Hugo von Hofmannsthal


La Femme sans ombre

Collection : Der Doppelgänger

Conte. Traduit de l’allemand (Autriche) et présenté par Jean-Yves Masson

160 pages

13,18 €

978-2-86432-153-8

avril 1992

En même temps qu’il rédigeait pour Richard Strauss le livret de La Femme sans ombre, Hofmannsthal éprouva le besoin d’une version en prose de la même histoire qui fut délivrée des contraintes de la collaboration avec le compositeur. Il acheva en 1919, cinq ans après, ce conte allégorique dont le contenu diffère notablement de l’opéra du même titre, et possède une complète autonomie.
La fille du prince des esprits, l’invisible Keikobad, a épousé un simple mortel : elle est ainsi devenue l’impératrice du royaume des Monts de Lune. Mais pour devenir humaine et donner des enfants à l’empereur, il lui faut conquérir une ombre. Aidée de la sorcière qui l’a élevée, elle tentera d’acheter la sienne à l’épouse d’un teinturier qui, tout au contraire, refuse de mettre au monde des enfants.
Opposant le couple formé par l’empereur et l’impératrice au modeste ménage du teinturier et de la teinturière, le conte suit l’itinéraire initiatique, à travers les différents règnes de la création, de quatre personnages dont chacun devra découvrir une part méconnue de lui-même pour accéder pleinement à l’humanité et vaincre la stérilité du cœur.
Toute une tradition issue du romantisme trouve ici son aboutissement, en même temps que se déploient dans leur pleine complexité les grands thèmes propres à Hofmannsthal : la préexistence des âmes, le salut par la métamorphose, la dimension mystique du désir. Tandis qu’il terminait pour le théâtre sa comédie la plus brillante et la plus profonde, L’Homme difficile, Hofmannsthal donnait avec La Femme sans ombre le plus parfait des récits qu’il soit parvenu à mener à bien, parmi de nombreux autres textes inachevés.