise, l’os jaune de la pierre et une terre ocre ou flamboyante, semblable à... Lire la suite

Radio et télévision