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Prendre dates
Paris, 6 janvier-14 janvier 2015

La petite jaune

144 p.

4,50 €

Epub : 4,49 €

PDF : 4,49 €

ISBN : 978-2-86432-800-1

Parution : mai 2015

C’était à Paris, en janvier 2015. Comment oublier l’état où nous fûmes, l’escorte des stupéfactions qui, d’un coup, plia nos âmes ? On se regardait incrédules, effrayés, immensément tristes. Ce sont des deuils ou des peines privés qui d’ordinaire font cela, ce pli, mais lorsqu’on est des millions à le ressentir ainsi, il n’y a pas à discuter, on sait d’instinct que c’est cela l’histoire.

Ça a eu lieu. Et ce lieu est ici, juste là, si près de nous. Quel est ce nous et jusqu’où va-t-il nous engager ? Cela on ne pouvait le savoir, et c’est pourquoi il valait mieux se taire ou en dire le moins possible — sinon aux amis, qui sont là pour faire parler nos silences. Ensuite vient le moment réellement dangereux : lorsque tout cela devient supportable. On ne choisit pas non plus ce moment. Un matin, il faut bien se rendre à l’évidence : on est passé à autre chose, de l’autre côté du pli. C’est généralement là que commence la catastrophe, qui est continuation du pire.

Il ne vaudrait mieux pas. Il vaudrait mieux prendre date. Ou disons plutôt : prendre dates. Car il y en eut plusieurs, et mieux vaut commencer par patiemment les circonscrire. On n’écrit pas pour autre chose : nommer et dater, cerner le temps, ralentir l’oubli. Tenter d’être juste, n’est-ce pas ce que requiert l’aujourd’hui ? Sans hâte, oui, mais il ne faut pas trop tarder non plus. Avec délicatesse, certainement, mais on exigera de nous un peu de véhémence. Il faudra bien trancher, décider qui il y a derrière ce nous et ceux qu’il laisse à distance. Faisons cela ensemble, si tu le veux bien – toi et moi, l’un après l’autre, lentement, pour réapprendre à poser une voix sur les choses. Commençons, on verra bien où cela nous mène. D’autres prendront alors le relais. Mais commençons, pour s’ôter du crâne cet engourdissement du désastre.

Il y eut un moment, le 7 janvier, où l’on disait : douze morts, et on ne connaissait pas encore les noms ; on aurait pu deviner en y pensant un peu mais on préférait ne pas. Nous sommes encore dans cette suspension du temps, ne sachant pas très bien ce qui est mort en nous et ce qui a survécu dans le pli. Maintenant, un peu de courage, prendre dates c’est aussi entrer dans l’obscurité de cette pièce sanglante et y mettre de l’ordre. Il faut prendre soin de ceux qui restent et enterrer les morts. On n’écrit pas autre chose.

Des tombeaux.

Revue de presse

dissonances, été 2016, par Anne Vivier

« Comment oublier l’état où nous fûmes, l’escorte des stupéfactions qui, d’un coup, plia nos âmes ? » Il faut peu de choses parfois (ici les premiers mots d’un texte) pour réaliser que les plaies ne sont et ne seront jamais refermées, pour dérégler les douleurs enfouies et leur redonner vie. A quatre mains, un historien et un... Lire la suite

mardi ca fait désordre, 18 janvier 2016, par François Bernheim

Rendez-vous avec nous

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Charybde 27 : le blog, 19 décembre 2015, par Marianne Loing

Intime et politique, questionnement sur le devenir du « nous », après les attaques terroristes de janvier 2015.

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Les Inrockuptibles, 16 décembre 2015, par Jean-Marie Durand et Anne Laffeter

« Un crime de masse en plein Paris »

L’historien Patrick Boucheron et l’écrivain Mathieu Riboulet, auteurs de Prendre dates, un petit livre remarquable sur les attentats de janvier reviennent sur ceux de novembre et sur une année bouleversée par la violence terroriste.

C’est à n’en pas douter le texte le plus juste et... Lire la suite

Philosophie magazine, décembre 2015, par Catherine Portevin

Le courage d’avoir peur

« Même pas peur ! » Au lendemain des attentats du 13 novembre, la déclaration sonnait comme une façon de conjurer notre effroi face à l’horreur. C’est oublier, alerte l’historien Patrick Boucheron que la peur peut aussi nous amener à davantage de vigilance vis-à-vis des menaces, extérieures et intérieures,... Lire la suite

Mediapart, 25 novembre 2015, par Dominique Conil

Prendre dates : l’autre état d’urgence

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L’Indépendant, 9 août 2015, par Serge Bonnery

« Pour faire contrepoids »

L’écrivain Mathieu Riboulet participe au Banquet du livre de Lagrasse. Il y parlera vendredi, avec l’historien Patrick Boucheron, de la violence politique dans l’Histoire.

Vous venez de publier, avec l’historien Patrick Boucheron, un livre sur les attentats de janvier 2015 et les questions que cette violence nous pose.... Lire la suite

Philosophie magazine, 1er juillet 2015, par Catherine Portevin

Le livre tient dans la main et l’on part en vacances avec cette poignée de mains.

C’est précisément pour ces entre-temps incertains qu’il a été écrit : l’historien Patrick Boucheron et son ami l’écrivain Mathieu Riboulet ont composé à deux voix mêlées ces quelques pages précieuses (Prendre dates) peu après les journées sanglantes de janvier... Lire la suite

Médiapart, 15 juin 2015, par Joseph Confavreux

[…] Pourtant, comme l’écrit sans doute le seul livre à se hisser à la hauteur de celui-ci, « lorsque surviennent de tels événements, souffle aussitôt le vent violent des opinions » et il est alors nécessaire de « dédaigner toute parole qui prétendrait, ne serait-ce que furtivement, trouver dans la situation présente la confirmation d’une... Lire la suite

Les Inrockuptibles, 3 juin 2015, par Frédéric Bonnaud

Une semaine après la publication en fanfare du livre d’Emmanuel Todd, Qui est Charlie ?, paraissait discrètement chez Verdier un beau petit livre jaune, tissé de doutes et de contradictions, admirablement écrit : Prendre dates, sous titré Paris, 6 janvier – 14 janvier 2015.

Deux auteurs : Patrick Boucheron, historien et Mathieu Riboulet, écrivain et... Lire la suite

Initiales magazine, juin 2015, par David Rey

L’historien Patrick Boucheron et l’écrivain Mathieu Riboulet réagissent, par textes interposés, aux attentats qui frappèrent Paris le 7 janvier 2015. Il s’agit effectivement de prendre date et acte, de dater, de nommer les évènements. Nous rappelant intelligemment que « Le 6 janvier, ça n’allait déjà pas très bien », ce texte d’une rare et limpide... Lire la suite

L’Histoire, mai 2015

Dater contre l’oubli

Prendre dates est le fruit des échanges entre Patrick Boucheron et l’écrivain et réalisateur Mathieu Riboulet au moment des attentats de janvier 2015. L’ouvrage tente de nommer, de dater le basculement et de s’extraire du discours médiatique propre à alimenter « l’engourdissement du désastre ». Car s’il semble que l’histoire naît d’abord... Lire la suite

Lesinrocks.com, 17 mai 2015, par Jean-Marie Durand

Par-delà cette polémique insistante, cachant trop de questions encore sans réponses, un grand nombre de livres font état de ce climat d’inquiétude généralisé dont le 11 janvier fut autant le symptôme que le moment inaugural d’un nouveau chantier politique. Tous les essais post-11 janvier 2015, qui sortent les uns après les autres, traduisent dans leur... Lire la suite

mediapart.fr, 8 mai 2015, par Joseph Confavreux

Face à ce constat d’une République qui se dresse sur ses ergots avec d’autant plus de vigueur qu’elle ne remplit plus son ambition sociale, on pourra toutefois préférer à la manière de faire de Todd, qui ne pourra que braquer par ses excès, celle initiée par l’historien Patrick Boucheron et l’écrivain Mathieu Riboulet, dans un... Lire la suite

Radio et télévision

« Du grain à mourdre », par Thomas Baumgartner, France Culture, 28 mars 2016.

« Service public », par Guillaume Erner, France Inter, 19 juin 2015.

« La Chronique littéraire », par Julie Clarini, France Musique, 28 mai 2015.

« La Grande table », par Caroline Broué, France Culture, 11 mai 2015 (avec Patrick Boucheron).

« Les Matins », par Guillaume Erner, France Culture, 23 décembre 2015.

« La Grande table », par Caroline Broué, France Culture, 11 janvier 2016 (avec Mathieu Riboulet).