Anne Pauly

Avant que j’oublie

Collection : Verdier/poche

192 pages

8,50 €

9782378561208

octobre 2021

(collection d'origine : chaoïd)

Il y a d’un côté le colosse unijambiste et alcoolique, et tout ce qui va avec : violence conjugale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un « gros déglingo », dit sa fille, un vrai punk avant l’heure. Il y a de l’autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixelisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu’elle seule semble voir sous les apparences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde anciennement rural et ouvrier.

De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d’Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d’un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d’érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d’outre-tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant.

Cet ouvrage a reçu le prix du Livre Inter 2020, le prix Summer 2020, le prix Robert-Walser 2020, le prix Pauline-de-Siminane 2020, le prix Envoyé par la Poste 2019 et le prix À livre ou verre des librairies Mémoire 7 à Clamart et Le Point de coté à Suresnes.

Diacritik, 28 octobre 2021, entretien réalisé par Johan Faerber

Lire l’article