Collection : Der Doppelgänger

Roman. Traduit de l’allemand (Autriche) par Claude Proriol

192 pages

14,70 €

978-2-86432-231-3

octobre 1996

Arraché à son village natal et à sa famille alors que la guerre fait rage et que l’idéologie national-socialiste règne, semble-t-il sans partage, investissant la plupart des consciences sans rencontrer de résistance, le jeune Josef est admis dans un lycée d’une grande ville d’Autriche et se retrouve bientôt confié à un foyer où la discipline et l’endoctrinement sont plus sévères encore que partout ailleurs. Au milieu du trouble général qui pousse les élèves à rechercher dans l’exercice solitaire ou collectif de la sexualité l’espace de liberté qu’on leur refuse, l’un des éducateurs, Allemann, se distingue par une attitude peu conforme à sa fonction et par une forme de résistance marginale qu’il paiera de sa vie.
Aucun romancier n’a su décrire comme Alfred Kolleritsch la réalité quotidienne au temps du nazisme, vue par les yeux d’un enfant pris en otage par un système qui lui répugne mais auquel il ne peut se soustraire. Faisant alterner les mois passés en ville et les retours au village natal dominés par la figure d’un grand-père qui, lui aussi, résiste à sa manière à l’esprit du temps, et par celle d’une déportée polonaise dont la douceur et les paroles sont une promesse d’avenir plus humain, ce roman en forme d’exorcisme reconstitue avec une intense sobriété l’itinéraire affectif et intellectuel d’un jeune garçon qui apprend à chercher en lui-même les forces qui lui permettront de triompher malgré tout de la « vérité » qu’on veut lui inculquer.

 

Cet ouvrage a reçu le Prix France Culture de littérature étrangère 1997.