plutot_que_d_en_pleurer
Plutôt que d’en pleurer

Collection jaune

Proses

112 p.

11,66 €

ISBN : 978-2-86432-224-5

Parution : octobre 1995

Comme dans un inventaire à la Prévert, on trouvera dans ce livre : un général, beaucoup d’écrivains ratés ou révérés, un braconnier unijambiste, un romantique, un caméléon, un homme à particule et beaucoup d’autres de basse extraction qui postulent ou non, à tort ou à raison, pour la postérité.
Ces « caractères », l’auteur les croque avec tendresse, émotion, rosserie et irritation ou respect et admiration, mais toujours à travers le détail d’une vie, ce qui donne à cette galerie de portraits parfois tragiques la tournure d’une comédie.

Extrait

Jean Follain, natif de Canissy

Les rares commentateurs de l’œuvre de Follain ne semblent pas avoir particulièrement remarqué son érotisme gourmand et rural. Pourtant, sa poésie est traversée de nombreuses femmes tièdes, vibrantes, pleines de courbes et d’odeurs, bien souvent reflétées par des miroirs. Pourtant, dans l’air rempli d’effluves de café grillé et de tilleul, on distingue le parfum d’« une jeune fille nourrie de lait et de viande » sur qui s’ouvre le hasard d’une fenêtre. Si Baudelaire a chanté la chevelure des femmes, Follain, lui, n’a cessé de la caresser, de la nouer et de la dénouer, de la respirer, de l’étaler sur la surface de ses livres. Elle est obsessionnellement présente, et dans tous ses états. D’abord sous la forme du fameux chignon, récurrence obstinée d’une émotion d’enfance. Puis, accident ou geste d’intimité, le chignon se défait, la chevelure coule à flots sur les épaules, le long du dos et des bras, entraînant la chute d’une épingle. Cette chute fait un bruit lancinant dans la tête de Jean Follain ; ses échos se font entendre partout : « plus que tout, j’entendais l’épingle à cheveux tomber ; je l’entends toujours. » Il y a aussi les cheveux tressés des élèves de la pension Jeanne d’Arc, ceux de la fille de l’ivrogne, « silhouette pâle à la natte ouvragée ». Enfin, partout « des étincelles s’échappent d’une chevelure qu’on peigne ». Qu’est-ce qui restera, quand la « belle argile » sera décomposée, sinon, sur le squelette, cette chevelure fidèle par-delà la mort, qui aura même continué de croître plusieurs heures après l’arrêt du cœur ? Il restera cela, et le bruit de l’épingle qui ne cesse de tomber, et les chignons qui se défont et se recomposent, et la poitrine qui s’avance dans la nuit du désir et de l’anxiété.

Revue de presse

La Croix, 5 novembre 1995, par Thierry Bayle

Le titre nous l’indique : l’auteur a pris le parti de rire de ce qui, parfois, inviterait à pleurer. Dans une galerie de portraits des plus savoureuses, il dresse, d’une plume acerbe, des Caractères de notre époque. Les malheureux modèles de Gil Jouanard, à la plume élégante et facétieuse, appartiennent d’une manière générale aux métiers du livre. Portraits... Lire la suite

Libération, 23 novembre 1995, par Jean-Baptiste Harang

Jouanard partage avec La Bruyère ce talent de manier la langue avec une précision d’horloger.

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Le Nouvel Observateur, 30 novembre 1995, par Jean-Louis Ézine

Les bonheurs de Jouanard

Ils sont rares, les dictionnaires de littérature qui, juste avant l’article Joubert (Joseph) et Jouhandeau (Marcel), ont prévu de consacrer la notice que son œuvre mérite à Jouanard (Gil). Á vrai dire, nous n’en connaissons pas. C’est bien dommage. C’est même injuste. On imaginerait bien l’auteur de Plutôt que d’en pleurer dans la... Lire la suite

Choisir, janvier 1996, par J. Suquet

Quand on ouvre le livre de Gil Jouanard et qu’on porte un regard sur la page frappée de la formule : « du même auteur », quelle surprise de n’y rencontrer que de petits éditeurs. Alors que Jouanard est un grand… Mais trêve de ses rivalités de toises et de poids ! D’ailleurs ceux qui l’impriment ne sont petits... Lire la suite

Le Monde, 22 décembre 1995, par Patrick Kéchichian

L’ambition et le désir de Jouanard n’étaient visiblement pas de se faire le caricaturiste d’un milieu ; encore moins de devenir le taxinomiste d’une société donnée et l’entomologiste des types humains qui la composent. Ne visant donc nullement à imiter La Bruyère ou Balzac, ne posant pas davantage au moraliste caustique ou au métaphysicien désolé par... Lire la suite

Radio et télévision

« Un livre, des voix », par Claude Mourthé, France-Culture, 4 janvier 1995

« Panorama », par Jacques Duchateau, France-Culture, 4 janvier 1995

« Du jour au lendemain », par A. Veinstein, France-Culture, 23 juillet 1996